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Les campus se préparent à la légalisation du cannabis

Cinq étudiants internationaux discutent en marchant sur un campus universitaire.
Des étudiants internationaux sur un campus universitaire Photo: iStock
Radio-Canada

À l'aube de la légalisation du cannabis au pays, les universités et collèges de la région de la capitale nationale se préparent à une nouvelle réalité.

Patricia Conrod, professeure au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal, demande aux campus universitaires de se préparer à offrir des programmes de prévention, des programmes d’intervention pour les jeunes consommateurs qui trouvent que leur consommation devient de plus en plus régulière et des programmes de traitement de la dépendance.

On sait qu’une consommation régulière et excessive est associée avec des troubles de mémoire, des symptômes de dépression et d’anxiété et un risque accru de développement de troubles de psychose, avertit la chercheuse.

Ça ne prend pas juste de la sensibilisation. [Les universités] vont devoir offrir des services, parce qu’il s’agit de la santé mentale de leurs étudiants.

Patricia Conrod, professeure au département de psychiatrie de l’Université de Montréal

Selon Mme Conrod, bien qu'il ne soit pas clair si le taux de consommateurs augmentera au jour de la légalisation, il est important de prévenir les risques, selon elle.

Il est très important d’investir dans la recherche sur les impacts des programmes qui seront mis en place dans les prochaines années, conclut-elle.

Consommation restreinte sur les campus

L’Université du Québec en Outaouais UQO rappelle qu’il sera interdit au Québec de fumer ou de vapoter du cannabis partout où il est déjà interdit de fumer du tabac. À cette interdiction s’ajoutent les terrains des établissements collégiaux et universitaires, les pistes cyclables et les aires d’attente de transport en commun, entre autres.

L’UQO agira également en fonction de son code de conduite dans l’éventualité où une personne aurait un comportement déplacé et présumé sous l’influence d’une substance, comme c’est le cas pour l’alcool.

Gilles Mailloux, directeur des communications, Université du Québec en Outaouais

Les responsables de plusieurs services de l’UQO consultent leurs homologues des autres universités québécoises afin de voir quelles sont les approches favorisées par l’ensemble des établissements universitaires, selon le directeur des communications de l’Université, Gilles Mailloux.

De l’autre côté de la rivière, la mesure législative autorisera uniquement la consommation de cannabis dans les habitations privées, ce qui limitera son usage en milieu de travail et dans les espaces publics sur le campus, souligne la gestionnaire des relations avec les médias de l’Université d’Ottawa, Isabelle Mailloux Pulkinghorn.

Restent toutefois les résidences étudiantes, qui pourraient éventuellement être considérées comme des habitations privées par le gouvernement ontarien. La consommation de cannabis y sera restreinte en fonction de l’âge, puisque seules les personnes de 19 ans et plus y seront autorisées.

L’Université d'Ottawa participe d’ailleurs au groupe de travail du Conseil des universités de l’Ontario, qui étudie les effets du cannabis sur les campus partout en Ontario.

Pour ce qui est de La Cité collégiale, l'établissement fera de la sensibilisation en collaboration avec l’association étudiante. Le collège devra également outiller les membres du personnel pour intervenir s’il y a quelqu’un qui est sous l’effet de la marijuana.

Le fumage du cannabis sera uniquement permis dans une zone prédéterminée du campus et ce sont les mêmes directives qui s’appliquent à l’alcool, aux drogues et aux médicaments qui seront mises en oeuvre, peut-on lire dans un courriel transmis à Radio-Canada.

Des étudiants ambivalents sur la question

À l'heure de la rentrée, certains étudiants croient que la légalisation n'aura pas d'impact, alors que d'autres y voient des bienfaits.

Déjà que ce n'est pas légal, ils le font déjà, donc je ne pense pas que ça va changer quelque chose, a affirmé l'étudiante Alexia Binet.

Hanza Ouassaddine croit plutôt que la légalisation aura un effet calmant sur son campus. Les gens pourront consommer comme ils veulent. Avant on ne les voyait pas, maintenant on va les voir. Je ne pense pas que ça va causer quelque chose de mauvais.

Or, les étudiants ne voient pas que du positif dans l'affaire. Peut-être qu'il y a du monde qui va [consommer] et que ça ne sera vraiment pas cool, peut-être que ça va faire un peu plus d'insécurité sur les campus, a souligné Hervé Egla.

Faire confiance aux étudiantes et aux étudiants

Stéphanie Demers en entrevue avec Radio-Canada dans la cafétéria de l'Université du Québec en Outaouais.Stéphanie Demers, professeure à l'UQO et chercheuse pour l'Enquête Sexualité Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire, salue le projet de loi déposé pour prévenir les violences sexuelles sur les campus de la province. Photo : Radio-Canada

Stéphanie Demers, professeure à l'Université du Québec en Outaouais, ne croit pas que la légalisation du cannabis aura un grand impact sur le campus et dans les salles de classe.

Si l’on fait le parallèle avec l’alcool, je n’ai pas l’habitude de recevoir des étudiants en état d’intoxication, dit-elle.

J’ai tendance à faire confiance aux étudiantes et aux étudiants sur cette question-là.

Stéphanie Demers, professeure à l'UQO

Elle croit que les professeurs doivent faire confiance aux étudiantes et aux étudiants qui sont des adultes et qui arrivent à l’Université avec une compréhension de leurs responsabilités.

Avec les renseignements de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Santé publique