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À la Mostra de Venise, un film donne une autre version de la mort de Van Gogh

L'homme porte un bandage sur une oreille et un bonnet.

Willem Dafoe dans le rôle du peintre Vincent Van Gogh

Photo : Iconoclast/Riverstone Pictures/SPK Pictures

Agence France-Presse

Officiellement, Vincent Van Gogh s'est suicidé en juillet 1897, à 37 ans. Mais un film présenté lundi à la Mostra de Venise donne une autre théorie sur la mort du peintre néerlandais.

À la porte de l'éternité (At Eternity's Gate), le film du cinéaste américain Julian Schnabel, n'est pas une biographie, mais un ensemble de scènes inspirées de la vie de Van Gogh et de ses toiles.

« Tout le monde pense tout savoir sur Vincent Van Gogh, donc il n'est pas nécessaire et même absurde de faire un film sur lui », a déclaré Julian Schnabel après la projection destinée aux professionnels, où le film a été longuement applaudi. « Nous avons voulu créer l'équivalent de ce que vous pouvez ressentir quand vous observez une œuvre », a expliqué le réalisateur, dont c'est la troisième participation à la Mostra.

C'est l'acteur américain Willem Dafoe qui campe un Van Gogh troublant de vérité et de ressemblance, entre délires et lucidité, en profonde communication avec la nature qui l'émerveille. Rupert Friend, Emmanuelle Seigner, Niels Arestrup et Mathieu Amalric sont aussi de la distribution.

L'homme en costume et cravate sourit aux photographes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'acteur Willem Dafoe à la première du film At Eternity's Gate le 3 septembre 2018 à Venise

Photo : AFP/Getty Images / ALBERTO PIZZOLI

Le film se concentre sur la dernière partie de la vie de Van Gogh, après sa rencontre explosive avec Gauguin et son départ pour Arles. D'après les témoignages de l'époque, c'est à la suite d'une dispute avec le peintre français que Van Gogh se serait coupé l'oreille.

En mai 1889, l'artiste quittera Arles pour Saint-Rémy-de-Provence où il sera admis dans un asile d'aliénés, en proie à des hallucinations et à des accès de folie de plus en plus fréquents.

Puis ce sera Anvers-sur-Oise, où il passera les 80 derniers jours de sa vie, du 20 mai au 29 juillet 1890. Là encore, l'histoire retient que le dimanche 27 juillet 1890, dans un champ derrière le château où il peint peut-être une ultime toile, il se tire un coup de revolver dans la poitrine ou dans l'abdomen avant de succomber deux jours plus tard.

Les cinq personnes se tiennent par les épaules et la taille et posent pour les photographes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Emmanuelle Seigner, Louise Kugelberg, Julian Schnabel, Willem Dafoe et Jean-Claude Carriere sur le tapis rouge de la Mostra de Venis le 3 septembre 2018

Photo : AFP/Getty Images / ALBERTO PIZZOLI

Julian Schnabel, qui a travaillé sur le scénario avec le Français Jean-Claude Carrière, présente une autre version de la mort du peintre, avancée en 2011 dans une biographie signée Steven Naifeh et Gregory White Smith.

Vincent Van Gogh aurait, selon le cinéaste, été victime d'une balle tirée accidentellement par deux adolescents qu'il connaissait et qui jouaient près du champ. Il n'aurait pas voulu les incriminer dans le but de les protéger.

« Il n'y a aucun témoin ayant vu Van Gogh se tuer. Ce que l'on sait, c'est qu'il est revenu à l'auberge blessé, avec une balle dans l'estomac, ce qui n'est pas la meilleure façon de se tuer. En outre, personne n'a jamais retrouvé l'arme », a déclaré Jean-Claude Carrière, présent à Venise.

« C'est ce contre quoi nous nous battons, la sombre et romantique légende de Van Gogh. Le peintre, durant la dernière partie de sa vie, travaillait tout le temps. Il peignait une toile par jour et ce n'était pas du tout la personne triste, pessimiste et déprimée qu'on a souvent décrite », a ajouté le scénariste.

Le film livre aussi sa version sur le carnet de croquis de l'artiste récemment retrouvé, dont l'authenticité est remise en cause. Le peintre l'aurait donné au couple Ginoux, les patrons du Café de la Gare, où il séjourna à Arles. La dernière scène du film laisse clairement entendre que le carnet a échoué fortuitement parmi les livres de comptes de l'établissement.

Cette thèse qui est aussi soutenue, sur la base d'un travail scientifique, par les Éditions du Seuil (qui ont publié ses dessins en novembre 2016) est toutefois contestée par le Musée Van Gogh d'Amsterdam.

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