•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec solidaire veut pousser l'industrie manufacturière vers le biocarburant

Plan rapproché des deux porte-parole de Québec solidaire.
Gabriel Nadeau-Dubois, vu ici avec Manon Massé, a présenté les détails d'une éventuelle « politique nationale de la biomasse québécoise ». Photo: Radio-Canada / Vianney Leudiere
Radio-Canada

Québec solidaire (QS) propose l'adoption d'une « politique nationale de la biomasse québécoise » qui amènerait les entreprises manufacturières à se libérer de leur dépendance aux énergies fossiles pour plutôt utiliser les résidus forestiers et agricoles existants.

Un texte de Bernard Barbeau

En plus de contribuer à diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES), la mesure annoncée redynamiserait l’industrie forestière, qui a traversé plusieurs crises au cours des dernières années.

Les co-porte-parole de QS, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, en ont fait l’annonce vendredi après-midi à Mont-Laurier, dans les Hautes-Laurentides, une région particulièrement affectée par ces crises.

« Le secteur manufacturier est responsable, au Québec, de plus du quart de nos émissions [de GES], a noté M. Nadeau-Dubois. Pourquoi? Parce qu’une bonne partie de ce secteur économique important carbure encore au mazout et au charbon. »

QS souhaite que l'industrie manufacturière se tourne plutôt vers le biocarburant de deuxième génération, une source d’énergie moins polluante, produite à partir de résidus forestiers inutilisés, la biomasse dont il est ici question.

Nous ne proposons pas, à Québec solidaire, de couper plus de forêts pour produire du biocarburant, mais bien de mieux utiliser les forêts que nous coupons déjà.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

« Pour y arriver, il faut un gouvernement visionnaire qui a le courage d’investir pour structurer cette filiale d’avenir dans toutes nos régions », a-t-il estimé.

La politique nationale de la biomasse québécoise comporterait deux grands volets :

  • un volet de conversion, c'est-à-dire un programme de prêts de 30 millions de dollars par année pour aider les entreprises à s’adapter. Elles rembourseraient le gouvernement grâce aux économies que le changement leur permettrait de réaliser;
  • un volet de soutien et de développement, soit un plan de 120 millions de dollars par année – de l’argent provenant du Fonds vert qu’un hypothétique gouvernement solidaire utiliserait différemment – visant l'implantation de bioraffineries dans les régions forestières ainsi que de centres de collecte de la biomasse.

Cette politique imposerait également une augmentation de la part du biocarburant québécois dans l’essence « afin de réduire notre dépendance au pétrole », a indiqué M. Nadeau-Dubois.

Des retombées positives

D'après QS, d’ici 2030, une politique nationale de la biomasse québécoise ferait passer de 1 à 8 % la part des biocarburants dans la consommation énergétique totale du Québec, créerait plus de 25 000 emplois, rapporterait 600 millions de dollars par année aux municipalités, et générerait 736 millions de dollars d'activités économiques dans les régions concernées.

« C'est ce dont les régions ont besoin, surtout celles qui ont été durement touchées par les crises récurrentes de l'industrie forestière », a estimé le co-porte-parole de QS.

« Ici, dans les Hautes-Laurentides, l’industrie forestière a vécu un passage à vide important à cause de la crise du bois d’oeuvre, a relaté le candidat solidaire dans Labelle, Gabriel Dagenais. On a perdu 1800 emplois directs ou indirects entre 2006 et 2010. »

Cette Politique nationale de la biomasse québécoise va donner un nouvel élan aux régions forestières du Québec et va sortir ces régions de la crise forestière permanente une fois pour toutes.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

Québec solidaire souhaite par ailleurs l'interdiction de l'éthanol, un biocarburant de première génération issu de la conversion de produits agricoles alimentaires.

Cette politique s'inscrit dans le cadre du Plan de transition économique de QS, que Manon Massé a présenté comme « le plus ambitieux plan économique que le Québec ait vu depuis des décennies ».

Les précédents engagements sur les infrastructures de transport collectif et sur la protection des aires marines s'inscrivaient aussi dans ce Plan de transition économique.

Politique provinciale

Politique