•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tragédie de Swissair : les proches des victimes se souviennent

Des familles des victimes se recueillent sur les rochers à côté du phare de Peggy's Cove.

Le 2 septembre 1998, le vol 111 de Swissair s'abîme au large de Peggy's Cove en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Reportage du Téléjournal du 5 septembre 1998

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche au monument commémorant la tragédie de Swissair à Bayswater, en Nouvelle-Écosse, pour souligner les 20 ans de ce terrible accident.

Le 2 septembre 1998, des milliers de vie ont été bouleversées lorsque le vol 111 de la compagnie aérienne Swissair s’est abîmé en mer au large de Peggy’s Cove, en Nouvelle-Écosse.

Les 229 personnes qui étaient à bord ont perdu la vie, laissant par le fait même une trace indélébile sur les communautés le long de la baie de St. Margaret's ainsi que sur les premiers répondants.

Le révérend Louis Quennelle de la paroisse de Langford a accueilli les nombreuses personnes qui ont voulu venir se recueillir dimanche sur le site du memorial.

« Je suis heureux de voir autant de gens », a-t-il dit en ouverture. Il a tenu à reconnaître la douleur que la tragédie avait causée aux membres de la communauté et aux proches des victimes. Il s'est aussi montré optimiste.

« Une des leçons qu’on peut tirer de cet incident est que le monde est petit finalement. Peu importe votre origine, votre humanité est plus forte que tout ce qui peut vous séparer », a déclaré le révérend, tout en rappelant aux familles endeuillées qu’il était important de « rouvrir leur coeur », même si celui-ci a été blessé par le départ abrupt d’un proche.

« Il ne faut pas résister à la tentation de fermer notre coeur, de ne plus aimer. Même si la peur de perdre à nouveau est puissante, il faut l’ignorer et justement aimer davantage. L’impermanence de la vie nous rappelle d’ailleurs de relativiser et de voir que nos tracas quotidiens ne sont pas si pires finalement ».

Une scène d'horreur

Réveillés par un son assourdissant, les habitants de la région, dont les pêcheurs, ont été les premiers répondants la nuit du 2 septembre 1998.

« Ils étaient tellement habitués à sortir sur leur bateau et à affronter le danger sur une base quotidienne qu’ils l’ont fait par instinct », relate Stephen Kimber, auteur du livre Flight 111: The Tragedy of the Swissair Crash. « Ils ont sauté dans leur bateau, se sont dirigés vers le site de l’accident et ont été accueillis par une scène d’horreur. »

Les pêcheurs voguaient entre les débris d’avion recouverts par du kérosène, auxquels s’ajoutaient des restes humains. Ils ne « s’attendaient pas à voir ça », rappelle Stephen Kimber.

« C’était tout simplement horrible pour ces pêcheurs. »

— Une citation de  Stephen Kimber, auteur du livre Flight 111: The Tragedy of the Swissair Crash
Le vol 111 de Swissair s'est abîmé dans l'océan Atlantique le 2 septembre 1998.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le vol 111 de Swissair s'est abîmé dans l'Océan Atlantique le 2 septembre 1998.

Photo : Radio-Canada

Bob Conrad était l’un d’eux. En soirée, il entend aux nouvelles qu’un incident grave a eu lieu près de l’endroit où il a pêché toute la journée. « Je savais que les autres pêcheurs y seraient donc j’y suis allé aussi », dit-il, se remémorant l’odeur de kérosène qui flottait dans l’air jusque dans le village.

Une fois sur l’eau il s’est approché de ce qu’il croyait être une poupée pour enfant, mais en regardant de plus près il a constaté qu'il s'agissait du corps inanimé d’un poupon. « Je n’ai plus d’images claires en tête de cet instant et j’en suis reconnaissant », laisse tomber l’homme qui a emporté la petite dépouille à bord de son bateau.

Plusieurs autres membres de la communauté se sont joints aux efforts de sauvetage, bien qu'aucun passager n'ait pu être secouru. Ils en ont gardé un souvenir douloureux. « Plus de 6000 Néo-Écossais ont demandé de l’aide psychologique après la tragédie, donc on peut s’imaginer combien de gens ont été impliqués », note l’auteur Stephen Kimber.

Des familles marquées à jamais

Claire Mortimer, aussi présente à la cérémonie dimanche, a perdu son père et sa belle-mère le 2 septembre 1998. Ils étaient tous deux à bord du vol 111 de Swissair. Sa famille et elle ont pris un vol vers Halifax dans les heures qui ont suivi le drame. « C’était très émotionnel. Lorsqu’on a entendu la nouvelle, on s’est dit qu’il fallait y aller ».

Des proches des victimes ont même déménagé dans la province à la suite du drame, afin d’être plus près du lieu où la vie de leurs êtres chers a brusquement pris fin. D’autres, comme Claire Mortimer, ont plutôt choisi de visiter le lieu aussi souvent qu’ils le pouvaient.

Un homme se recueille au mémorial de Swissair à Bayswater en Nouvelle-Écosse le 2 septembre 2001.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un homme se recueille au mémorial de Swissair à Bayswater en Nouvelle-Écosse le 2 septembre 2001.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

« Je suis venue tellement souvent que je ne compte plus. Chaque fois que je suis venue ici, j’ai été accueillie à bras ouverts et j’ai reçu tellement de support et de compassion des gens que j’ai toujours eu envie d’y revenir. »

— Une citation de  Claire Mortimer

Elle dit toutefois que plusieurs premiers répondants ont subi les contrecoups de leur générosité et de leur bravoure. « Des familles à qui j’ai parlé m’ont dit qu’ils avaient développé le syndrome de choc post-traumatique et deux personnes se sont même enlevé la vie à la suite de la tragédie ».

Selon elle, ces personnes sont aussi « des victimes du vol 11 de Swissair, tout comme son père et sa belle-mère ». Claire Mortimer, qui occupe désormais un emploi d’infirmière dans l’État du Maine, dit vouloir revenir en Nouvelle-Écosse afin d’offrir des ateliers gratuits à ceux qui souffrent du syndrome de stress post-traumatique.

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !