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On ne peut pas compter sur les politiciens pour sauver la planète, dit Diane Dufresne

Diane Dufresne a les cheveux tressés et une casquette avec des oreilles félines.

Diane Dufresne en entrevue à Radio-Canada

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

De passage à Radio-Canada dans le cadre d'une rare série d'entrevues, Diane Dufresne a expliqué ce qui l'a poussée à signer un important appel à l'action avec 200 autres personnalités du monde entier. Passionnée depuis longtemps des enjeux environnementaux, la diva s'exprime franchement sur le péril qui guette selon elle l'humanité.

Pour Diane Dufresne, l’environnementalisme est bien plus qu’une cause, c’est une lutte pour la survie de l’être humain.

C'est dans les années 90, lors d'une conférence du scientifique Hubert Reeves, que Mme Dufresne a pris conscience des risques immenses posés par les changements climatiques.

Selon elle, n’importe quelle espèce animale dont l'existence est exposée à un péril aussi imminent devrait instinctivement passer à l’action.

« La question n’est plus seulement de savoir ce qu'on va laisser à nos enfants, mais quels enfants on va laisser », illustre l’artiste québécoise.

Il faut être sérieux, très sérieux, c’est un cataclysme.

Diane Dufresne

Trahie par la classe politique

Comment se fait-il qu’on sente une telle résistance, malgré tous ces appels répétés à s’attaquer aux changements climatiques? Diane Dufresne blâme la classe politique.

Elle croit que les politiciens perdent leur crédibilité en ne faisant pas de l’environnement une priorité et se sent trahie.

« Tu votes pour quelqu’un et après ça tu es bafoué », se désole l'artiste, qui a donné son vote à Justin Trudeau en 2015 et explique avoir déchanté depuis à cause du bilan en matière d’environnement du gouvernement fédéral.

« Je ne comprends pas la décision de M. Trudeau [d'appuyer le pipeline Trans Mountain]. Quand tu as des enfants, quand tu es sérieux, quand tu es un être humain. »

Mme Dufresne critique le pragmatisme des dirigeants, trop intéressés par les enjeux à court terme. « Il faut parfois prendre des décisions qui ne rapportent pas », dit-elle.

Je comprends qu’il faut s’occuper du chômage, mais à un certain point il n’y aura plus de chômage, il n’y aura plus de monde.

Diane Dufresne

Tout cela l’amène à comprendre la désillusion de Nicolas Hulot, dont la démission a inspiré l’appel à l’action qu’elle a signé.

Diane Dufresne croit que les gens sont tout de même conscients du péril écologique et que chaque effort de sensibilisation est important. Pour espérer améliorer la condition de l'environnement, il faut, selon elle, revoir notre rapport à la richesse et à la consommation.

« On est tellement gavé qu’on n'est même plus heureux d’être gavé », se désole-t-elle.

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