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Retour du thon rouge dans les eaux de l’Atlantique

Des thons rouges tout juste pêchés.
L'intensification de la pêche au thon est une mauvaise idée parce qu'elle risque de mener à la surpêche, croient les groupes environnementaux. Photo: Reuters / Antara Foto Agency
Associated Press

Alors que le thon rouge est classé comme espèce en voie de disparition, certains pêcheurs et scientifiques observent son retour dans l'Atlantique. À tel point que les gestionnaires américains des océans ont autorisé une augmentation d'environ 17 % des quotas pour cet été, au grand dam des militants environnementaux.

Il y a une décennie, les participants du plus important tournoi de pêche de la Nouvelle-Angleterre, dont la plus récente édition s’est déroulée à South Portland au début du mois d’août, pouvaient passer plusieurs années consécutives sans capturer un seul poisson dans le golfe du Maine.

Cette année, les pêcheurs ont plutôt établi un record avec 30 prises.

Leur récolte sans précédent survient à un moment crucial pour ces thons géants, une espèce emblématique qui, selon les scientifiques, semble se rétablir lentement dans l'océan Atlantique.

Un homme pose devant un thon de 212 kg. dans un restaurant à sushis de Tokyo.Le statut du thon en tant que poisson de première qualité dans la préparation des sushis et sashimis le rend particulièrement populaire au Japon. Photo : Reuters / Issei Kato

La réémergence du thon rouge, qui peut peser plus d'une demi-tonne, a suscité des débats parmi les pêcheurs, les défenseurs de l'environnement et les scientifiques, quant à savoir jusqu'à quel point ce géant s'est rétabli.

Les populations ne sont toujours qu'à une fraction de leur niveau d'il y a 60 ans.

Un poisson qui rapporte gros

Le statut du thon en tant que poisson de première qualité dans la préparation des sushis et sashimis le rend particulièrement populaire au Japon.

Ce poisson, capable de traverser l'Atlantique en 60 jours, est exploité par l'homme depuis des siècles et les ventes mondiales annuelles se chiffrent en centaines de millions de dollars.

Un seul thon rouge s'est vendu à plus de 1,75 million de dollars américains lors d'une vente aux enchères au Japon en 2013.

Le thon rouge est classé comme espèce en voie de disparition par l'Union internationale pour la conservation de la nature, en grande partie à cause des années de surpêche.

Mais les régulateurs internationaux sont d'avis que l'espèce s'est suffisamment rétablie pour qu'elle puisse supporter une pêche plus intensive. Les gestionnaires américains des océans ont autorisé une augmentation d'environ 17 % des quotas pour cet été.

La décision a incité les groupes environnementaux à renouveler leurs appels en faveur du maintien des quotas.

Un thon rouge dans les eaux japonaisesLe thon rouge est classé comme espèce en voie de disparition par l'Union internationale pour la conservation de la nature, en grande partie à cause des années de surpêche. Photo : Reuters / Thomas Peter

Shana Miller, responsable du programme de conservation du thon à l'Ocean Foundation, estime qu'une augmentation des quotas de plusieurs centaines de milliers de kilos est excessive.

L'intensification de la pêche au thon est une mauvaise idée parce qu'elle risque de mener à la surpêche, croit Mme Miller. On craint aussi que le réchauffement croissant des océans puisse retarder la reproduction de ces grands poissons.

Une population difficile à comptabiliser

Une incertitude persiste parmi les scientifiques quant à l'état de la population de thons, souligne Grantly Galland, biologiste marin et responsable mondial de la conservation du thon pour The Pew Charitable Trusts.

Toute diminution de la population actuelle est mauvaise pour les pêcheurs à long terme.

Grantly Galland, biologiste marin

L'augmentation des quotas s'élève à près de 341 000 kilos lorsqu'on additionne les quotas aux États-Unis et dans d'autres pays qui pêchent le thon dans l'Atlantique Ouest, dont le Canada.

La gestion du thon rouge de l'Atlantique est plus complexe que pour de nombreuses autres espèces de poissons parce qu'il traverse de nombreuses frontières internationales à mesure qu'il migre pour se nourrir et frayer.

L'année dernière, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique – qui compte environ 50 pays membres, dont les États-Unis – a publié un rapport décrivant l'espèce comme rétablie, mais toujours confrontée à des défis.

Bien que la commission ait décidé d'augmenter le quota des pêcheurs américains cette année, l'espèce sera toujours surveillée de près, assure Brad McHale, spécialiste de la gestion des pêcheries au sein de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA).

« Nous ne pouvons pas prélever plus que ce qui peut se reconstituer naturellement, explique M. McHale. C'est une lutte constante »

Protection des espèces

Environnement