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Plus d'un enfant sur cinq vit dans la pauvreté au Nouveau-Brunswick

Un enfant triste dans l'entrée d'une maison.
Trois provinces de l'Atlantique sont parmi les plus atteintes en matière de pauvreté infantile. Photo: iStock
Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse ont les taux de pauvreté infantile les plus élevés au Canada. Près du quart des enfants, soit 22,2 % d'entre eux, vivent dans une situation de pauvreté, selon un rapport de l'Université de Calgary.

Un texte d'Anaïs Brasier avec les informations de Margaud Castadère-Ayçoberry

Le rapport Raising Canada, qui porte sur les enfants canadiens, leur santé et leur bien-être, dévoile des chiffres inquiétants sur la pauvreté infantile dans les Maritimes. C’est au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse que l’on trouve les plus hauts taux de pauvreté infantile du Canada.

Pas surprenant, selon des experts

Plus d’un enfant sur cinq vit dans la pauvreté au Nouveau-Brunswick, ce qui ne surprend pas Bernard Richard, ancien défenseur des enfants du Nouveau-Brunswick, et Jean-Claude Basque, du Front commun pour la justice sociale.

Ces chiffres sont constants depuis des années. Ça ne s’améliore pas parce qu’on n’y met pas les ressources nécessaires, parce qu’on continue à tolérer la pauvreté en général et la pauvreté des enfants.

Bernard Richard, ancien défenseur des enfants du Nouveau-Brunswick
Bernard Richard. Bernard Richard, a récemment laissé son poste de représentant de l'enfance et de la jeunesse en Colombie-Britannique afin de revenir au Nouveau-Brunswick. Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Et la situation est pire dans certaines régions, comme à Campbellton, où la pauvreté touche plus de 33 % des enfants, souligne Jean-Claude Basque.

Des conséquences à long terme

Grandir dans la pauvreté crée des problèmes qui peuvent suivre un individu jusqu’à la fin de sa vie.

Par exemple, plusieurs de ces enfants souffrent d’insécurité alimentaire : 35 % des gens qui fréquentent les banques alimentaires sont des jeunes, assure Jean-Claude Basque. Ils sont plus susceptibles que les autres d'avoir des problèmes de santé.

Femme poussant un panier d'épicerieLe prix des aliments a augmenté en 2018. Photo : Radio-Canada

Beaucoup vont aussi rapidement développer un retard à l’école : Les parents n’ont pas l’argent pour envoyer leurs enfants dans des garderies agréées, explique Jean-Claude Basque.Ces enfants ont souvent un retard lorsqu’ils arrivent à l’école.

Ce qui, plus tard, a un impact sur le genre d’emploi qu’ils vont dénicher. Souvent, c’est des emplois à petit salaire, ce qui veut dire qu’ils n’auront pas de pension quand ils vont se retirer.

Résultat : plusieurs resteront dans la pauvreté tout au long de leur vie.

Ç'a un impact sur tous les choix qui s’ouvrent à eux.

Jean-Claude Basque, Front commun pour la justice sociale

Un manque de volonté politique

Ce qui est un peu désespérant, c’est que la situation ne semble pas changer même si on a un plan de réduction de la pauvreté depuis 2009 au Nouveau-Brunswick, se désole Jean-Claude Basque.

Un homme en entrevue.Le coordonnateur du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick espère que la population sera invitée à donner son opinion sur la possibilité d'un revenu minimum garanti. Photo : Radio-Canada

Un plan existe effectivement, mais il manque de rigueur, de mécanismes de mesure des résultats et d’imputabilité, selon Bernard Richard, qui croit qu’il faudrait un ministre responsable de la pauvreté infantile dans la province.

Vous verrez, durant la campagne électorale, on n’en parlera pas beaucoup. Malheureusement, les enfants ne votent pas.

Bernard Richard, ancien défenseur des enfants du Nouveau-Brunswick

Donc, les gouvernements fédéral et provincial ne font pas ce qui est nécessaire, dans un pays parmi les plus riches du monde, pour contrer la pauvreté infantile, ajoute-t-il.

Dans les populations autochtones, plus d’un enfant sur deux vit dans la pauvreté

Dans les populations autochtones canadiennes, la situation est encore pire : 60 % des enfants vivant dans des réserves grandissent dans la pauvreté.

Cette situation influe directement sur leur santé physique et mentale, assure Bernard Richard : Le taux d’obésité et le taux de suicide sont beaucoup plus élevés dans ces communautés.

Ces jeunes sont aussi plus susceptibles d’échouer à l’école. Ils ont des taux de réussite scolaire beaucoup plus bas que ceux de la communauté non autochtone, des taux de décrochage scolaire plus élevés. Ça crée des conséquences néfastes pour toute la société, conclut Bernard Richard, qui travaille en ce moment à la mise en place d’un plan stratégique de trois ans visant à améliorer le sort des enfants autochtones.

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