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Le destin de la forêt boréale à l’étude sous d'immenses coupoles de verre

Deux grandes coupoles de verre contenant des parties de forêt boréale, entourées d'arbres.

Le projet de recherche SPRUCE se déroule sur une période de 20 ans.

Photo : Oak Ridge National Laboratory/Département américain de l'Énergie

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La première barrière protectrice du Canada et alliée essentielle contre le changement climatique, la forêt boréale, pourrait bientôt faire les frais des températures de plus en plus chaudes. Des chercheurs s'affairent, dans le nord du Minnesota, à créer des microclimats dans 10 grandes coupoles de verre pour observer la réaction de la végétation boréale à un haut taux de CO2, qui pourrait être une réalité dans les 100 prochaines années.

L’épinette noire, l'une des espèces les plus courantes dans la forêt boréale, sera plus petite dans les conditions climatiques à venir, indiquent des chercheurs de l’Université Western, à London en Ontario.

« On observe un recul de la croissance de ces arbres quand on augmente la température », explique la professeure Danielle Way, biologiste en écologie végétale.

Les immenses coupoles de verre du projet SPRUCE simulent les conditions climatiques auxquelles nous serons confrontés dans 100 ans.

Vue aérienne de 10 grandes coupoles de verre dans une forêtAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le site du projet SPRUCE, au nord de Grand Rapids au Minnesota, s’étend sur plus de huit hectares.

Photo : Oak Ridge National Laboratory/Département américain de l'Énergie

Une moitié de la végétation est soumise aux conditions actuelles, alors que l’autre fait l’objet de tests répliquant différents stades de réchauffement climatique.

Chaque coupole de verre isole de leur milieu naturel des arbres de 40 à 50 ans, de petites plantes et des tourbières.

Vous pouvez tout y étudier; autant le portrait de la végétation actuelle que ce qu’une augmentation de 9 degrés Celsius pourrait entraîner dans un monde avec de hauts niveaux d’émissions de CO2.

Danielle Way, biologiste en écologie végétale de l’Université Western

Les découvertes des chercheurs sont inquiétantes, puisque les arbres de la forêt boréale, qui filtrent d’importantes quantités de dioxyde de carbone dans l’air, les stockent, pour la plupart, dans le bois des arbres vivants et des arbres morts.

« Ils ne se décomposent pas très rapidement, parce qu’il fait froid. Ainsi, de grandes quantités de carbone sont confinées dans l’environnement », poursuit Mme Way.

Présentement, près de 11 % du carbone de la planète, soit 208 milliards de tonnes, sont captifs dans la forêt. Avec le réchauffement de la forêt boréale, le carbone pourrait rester dans l’atmosphère.

« Un déclin dans le rendement et la croissance de la forêt boréale, ainsi que dans sa capacité à retenir et à séquestrer le carbone peut signifier des changements importants à notre faculté d’absorber le carbone dans l’atmosphère », affirme la chercheuse.

Le succès du projet SPRUCE est déterminant, parce que la forêt boréale est une alliée essentielle pour nous aider à atteindre les cibles de l’Accord de Paris.

« Nous comptons en partie sur nos forêts pour compenser nos émissions de CO2 », souligne la chercheuse.

Moins il y a de carbone dans notre forêt boréale et plus le poids des gaz à effet de serre et du réchauffement se font sentir. Les conséquences du réchauffement climatique contribuent elles-mêmes à la dégradation de la situation. Les arbres s’affaiblissent et le cycle continue.

Des arbres et plantes variées sous une grande coupole de verre, avec des instruments scientifiques.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chaque coupole de verre du projet SPRUCE comporte des arbres de 40 à 50 ans, des petites plantes et des tourbières.

Photo : Oak Ridge National Laboratory/Département américain de l'Énergie

Des arbres et plantes variées sous une grande coupole de verre, avec des instruments scientifiques.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chaque coupole de verre du projet SPRUCE comporte des arbres de 40 à 50 ans, des petites plantes et des tourbières.

Photo : Oak Ridge National Laboratory/Département américain de l'Énergie

Changements dans la composition de la forêt

Contrairement aux épinettes noires, les mélèzes ne semblent pas touchés par les températures et les concentrations de CO2 plus élevées.

« Les mélèzes arrivent à s’acclimater ou à ajuster leurs performances de telle manière que leur capacité à absorber le CO2 de l’atmosphère ne change pas. Ils utilisent le carbone pour construire leurs tissus, et ainsi maintenir leur croissance ».

Des espèces de feuillus, comme le peuplier, qui survivent mieux dans des conditions climatiques plus chaudes, pourraient remplacer les arbres emblématiques de la forêt boréale.

D’autres facteurs à considérer

Les forêts boréales sont aussi menacées par les feux de forêt, plus fréquents et plus destructeurs que jamais, mais aussi par des insectes nuisibles qui privent les arbres de leurs feuilles. L’augmentation des températures pourrait favoriser ces infestations.

Les arbres sous les coupoles de verre du projet SPRUCE seront observés pendant 20 ans.

« Je prévois faire partie du projet aussi longtemps que possible pendant cette période, explique Danielle Way, afin de voir comment l’écosystème change au fil du temps. »

« J’ai vraiment hâte de voir ce que nous allons apprendre dans les prochaines années. Je suis emballée, mais aussi un peu inquiète. »

Avec les informations de CBC

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