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Legault n'exclut pas l'exploitation des hydrocarbures dans le Grand Nord

François Legault en entrevue  dans le studio de l’émission «C’est encore mieux l’après-midi» diffusée sur les ondes de Radio-Canada.

François Legault s’oppose au plan de Québec solidaire d’interdire la vente de voitures propulsées à partir de pétrole à compter de 2030.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

S'il ferme la porte au gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, faute d'acceptabilité sociale, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, n'écarte pas la possibilité d'exploiter les ressources naturelles dans le nord de la province.

Un texte de Yannick Donahue

Le chef de la CAQ a été invité à clarifier ses positions au sujet de la fracturation hydraulique et de l'exploitation des hydrocarbures lors d’une entrevue accordée à l’émission C’est encore mieux l’après-midi sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, à Québec.

On a toujours dit qu’il faut respecter l’environnement et qu’il faut une acceptabilité sociale. C’est sûr que dans la vallée du Saint-Laurent, il n’y a pas d’acceptabilité sociale.

François Legault, chef de la CAQ

Toutefois, François Legault ne ferme pas la porte à la fracturation hydraulique dans d’autres régions de la province. Il mentionne, par exemple, le cas du Grand Nord.

« Si on protège l’environnement, s'il y a acceptabilité sociale, moi je ne suis pas dogmatique, il faut le regarder. Parce que, de toute façon, si on parle entre autres de pétrole, le Québec consomme 10 milliards par année de pétrole. On prévoit qu’on va continuer à en utiliser pendant une période de transition de 25 ans », a-t-il affirmé.

M. Legault se dit en faveur du développement de mesures écologiques pour assurer une transition énergétique.

« Il faut commencer à préparer les énergies vertes, mais en même temps, il faut être réaliste, qu’on les importe ou qu’on les produise ici, on vient affecter la même planète », a-t-il soutenu.

M. Legault s’oppose au plan de Québec solidaire d’interdire la vente de voitures autres qu'électriques ou hybrides à compter de 2030.

« Quand on regarde le Québec, quand on regarde le Québec rural en particulier, ce n’est pas réaliste de faire des propositions comme cela. Qu’il y ait plus de véhicules électriques, oui. Qu’on tende vers une réduction et éventuellement une élimination des voitures à essence, oui. Dans les délais proposés par Québec solidaire, je ne pense pas que ce soit réaliste », a-t-il dit.

Miser sur l’hydroélectricité

François Legault croit que le monde doit miser davantage sur l’hydroélectricité pour lutter contre les gaz à effet de serre et ainsi combattre les changements climatiques.

« La plus grande contribution que le Québec pourrait faire pour sauver notre planète, ce serait d’exporter beaucoup plus d’hydroélectricité pour remplacer des centrales au charbon, des centrales au gaz, des centrales nucléaires », a-t-il expliqué.

« J’ai l’intention de m’impliquer personnellement avec Hydro-Québec pour convaincre nos voisins autant canadiens qu’américains d’accepter l’hydroélectricité. En plus, non seulement c’est bon pour l’environnement, mais c’est moins coûteux que leurs centrales », a-t-il ajouté.

La CAQ a d'autres propositions environnementales, notamment dans le cadre du « projet Saint-Laurent »; M. Legault souhaite multiplier les usines d’épuration et voir au bon fonctionnement de celles qui existent déjà.

« C’est une grande richesse qu’on a, notre eau avec les Grands Lacs. C’est 20 % des réserves d’eau douce au monde », a-t-il dit.

Le chef caquiste veut favoriser la décontamination de terrains pollués. Selon lui, on trouve beaucoup de terrains contaminés dans plusieurs grandes villes de la province et ceux-ci sont inutilisés.

Philippe Couillard répond aux questions des journalistes aux Îles-de-la-Madeleine devant le Golfe du St-Laurent.

Philippe Couillard a rappelé qu'il s’était porté à la défense de l'île d'Anticosti en la protégeant contre l'exploitation des hydrocarbures.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes

Couillard se montre inquiet au sujet d'Old Harry

De passage aux Îles-de-la-Madeleine, Philippe Couillard s'est montré inquiet face à la possible exploitation du gisement Old Harry.

« Les Madelinots sont inquiets avec raison. S’il y avait malheureusement un jour exploitation pétrolière et un incident, ils sont directement sur la ligne de feu. C’est la raison pour laquelle on a installé ici aux Îles-de-la-Madeleine un centre sur les urgences maritimes pour doter la région d’une expertise spécifique pour répondre à ces questions », a-t-il déclaré.

« À ce que je sache, il n’y a pas encore de projet concret d’exploitation dans Old Harry. Évidemment, la question environnementale me préoccupe, parce que les eaux froides du golfe sont plus difficiles à nettoyer que les eaux tropicales comme le golfe du Mexique », a-t-il confié.

Le chef libéral a invité son rival caquiste à clarifier sa position sur l’exploitation pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent.

L'île d'Anticosti

M. Couillard a souligné qu'il s’était porté à la défense de l'île d'Anticosti en la protégeant contre l'exploitation des hydrocarbures, alors que la position du chef de la CAQ était diamétralement opposée.

« Moi, j'ai agi pour préserver l'île d'Anticosti pour cette génération et les suivantes. Elle est maintenant sur la carte comme un projet de patrimoine mondial de l'UNESCO. M. Legault était ouvertement pour l'exploitation pétrolière sur l'île. Je trouve ça paradoxal et particulier qu'il fasse disparaître certains mots de son site web. Pourtant, les mots ont été prononcés », a-t-il affirmé.

Concernant la demande formulée par 200 personnalités publiques pour une action ferme et immédiate face aux changements climatiques dans une lettre publiée dans le quotidien Le Monde, Philippe Couillard assure mener le combat.

« C’est quelque chose que l’on fait. Le Québec est certainement une des juridictions les plus avancées et les plus actives. Surtout en comparaison avec ce que nos voisins sont en train de faire. Quand je vois que des gens dans des positions de diriger des États nient l’existence du problème des changements climatiques, nient la nécessité de fixer un prix sur le carbone, voilà qui est préoccupant », a-t-il dit.

Philippe Couillard estime que les citoyens désirent entendre parler d'environnement pendant la campagne électorale.

« Heureusement que la population du Québec demeure mobilisée. Elle veut entendre parler du sujet. En passant, un sujet dont la CAQ ne parle jamais, je vous le fais remarquer. Mais cette question du changement climatique, pour nous, elle est absolument majeure. L’action du Québec dans ce domaine peut toujours être perfectible, mais certainement mieux que ce qui nous entoure », a-t-il reconnu.

Ni la CAQ ni le PLQ n'ont centré une annonce électorale sur la question de l'environnement dans le cadre de la présente campagne électorale. Québec solidaire et le Parti québécois ont abordé ce thème.

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