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Des dômes de verre pour simuler l'état de la forêt boréale dans 100 ans

Des dômes où on crée des écosystèmes où la température est plus élevée.

Le projet SPRUCE est un projet de recherche étalé sur 20 années qui est financé par le département de l'Énergie américain.

Photo : Laboratoire national Oak Ridge/ Département américain de l'Énergie

Radio-Canada

À quoi ressemblera la forêt boréale dans 100 ans? C'est la question à laquelle tentent de répondre des biologistes de London, en Ontario, dans le cadre d'une étude internationale qui s'étalera sur plusieurs années.

La forêt boréale est sur la ligne de front de la lutte contre les changements climatiques, mais le réchauffement global de la température pourrait compromettre son efficacité.

L’épinette noire, qui est l’une des espèces les plus communes de la forêt boréale au Canada, rapetisserait sous la chaleur des conditions climatiques futures, explique Danielle Way, une biologiste de l’Université Western.

Lorsque la température se réchauffe, les espèces deviennent plus petites, souligne-t-elle.

Son travail fait partie de l’initiative SPRUCE, un énorme projet environnemental basé au Minnesota, au laboratoire national Oakridge.

Ce projet est décrit comme une machine à voyager dans le temps pour le climat. À l'aide de dômes de verre, les scientifiques imitent les écosystèmes de la forêt boréale dans différents scénarios de réchauffement climatique.

Nous pouvons observer toutes les facettes du changement climatique : un climat de neuf degrés supplémentaires et un monde où il y a plus de CO², explique Mme Way.

Une vue aérienne d'un site de recherche scientifique.

Les dômes imitent les écosystèmes de la forêt boréale dans divers climats.

Photo : Laboratoire national de Oak Ridge/ Département américain de l'Énergie

Les résultats de la recherche sont préoccupants, car la forêt boréale filtre une quantité énorme de CO² dans l’air.

Le dioxyde de carbone vient du bois d’arbres vivants et d’arbres morts, qui produisent plus de CO² lorsque la température est réchauffée.

La pourriture ne se désintègre pas très rapidement lorsque la température est plus froide, alors beaucoup de carbone reste piégé à l’intérieur de la forêt.

Danielle Way, professeure à l'Université Western en Ontario

À ce jour, presque 11 % du carbone de la planète est retenu dans la forêt, cela représente environ 208 milliards de tonnes. À mesure du réchauffement de la forêt boréale, une quantité plus importante de carbone pourrait s’échapper dans l’atmosphère.

Une forêt en mutation

Selon Mme Way, le succès du projet SPRUCE est crucial, puisque la forêt boréale est essentielle pour atteindre les objectifs environnementaux canadiens de l’Accord de Paris.

Si les prédictions du projet sont vraies, nous pourrions en revanche être enfermés dans un processus dangereux qui s’appelle une boucle de rétroaction positive du changement climatique.

Ce processus engendre une accélération automatique du réchauffement.

C’est presque comme un train fou, dit Mme Way.

Toutefois, d’autres aspects de la forêt pourraient temporairement aider l’écosystème à rester équilibré.

Contrairement aux épinettes noires, les mélèzes semblent ne pas être affectés par la hausse de la température ambiante et la plus grande concentration de dioxyde de carbone dans l’air.

[Les mélèzes] sont capables de s’adapter et d’ajuster leur production d’oxygène afin d’absorber le CO² présent dans l’atmosphère, explique la biologiste; Ils utilisent le carbone présent dans le CO² afin de construire leurs tissus, et c’est pourquoi ils peuvent maintenir une croissance constante.

Une vue de l'intérieur d'un des dômes.

Chaque dôme recrée l'écosystème de la forêt boréale sous différentes températures.

Photo : Laboratoire national Oak Ridge/ Département américain de l'Énergie

Des espèces telles que les peupliers survivent aussi mieux sous des conditions plus chaudes, et pourraient remplacer plusieurs conifères de la forêt boréale.

Je crois que nous allons assister à une transition de la [forêt boréale] à une forêt mélangée avec des feuillus.

Danielle Way, professeure à l'Université Western

Le projet SPRUCE suivra l'évolution de la forêt boréale et de ses arbres pendant 20 ans.

Avec les informations de CBC.

Windsor

Changements climatiques