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Des femmes se battent pour ne pas porter de soutien-gorge au travail

Une femme pose devant l'objectif.
Christina Schell a déposé une plainte en Colombie-Britannique. Photo: Christina Schell
Radio-Canada

Plusieurs femmes estiment que les obliger à porter un soutien-gorge au travail est discriminatoire. En Colombie-Britannique, l'une d'elles a même déposé une plainte pour violation des droits de la personne.

Le mouvement « Brûle ton soutien-gorge » est de retour. Il est mené par de jeunes femmes qui ont décidé de ne plus porter de sous-vêtements, non pas pour des raisons politiques, mais pour des raisons de confort.

Christina Schell fait partie de celles-là. Elle a déposé une plainte au Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique.

La jeune femme assure que son ancien employeur, le club de golf Osoyoos, situé dans la ville du même nom en Colombie-Britannique, a fait preuve de discrimination à son égard en exigeant que le personnel féminin porte un soutien-gorge.

Une date d'audience n'a pas encore été fixée.

« C'est basé sur le genre et c'est pourquoi c'est une question de droits de la personne », déclare-t-elle. « J'ai des mamelons et les hommes aussi », ajoute-t-elle.

Cela ne nuit pas à la capacité de quiconque d'accomplir son travail.

Christina Schell

Mme Schell a abandonné les soutiens-gorges il y a plus de deux ans, parce qu'elle les trouve inconfortables.

« Ils sont horribles », dit la jeune femme de 25 ans, qui a pris cet emploi de serveuse au restaurant du club de golf en mai.

Quelques semaines plus tard, elle a reçu le nouveau code vestimentaire du restaurant qui stipule que « les femmes doivent porter un débardeur ou un soutien-gorge sous leur uniforme ».

Ne pas porter de soutien-gorge est à la mode ces dernières années. La tendance porte même un nom aux États-Unis: « braless ».Ne pas porter de soutien-gorge est à la mode ces dernières années. La tendance porte même un nom aux États-Unis: «braless». Photo : iStock

Chez McDonald's aussi

Kate Gosek, qui travaille comme cuisinière au restaurant McDonald's à Selkirk, au Manitoba, abonde dans ce sens. « C'est inutile », estime-t-elle.

La jeune femme de 19 ans raconte que plusieurs gestionnaires l'avaient récemment harcelée, car elle ne portait pas de soutien-gorge. L’une des patronnes aurait même commencé à chercher une bretelle à son épaule.

Elle m'a juste dit que je devrais porter un soutien-gorge, parce que chez McDonald's, nous sommes un restaurant correct et personne n'a besoin de voir ça.

Kate Gosek

Mme Gosek a fait part de ces propos à un autre directeur en lui demandant s'il y existait une règle chez McDonald's concernant le port du soutien-gorge. Il a répondu : « Non, mais c'est une attente ».

McDonald's Canada a précisé que son code vestimentaire n'exige pas que la jeune femme porte un soutien-gorge.

La porte-parole, Laura Munzar, a déclaré dans un courriel que les problèmes de Mme Gosek étaient la conséquence d'un « malentendu dans l'application de la politique » et que le restaurant l'informait qu'elle ne violait aucune règle.

Mme Gosek dit avoir reçu des excuses de la part de deux supérieurs.

Pour sa protection?

De son côté, lorsque Mme Schell a confronté le directeur général du club de golf, Doug Robb, il lui a expliqué que cette règle était mise en place pour la protéger.

« Il a dit : "Je sais ce qui se passe dans les clubs de golf lorsqu'il y a de l’alcool" », rapporte la jeune femme.

Elle a refusé de se conformer aux règles et assure qu'elle a été licenciée à cause de cela. C’est à ce moment-là qu’elle a déposé une plainte au tribunal.

Doug Robb a refusé de commenter, déclarant dans un courriel que les questions concernant les employés sont confidentielles.

Les codes vestimentaires fondés sur le sexe ne sont plus tolérés

Nadia Zaman, une avocate spécialisée en droit du travail, a expliqué que les employeurs peuvent imposer un code vestimentaire spécifique au genre s'ils peuvent démontrer l'existence d'une exigence professionnelle réelle, par exemple pour des raisons de sécurité.

Une femme pose devant l'objectif.L'avocate en droit du travail, Nadia Zaman. Photo : Nadia Zaman

S'ils exigent simplement que les employées portent un soutien-gorge, mais qu'ils n'ont pas d'exigence similaire pour les hommes, ils ne peuvent pas vraiment le justifier. Leur politique risque d'être jugée discriminatoire.

Nadia Zaman, avocate en droit du travail

L'avocate fait référence à la Commission ontarienne des droits de la personne qui, à la suite d'une enquête menée en 2016 par Marketplace, de CBC News, a réclamé la fin des codes vestimentaires sexistes, comme les talons hauts et jupes courtes, qui ne s'appliquaient qu'au personnel féminin.

« Ils disent essentiellement que le harcèlement sexuel et les codes vestimentaires fondés sur le sexe ne sont plus tolérés », explique l'avocate.

Avec les informations de CBC

Société