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Affaire Éric Caire : un caquiste déchu réclame une enquête

Le député indépendant de Groulx, Claude Surprenant, à l'Assemblée nationale, le 5 décembre 2017.
Le député indépendant Claude Surprenant Photo: The Canadian Press / Jacques Boissinot
Radio-Canada

L'ancien député caquiste Claude Surprenant, exclu du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2017 à la suite d'allégations de manquements éthiques, demande une enquête sur les dépenses du bureau de circonscription du député Éric Caire.

Un texte de David Rémillard

M. Surprenant estime qu'Éric Caire a commis « une faute très grave » en acceptant un prêt personnel de 55 000 $ du maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, il y a un peu plus d’un an.

Candidat indépendant dans la circonscription de Groulx, M. Surprenant veut savoir si la municipalité qui se trouve dans la circonscription de La Peltrie, représentée par M. Caire, a été avantagée par le bureau du député après l’octroi du prêt.

« J’entends déposer une demande d’enquête sur la gestion des fonds de bureau de M. Caire. Pour s’assurer que, dans son étourderie, il n’a pas été enclin à favoriser la ville du maire qui lui a consenti un prêt », a expliqué M. Surprenant en entrevue à Radio-Canada, samedi.

Éric Caire, député sortant de La Peltrie et candidat caquisteÉric Caire, député sortant de La Peltrie et candidat caquiste Photo : Radio-Canada

Ce dernier a fait référence à des propos tenus cette semaine par M. Caire. Il a déclaré, lors d'une conférence de presse visant à expliquer le contexte des événements, qu'il n'avait « ni recul ni distance » au moment où il a accepté le prêt.

M. Caire a confié qu'il était à ce moment en processus de séparation avec son ex-conjointe Marie-Ève Lemay, qui travaillait comme chef de cabinet de M. Loranger.

Deux poids, deux mesures

M. Surprenant s’est désolé de ne pas avoir reçu le même soutien du chef François Legault lors de ses propres déboires avec le commissaire à l’éthique. « J’ai été stupéfait par la réaction que je lis dans les médias de la part de M. Legault », a-t-il lancé.

Attaqué par ses adversaires, François Legault a admis que M. Caire avait commis une erreur, mais a tout de même défendu son candidat. Le chef de la CAQ a martelé qu'il s'agissait d'un prêt personnel, n'impliquant aucun argent public, « d'un ami à un ami ».

À mon avis, j’ai été injustement traité.

Claude Surprenant, candidat indépendant dans Groulx et ex-député de la CAQ

Dans une lettre envoyée à M. Caire en avril, la commissaire à l'éthique a averti le député qu'il s'était placé en situation « de conflit d'intérêts potentiel » et exigeait le remboursement du prêt. Ce qui a été fait en date du 28 juin.

M. Legault a concédé cette semaine qu'il y avait « apparence » de conflit d'intérêts dans le cas de M. Caire, mais a accepté de passer l'éponge, puisque l'erreur est maintenant corrigée.

Lors de l'expulsion de M. Surprenant, avant qu'il ne soit officiellement blâmé, le chef caquiste déclarait que c'était « tolérance zéro » à la CAQ en matière d'éthique. « Il y a la partie légale et la partie apparence et perception. En politique, c'est aussi important, la perception », disait-il.

Réprimandé

M. Surprenant avait été exclu du caucus après avoir révélé qu’il avait octroyé un contrat de 700 $ à sa conjointe pour l’aménagement de son bureau de circonscription, au lendemain du scrutin de 2014.

On apprenait au même moment qu'il avait été sommé par l'Assemblée nationale de rembourser de dépenses d'un peu moins de 500 $.

Le chef de la CAQ, François Legault.Le chef de la CAQ, François Legault Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Dans le cas de M. Surprenant, M. Legault avait pris sa défense pendant quelques jours avant de le dépouiller de ses fonctions au cabinet fantôme puis de l’exclure du caucus, le temps que la lumière soit faite sur ces dépenses.

Le Parti québécois avait par la suite demandé une enquête sur M. Surprenant, alléguant que le député de Groulx avait embauché des employés payés par l'Assemblée nationale à des fins partisanes, au profit de la CAQ.

En décembre 2017, le commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale a officiellement réprimandé M. Suprenant pour divers manquements éthiques.

Pas comparable, dit la CAQ

Une porte-parole de la CAQ a réagi samedi soir à la sortie de M. Suprenant en affirmant que les dossiers de MM. Caire et Surprenant étaient « complètement différents ».

« Dans le cas de M. Surprenant, le rapport du commissaire à l’éthique a recommandé une sanction dans une affaire impliquant des fonds publics », a-t-on insisté dans un échange de courriels.

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