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QS dévoile comment il compte abolir le financement des écoles privées

Les coporte-paroles de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé en gros plan lors d'un point de presse à Val-d'Or.

Les coporte-paroles de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé pensent faire des économies de 100 M$ annuellement en mettant fin au financement public des écoles privées.

Photo : Radio-Canada / Vianney Leudiere

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Québec solidaire (QS) a annoncé son intention d'abolir le financement des écoles privées si la formation politique est appelée à former le prochain gouvernement.

Un texte de Yannick Donahue

Cette annonce a été faite samedi matin au Pavillon des Premiers-Peuples du campus de Val-d’Or de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).

Québec solidaire va rapatrier dans les écoles publiques l’ensemble du financement public des écoles privées dans un délai de quatre ans dès le premier mandat.

Une citation de : Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

Le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois a expliqué que le parti allait créer un bureau de transition pour laisser le temps aux parents et aux écoles de s’adapter au nouveau système, de permettre aux écoles privées d’intégrer le réseau public si elles le souhaitent et de superviser un plan transitoire pour les établissements scolaires qui voudraient rejoindre le réseau public.

« À terme, c’est la moitié des élèves qui fréquentent actuellement l’école privée qui intégreront le réseau public, selon nos estimations », a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois.

Le député sortant de la circonscription montréalaise de Gouin affirme que des économies de 100 millions de dollars annuellement seraient réalisées en mettant fin au financement public du privé. Les économies seraient réinvesties dans le réseau public, promet-il.

« Nous ne faisons pas le procès des parents qui choisissent le privé pour leurs enfants. C’est normal après tout de vouloir ce qu’il y a de mieux pour ses enfants. Ce qui est anormal, c’est plutôt que meilleur rime trop souvent avec privé. […] C’est le procès du système que l’on fait. Un système d’éducation à deux vitesses qui a fait son temps », a-t-il dit.

Pénalisations

Gabriel Nadeau-Dubois avance que le système actuel pénalise les parents et les élèves qui habitent loin des grands centres urbains.

« Les parents de Val-d’Or, tous les parents de l’Abitibi-Témiscamingue en fait, n’ont pas de choix, parce qu’il n’y en a tout simplement pas d’écoles privées en Abitibi-Témiscamingue. Cela veut dire que les taxes et les impôts des gens d’ici, de la région, servent à financer des écoles privées à Montréal et à Québec », déplore-t-il.

Manon Massé, co-porte-parole de QS, va plus loin. Elle critique le fait que les « élèves qui ne passent pas le test des notes et du portefeuille, les élèves qui vivent des difficultés d’apprentissage » sont également pénalisés par le système en place.

Elle souligne que 75 % des écoles privées de la province sont situées à Montréal, à Québec ou en Montérégie.

Inégalités

Mme Massé rappelle que « le Québec a un principe fondamental, c’est l’égalité ». Elle cite en exemple l’assurance maladie, l’assurance-emploi, l’assurance parentale, les centres de la petite enfance, Hydro-Québec, etc.

« Cela fonctionne pour à peu près tout, sauf une exception qui coûte un demi-milliard de dollars annuellement au portefeuille collectif. Tout le monde paie pour les écoles privées du Québec, mais seulement 12 % des élèves les fréquentent », s’indigne-t-elle.

Cette aberration a des conséquences. Notre système d’éducation est encore le plus inégalitaire du Canada.

Une citation de : Manon Massé, co-porte-parole de QS

Gabriel Nadeau-Dubois tend la main aux électeurs pour conclure une nouvelle entente au chapitre de l’éducation.

« Québec solidaire veut signer un nouveau contrat social avec les parents du Québec. On veut faire de la prochaine génération à entrer à l’école primaire, la génération la mieux éduquée de l’histoire du Québec. On veut faire en sorte que l’école publique redevienne le moteur de l’égalité des chances ici », dit-il.

Québec solidaire s’est notamment basé sur le modèle ontarien pour élaborer son projet. En Ontario, 5 % des élèves fréquentent un établissement d’enseignement privé, tandis qu’au Québec la moyenne s’établit à 12 %.

Le parti estime qu’en cessant le financement des écoles privées, la moitié des élèves vont se tourner vers le système public, de sorte que le Québec enregistrera un taux similaire à celui de l’Ontario.

Pas la bonne solution

Égide Royer

Quelles promesses en éducation?

Photo : Radio-Canada

Égide Royer, psychologue et professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, s’est inscrit en faux contre la proposition de Québec solidaire, lors d’une entrevue accordée à l’émission RDI matin.

« Notre système éducatif est extrêmement inégalitaire. Il y a beaucoup de sélection qui se fait. Toutes les écoles doivent offrir des services à tous les enfants ou à tous les jeunes, y compris ceux en difficulté. Si une école privée décidait ou continuait à décider de ne pas accepter de jeunes en difficulté, on devrait remettre en question la subvention », a-t-il déclaré.

« Si une école privée décide d’offrir des services à des jeunes qui ont des besoins très particuliers, on devrait augmenter le financement des écoles privées, qui offrent des services à des jeunes qui ont des problèmes ou des handicaps importants. Et cela se fait déjà. À Montréal, vous avez déjà une douzaine d’écoles privées spécialisées qui sont financées à 100 % et non pas à 60 % », ajoute le professeur.

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