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La CAQ réclame une enquête sur la gestion de Gertrude Bourdon au CHU de Québec

Plan rapproché de Mme Bourdon en conférence de presse. Dominique Vien est derrière elle.
Gertrude Bourdon a été présentée comme la future ministre de la Santé par Philippe Couillard. Photo: Radio-Canada / Frédéric Deschênes
Radio-Canada

La Coalition avenir Québec (CAQ) demande à l'Autorité des marchés publics (AMP) d'enquêter sur le « fractionnement illégal de contrats » au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec, un établissement du réseau de la santé dirigé jusqu'à tout récemment par la candidate libérale dans la circonscription de Jean-Lesage, Gertrude Bourdon.

Un texte de Charles d'Amboise et Yannick Donahue

Selon la CAQ, le centre hospitalier a contourné les règles d’appel d’offres en octroyant deux contrats de moins de 1 million de dollars à l’entreprise Iron Montain, ce qui constitue un processus illégal.

L'entreprise en question aurait obtenu un contrat de 925 000 $ et un autre de 860 000 $, alors qu'elle ne détenait pas l'autorisation de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour accepter des contrats d'une valeur supérieure à 1 million de dollars.

Le Journal de Montréal révélait hier qu’un rapport de vérification du Conseil du Trésor concluait que la gestion de ces deux contrats n’était « pas conforme au cadre normatif en gestion contractuelle ».

La CAQ avait déjà dénoncé en 2017 la situation au ministre de la Santé sortant, Gaétan Barrette. Ce dernier s’était alors porté garant de la gestion du CHU de Québec, défendant du même coup Gertrude Bourdon, qui pourrait bien devenir ministre de la Santé dans un éventuel gouvernement libéral.

Si le ministre de la Santé lui-même n’est pas préoccupé par le respect des lois, je pense qu’on se doit d’agir et de demander à l’AMP d’approfondir et d’enquêter davantage.

Geneviève Guilbault, candidate de la CAQ dans Louis-Hébert

Geneviève Guilbault espère que l'Autorité des marchés publics, une entité créée sous recommandation de la commission Charbonneau, acceptera de faire la lumière sur ces informations « troublantes ».

La candidate caquiste soutient que sa formation ignorait cette affaire lorsqu'elle a courtisé Mme Bourdon, avant que celle-ci ne fasse faux bond au chef François Legault pour se joindre aux libéraux.

« Si Mme Bourdon s'était rendue à l'étape de dire "Oui, je souhaite me porter candidate", il y aurait eu un processus assez rigoureux et exhaustif de vérifications qui aurait été fait », a-t-elle souligné, en entrevue avec La Presse canadienne.

« Ce n'est quand même pas anodin, le fractionnement illégal de contrats, insiste l'ex-porte-parole du Bureau du coroner. Ce qui est encore moins anodin, c'est la désinvolture de M. Barrette à l'endroit de ces agissements-là », a-t-elle déclaré.

Des méthodes « louches »

Le chef du Parti québécois a attaqué vendredi Gertrude Bourdon sur ses qualités de gestionnaire.

Il considère qu’elle emploie des méthodes de gestion « louches ».

« Les gestionnaires qui veulent contourner les règles fractionnent », a-t-il déploré.

Jean-François Lisée dénonce qu’elle ait eu recours à une stratégie « vieille comme le monde » dans cette affaire de contrats.

Elle est prête à contourner les règles pour arriver à ses fins.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

En mêlée de presse samedi après-midi, il a réitéré sa position. Mme Bourdon embarrasse les partis, « elle n'est pas digne de confiance », a-t-il dit.

« J’aime toujours mieux qu’on aille au fond des choses, donc ça me sourirait » que l'AMP fasse son enquête, a-t-il dit, après avoir quelque peu hésité avant de répondre.

Une situation « exceptionnelle »

Attaquée par les partis d'opposition pour avoir attribué des contrats de gré à gré, Gertrude Bourdon a fait état samedi d'une situation « exceptionnelle », où ses mains étaient liées. L'ancienne patronne du CHU de Québec assure être restée dans les limites de la légalité.

Elle estime avoir appliqué correctement la Loi sur les contrats des organismes publics et qu'elle n'a rien à se reprocher.

« Il arrive, quand on reçoit les résultats d’appels d’offres avec les différentes entreprises, qu’il y ait des problèmes. Ces problèmes-là dans la loi sont précisés sur deux termes : impact sur les patients/sécurité des clientèles, et est-ce que ça dessert ou sert la gestion rigoureuse des fonds publics », a-t-elle expliqué.

Elle a indiqué par le fait même qu'elle se trouvait devant une telle situation et que sa décision était totalement justifiée étant donné le contexte de l'époque.

« La loi permet ça, c’est-à-dire que ce sont des situations exceptionnelles qui doivent être bien précisées dans les raisons de l’octroi du gré à gré, ce qui a été fait dans la situation », a-t-elle assuré.

Le premier ministre Philippe Couillard maintient pour sa part que « toutes les règles » avaient été suivies par sa candidate.

« Moi, j’estime que Mme Bourdon a agi dans le meilleur intérêt des patients. C’est la décision qu’elle devait prendre », a déclaré M. Couillard.

Avec les informations de La Presse canadienne

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