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Populisme et crimes de guerre : le mandat de Bachelet s'annonce mouvementé

Premier jour pour Michelle Bachelet à la tête du Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'homme à Genève

Michelle Bachelet hérite d’une situation difficile au Yémen, en Syrie, au Venezuela et au Nicaragua, notamment.

Photo : Reuters / POOL New

Reuters

Michelle Bachelet, qui a pris lundi les commandes du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, aura fort à faire face à des dirigeants populistes de plus en plus nombreux et à l'aggravation de conflits propices aux crimes de guerre, selon plusieurs organisations non gouvernementales.

Aussitôt après avoir pris ses fonctions, l'ancienne présidente chilienne, qui succède au Jordanien Zeid Ra'ad al Hussein, a réclamé la libération de deux journalistes de Reuters condamnés ce lundi au Myanmar pour leur couverture de l'exode des Rohingyas.

Désignée par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, puis confirmée le mois dernier par l’Assemblée générale, elle hérite d’une situation difficile au Yémen, en Syrie, au Venezuela et au Nicaragua, notamment.

La semaine dernière, une commission d'enquête de l'ONU a recommandé l'ouverture de poursuites contre de six généraux birmans soupçonnés « d'intentions génocidaires », et une autre a estimé que certaines frappes aériennes de la coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen pouvaient constituer des crimes de guerre.

« Il s'agit d'une période extrêmement difficile pour les droits de l'homme compte tenu de la montée des populistes, de l'hostilité croissante de la Chine et de la Russie, du recul des États-Unis et parfois du Royaume-Uni en tant que défenseurs des droits de l'homme et du manque de détermination politique, qui a permis la prolifération d'atrocités en Syrie, au Yémen et en Birmanie, notamment », déplore Ken Roth, directeur général de Human Rights Watch.

Dossier chaud

Certains États membres et hauts fonctionnaires des Nations unies espèrent toutefois que Michelle Bachelet sera « plus calme et plus sélective » que Zeid, qui n'a pas hésité à s'en prendre ouvertement à la Chine, à Israël, à la Russie et aux États-Unis, poursuit Ken Roth.

L'ex-présidente chilienne, torturée pendant la dictature d'Augusto Pinochet, sera rapidement mise à l'épreuve.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, qui se réunit le 10 septembre pour trois semaines, doit entre autres se prononcer sur le renouvellement du mandat de ses enquêteurs au Yémen. Il examinera également les prochaines étapes des procédures judiciaires en Birmanie.

Zeid a par ailleurs laissé un dossier chaud à Michelle Bachelet. Le diplomate jordanien a annoncé en janvier que 206 entreprises avaient des activités liées aux colonies israéliennes illégales de Cisjordanie et les a exhortées à ne pas être complices des multiples atteintes aux droits des Palestiniens. Les entreprises en question n'étaient pas nommées dans son rapport et la liste n'était pas complète.

« Le premier test qui se présente à elle [...], c'est la base de données sur les colonies », estime Ken Roth.

L'organisation UN Watch lui par ailleurs reproché son soutien aux gouvernements cubain, vénézuélien et nicaraguayen, en dépit de leurs atteintes aux droits de l'homme. « Nous avons besoin de savoir comment elle envisage de répondre à ces situations d'urgence », a-t-elle souligné.

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