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Lisée « ne tient rien pour acquis » dans l'Est-du-Québec

Les deux hommes sont assis sur des chaises blanches, côte à côte.
Le chef péquiste Jean-François Lisée et le député sortant de René-Lévesque, Martin Ouellet, lisant le quotidien « Le Soleil » devant l'Hôtel Tadoussac, samedi matin. Photo: Radio-Canada / Bruno Giguère

La Côte-Nord samedi et dimanche, la Gaspésie lundi, le Bas-Saint-Laurent mardi : la caravane électorale du Parti québécois effectue ces jours-ci une grande tournée de ses bastions dans l'Est-du-Québec. Pas question pour Jean-François Lisée de négliger ces régions, comme l'avait fait Pauline Marois il y a quatre ans.

Un reportage de Jérôme Labbé

Samedi matin, Jean-François Lisée est à l’aéroport de Baie-Comeau pour promettre de « casser » le monopole d’Air Canada sur les liaisons régionales s’il est élu le 1er octobre. Mais les médias s’interrogent : pourquoi, alors que les sondages sont au plus bas, venir passer cinq jours dans l’Est-du-Québec, là où le PQ a obtenu ses plus fortes majorités en 2014?

« Moi, je veux aller partout, répond-il. Je vais dans des comtés caquistes, des comtés libéraux, des comtés QS [Québec solidaire], des comtés péquistes, et je veux montrer que le Parti québécois, c’est le parti des régions. »

Il est vrai que le PQ s’est lancé à l’attaque dès la première journée de campagne en visitant quatre circonscriptions détenues par ses adversaires, osant même démarrer sa campagne dans le « 450 » plutôt qu’à Québec.

Mais si le parti nous avait habitués à des démonstrations de force en début de campagne – sept rassemblements en huit soirs, dont celui de Pointe-aux-Trembles, qui a réuni un millier de personnes –, il faut admettre que les militants nord-côtiers ne se bousculent pas au portillon.

En 48 heures, le chef n’en a croisé qu’une poignée, hormis lors d’une visite du local électoral de la députée sortante de Duplessis, Lorraine Richard, où l’attendaient une cinquantaine de personnes.

À Sept-Îles, un jeune homme qui se trouvait à la marina a même interpellé M. Lisée et Mme Richard lors d’un point de presse au cours duquel le PQ s’est engagé à donner plus de pouvoir aux régions. « Le PQ, c’est fini! » criait-il, pendant que le chef péquiste s’adressait aux journalistes.

En attendant le prochain rassemblement régional, qui aura lieu mardi à Rimouski, l’autocar « psychédélique » du PQ s’est arrêté lundi à Matane – où Jean-François Lisée a promis de s’attaquer aux « patrons délinquants » –, puis à Sainte-Anne-des-Monts et à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, une région ignorée par Pauline Marois en 2014.

Difficile de dire si cette omission explique pourquoi les majorités du PQ dans les trois circonscriptions gaspésiennes ont diminué en 2014 par rapport aux élections générales de 2012. Mais Jean-François Lisée ne veut courir aucun risque.

« Je vais dans toutes les régions : les régions qui ont déjà voté pour nous, les régions qui n’ont pas voté pour nous. Et puis, c’est un signe de respect – de respect pour la totalité des Québécois – de leur dire : "On ne tient rien pour acquis" », a-t-il expliqué lundi matin.

On va dans des régions où l’on veut gagner des circonscriptions, mais on va aussi dans des régions où l’on va voir des gens qui nous sont généralement favorables, pour leur dire : "On ne vous oublie pas."

Jean-François Lisée, en entrevue à « Bon pied, bonne heure! », l’émission matinale d’ICI Radio-Canada Première aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie

Le chef péquiste ambitionne même de reprendre les Îles-de-la-Madeleine en présentant la candidature de l’ancien maire des Îles Joël Arseneau. Mais contrairement à son homologue libéral, Philippe Couillard – qui a passé la journée sur place, lundi –, M. Lisée ne se rendra pas en territoire madelinot.

« Chibougamau et les Îles-de-la-Madeleine, je m’y suis rendu juste avant le déclenchement de la campagne, a-t-il fait savoir. Mais les autres régions, on va les faire aussi, et on va pouvoir dire qu’on a fait 17 régions sur 17. »

En coulisses, on explique aussi que c’est en partie parce que le voyage en avion coûterait trop cher aux médias nationaux qui suivent le chef pendant la campagne et qu’une partie de ceux-ci n’auraient probablement pas les ressources pour être du voyage.

L'ancienne ministre péquiste Louise BeaudoinL'ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin Photo : Radio-Canada / Louis-André Bertrand

Pour l’ex-ministre péquiste Louise Beaudoin, qui agit maintenant comme analyste pour Le Devoir et 24/60, à ICI RDI, la tournée de Jean-François Lisée dans l’Est-du-Québec vise d’abord et avant tout à « redonner de l’espoir aux militants et aux péquistes ».

« Il essaie d’abord et avant tout de [les convaincre] que tout n’est pas perdu! Parce qu’ils partent perdants, là. Alors il faut quand même donner de l’énergie et de l’espoir à ceux qui s’identifient au Parti québécois. C’est ce qu’il fait et il le fait bien : sa première semaine de campagne était excellente », estime-t-elle.

Mme Beaudoin, qui a quitté la politique en 2012, demeure toutefois moins optimiste que M. Lisée sur les chances du PQ de former le prochain gouvernement.

« C’est pas vrai qu’ils vont passer 19 % à 40 % nécessairement, mais j’imagine qu’ils se disent qu’il peut y avoir un gouvernement minoritaire. Ça se peut, ça, un gouvernement minoritaire, qui soit du PLQ ou de la CAQ, et puis qu’à ce moment-là, le PQ pourrait avoir un rôle à jouer, dans le fond. C’est ça qu’il doit souhaiter certainement, et non pas imaginer qu’il va gagner l’élection. Ça, enfin, peut-être qu’il y croit, mais moi je n’y crois pas. Mais ils peuvent quand même retrouver une place dans le jeu politique. Et puis, pour ça, il faut d’abord avoir ses militants derrière soi. »

On ne sait pas encore si la caravane du Parti québécois reviendra dans l’Est-du-Québec plus tard dans la campagne. Mais si Jean-François Lisée veut visiter toutes les régions du Québec comme il s’y est engagé – et compte tenu des débats qui l’immobiliseront à Montréal les 13, 17 et 20 septembre –, il aura bien peu de temps pour le faire d’ici le jour du scrutin, le 1er octobre.

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