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Une première pêche commerciale au bar rayé en 20 ans dans la rivière Miramichi

Un bar rayé dans une rivière

Le stock de bar rayé du sud du golfe du Saint-Laurent est maintenant estimé à près d'un million de reproducteurs.

Photo : Pêches et Océans Canada/Meghan Wilson

Radio-Canada

La Première Nation d'Eel Ground, dans le nord du Nouveau-Brunswick, obtient le premier quota de pêche au bar rayé depuis 1996, dans la rivière Miramichi.

Cette année-là, Pêches et Océans Canada avait mis un terme à la pêche commerciale parce que le nombre de bars rayés dans la rivière avait chuté à 5000 seulement.

Depuis 10 ans, toutefois, la population de bars rayés dans la Miramichi a explosé. Elle a triplé de 2016 à 2017 seulement, atteignant un million.

La nation d’Eel Ground faisait pression depuis des années sur le ministère pour obtenir un quota de pêche commerciale. Elle a finalement été autorisée à pêcher 25 000 bars rayés cet automne.

Il est difficile de dire combien cette pêche rapportera à la réserve, selon le chef George Ginnish. L’effort de pêche sera modeste : il exigera un seul bateau et quatre ou cinq pêcheurs.

Le chef d'Eel Ground, George Ginnish, en entrevue.

Les revenus tirés de la pêche au bar rayé serviront au développement économique de sa communauté, selon le chef d'Eel Ground, George Ginnish.

Photo : CBC/Hadeel Ibrahim

Le chef Ginnish estime d’ailleurs qu’il est important de reprendre la pêche commerciale lentement, pour s’assurer que le stock est suffisant pour y survivre.

Une bonne mesure selon la Fédération du saumon

Pour sa part, la Fédération du saumon de l’Atlantique applaudit la mesure. Des recherches qu’elle a menées indiquent que les bars rayés consomment 18 % des saumoneaux pendant la période de frai de l’espèce.

Un saumon atlantique qui saute.

Un saumon atlantique.

Photo : getty images/istockphoto / Wild & Free

Selon le président de la fédération, Bill Taylor, il ne fait aucun doute que les bars rayés accentuent le déclin des saumons sauvages de l’Atlantique.

Il faut ramener un équilibre dans l’écosystème de la rivière Miramichi. Il y a beaucoup trop de bars rayés!

Bill Taylor, Fédération du saumon de l'Atlantique

Pêches et Océans Canada conteste cependant ces conclusions. Ses propres recherches n’ont pas démontré de lien entre l’augmentation du nombre de bars rayés et le déclin des saumons.

« Dans une étude de trois ans sur le contenu de l'estomac des bars rayés, seule une faible proportion d'estomacs contenait des saumoneaux », écrit le ministère dans une foire aux questions sur le bar rayé.

Les pêcheurs récréatifs mécontents

Le quota de pêche commerciale incommode cependant des pêcheurs récréatifs. Le coorganisateur d’un tournoi annuel de pêche au bar rayé dans la rivière Miramichi, Jeff Wilson, estime que la décision du ministère est irréfléchie.

« Sur le plan économique, il est très hasardeux [...] d’autoriser une pêche commerciale alors que l’histoire a démontré que la population [de bars rayés] ne peut pas y résister », lance-t-il.

Mais selon le directeur de la gestion des ressources au sein d’un organisme qui représente sept Premières Nations micmaques, Les Ginnish, la prise de 25 000 bars rayés aura peu d’impact sur la pêche récréative.

Le chef d’Eel Ground, George Ginnish, affirme que les poissons qui seront capturés pendant la Pêche automnale seront vendus à un hôtel local et à un acheteur de la Nouvelle-Écosse. Les profits, dit-il, serviront au développement économique de la communauté. Une partie sera versée à la banque alimentaire locale.

Quelque 200 poissons seront remis à des résidents de la réserve pour alléger le problème de la faim à Eel Ground. Une étude, l'an dernier, a conclu que 40 % des résidents souffrent d’insécurité alimentaire.

Avec les renseignements de Hadeel Ibrahim, CBC

Nouveau-Brunswick

Autochtones