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Le PQ veut casser le « monopole » d'Air Canada en région

Jean-François Lisée est en point de presse devant l'aéroport de Baie-Comeau. Il est avec son candidat local et appuie son discours grâce à une affiche.
Le PQ veut faire échec aux monopoles qui font gonfler le prix des billets d'avion en région. Photo: Radio-Canada / Bruno Giguère
Radio-Canada

Le Parti québécois (PQ), s'il est élu, affirme qu'il va s'occuper de ramener Air Canada à l'ordre, mettant fin à son quasi-monopole, pour aider ceux qui vivent en région et qui paient fort cher leurs billets d'avion.

Le chef péquiste Jean-François Lisée est d'avis que le premier ministre aurait ce pouvoir, même si la réglementation de l'industrie aéronautique est de juridiction fédérale.

Le PQ veut mettre fin au scénario suivant, vu trop souvent aux dires de l'équipe péquiste : un nouveau joueur entre sur le marché, et Air Canada réplique en affichant de très bas prix sur ses billets d'avion. Étouffé, le concurrent abandonne et Air Canada remonte ses prix, récupérant du coup ses profits.

Aujourd'hui, faire Québec-Baie-Comeau, c'est plus cher qu'une semaine tout compris à Cuba.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Le PQ a offert plus de détails lors d'une conférence de presse tenue samedi en matinée à l'aéroport de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord.

Le PQ souhaite notamment instaurer des « prix de référence garanti » à l'aide d'experts indépendants. Ces prix seraient applicables à tous les transporteurs pour les billets d'avion en région et dont les trajets se situent sur le territoire québécois.

L'objectif serait d'empêcher Air Canada de tuer les nouveaux acteurs aériens qui veulent percer un marché régional en baissant leurs prix temporairement, puis en les remontant une fois le concurrent éliminé.

Par exemple, si le prix de référence Montréal-Baie-Comeau est fixé à 380 $, et qu'Air Canada vend des billets à 300 $, le concurrent sera compensé de 80 $ par billet.

Le pari que fait le PQ est qu'Air Canada ne gardera pas ses prix si bas, et les ramènera au niveau du prix de référence.

« À partir du moment où notre politique sera en place, personne ne voudra casser les prix [...] donc, c'est une politique qui coûtera zéro dollar », estime M. Lisée, qui croit qu'un gouvernement provincial détient ce pouvoir d'intervention, en vertu de sa juridiction sur la protection des consommateurs.

Pour accompagner ce mécanisme, le PQ a d'ailleurs réitéré une mesure déjà annoncée : il veut créer le Bureau de la protection des consommateurs du Québec pour s'assurer qu'une entreprise ne puisse régner en maître sur un marché.

Favoriser la saine concurrence

En février dernier, le Sommet sur le transport aérien régional avait été tenu à Lévis. Un événement lors duquel les participants ont fortement donné leur appui à la solution présentée par les péquistes aujourd'hui, soutient M. Lisée.

Le premier ministre Philippe Couillard avait alors annoncé la création d'un programme d'aide pour la desserte régionale afin d'encourager de nouvelles compagnies aériennes à percer le marché aérien régional du Québec. Il avait aussi fait part de son intention de bonifier et de simplifier le programme de réduction des tarifs aériens, applicable aux résidents de certaines régions, lorsque l'origine et la destination finale du déplacement sont au Québec.

Le PQ dénonce ce programme, « qui ne fait que subventionner Air Canada », ce qu'il veut éviter à tout prix.

Au Canada, le Bureau de la concurrence a la responsabilité de maintenir une saine concurrence et de lutter contre les pratiques anticoncurrentielles des entreprises, rappelait le PQ en mai dernier. Mais il le fait très mal, il est mou et il est inefficace, avait-il souligné.

Le Bureau de la concurrence du Canada ne fait pas son travail.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Au Québec, l'Office de la protection des consommateurs existe, mais son mandat ne couvre pas les pratiques anticoncurrentielles ni l'abus de position dominante, expliquait alors le parti pour justifier sa proposition.

Le PQ propose par ailleurs d'ajouter 8 millions de dollars sur quatre ans pour maintenir les trajets de bus d'une municipalité à l'autre en région. Ainsi, lorsque les Municipalités régionales de comtés (MRC) financent le maintien d'un trajet d'autobus, elles pourront avoir plus d'argent du gouvernement pour le faire.

Avec les informations de La Presse canadienne

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