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Les autres partis de la campagne québécoise

Dépliants du Parti 51, montrant un drapeau mi-américain, mi-québécois, déposés sur une table.

Le Parti 51 veut faire du Québec un État américain.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Ils s'appellent Parti 51, Parti conservateur du Québec, Citoyens au pouvoir ou encore Parti culinaire. Ce sont quelques-unes des autres formations politiques dans la campagne électorale qui bat son plein au Québec. Au total, 22 partis politiques ont été autorisés par le Directeur général des élections. Un nombre record qui s'expliquerait par le fractionnement de l'électorat et une certaine désaffection envers la classe politique.

Un texte de Mathieu Gohier, de l'émission Les coulisses du pouvoir

Outre le Parti libéral, le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire, 18 autres partis se présentent comme la solution de rechange à la classe politique actuelle. À sa manière, chacun est unique en son genre.

Je veux que le Québec devienne le 51e État américain.

Hans Mercier, chef du Parti 51

Si son idée centrale sort de l'ordinaire, le chef du Parti 51 assure qu'il est sérieux dans sa démarche. Selon Hans Mercier, l'annexion aux États-Unis compterait une foule d'avantages économiques et permettrait de rallier beaucoup d'électeurs.

Le chef du Parti 51, Hans Mercier.

Le chef du Parti 51 Hans Mercier

Photo : Radio-Canada

« Un projet rassembleur qui pouvait à la fois aller chercher les anglophones, les francophones et qui pouvait à la fois aller chercher les souverainistes et les fédéralistes, je pensais que c'était vraiment l'option la plus optimale », explique-t-il en entrevue à Saint-Georges, en Beauce.

Le Parti 51 espère présenter une dizaine de candidats.

Clairement à droite dans l'échiquier politique, le Parti conservateur du Québec (PCQ) est décrit par son chef Adrien Pouliot comme « la suite de l'ADQ de Mario Dumont ».

Si le parti, qui n'a pas de lien avec le Parti conservateur du Canada d'Andrew Scheer, aura des candidats dans presque toutes les 125 circonscriptions de la province, sa campagne sera néanmoins plus concentrée dans la région de Québec.

« [Elle] a toujours été traditionnellement un peu plus conservatrice, la radio aussi, donc c'est beaucoup plus facile d'avoir du temps d'antenne à Québec », illustre M. Pouliot.

Ni à gauche ni à droite, le parti Citoyens au pouvoir veut radicalement modifier la façon dont sont prises les décisions de l'État. S'inspirant du modèle suisse, son chef Stéphane Blais fait campagne avec quelque 70 candidats pour instaurer une démocratie directe où les référendums d'initiative populaire formeraient le socle du modèle politique.

« Avec 100 000 signatures, on est en mesure de débattre de tout sujet et de trancher, de faire trancher la population », promet-il.

Plus ludique, le Parti culinaire fait de l'alimentation, de l'agriculture et du développement durable ses priorités, ce qu'il appelle la « gastronocratie ».

Mais le leader Jean-Louis Thémis, chef cuisinier et ancien professeur à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec, assure que sa démarche est sérieuse.

« Ce qui compte, c’est de respecter la nature, respecter ce qu’on mange, que si on mange bien on est en santé, ça va coûter beaucoup moins cher pour les gouvernements de nous soigner », nous répond-il en entrevue... dans sa cuisine!

Jean-Louis Thémis était déjà chef avant de faire de la politique.

Jean-Louis Thémis était déjà chef avant de faire de la politique.

Photo : Radio-Canada

Un rejet de la classe politique

On ne fonde pas un parti politique lorsqu'on est satisfait des partis déjà existants. Aux yeux de ces petits partis, les élus actuels ont souvent mauvaise réputation, comme l'indique Stéphane Blais.

On est contre la carrière en politique; si on prend le pouvoir, c'est un mandat de quatre ans seulement, et après les gens vont quitter.

Stéphane Blais, chef du parti Citoyens au pouvoir
Le chef du parti Citoyens au pouvoir, Stéphane Blais.

Le chef du parti Citoyens au pouvoir Stéphane Blais.

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche au Parti 51, dont le chef écorche ceux qu'il appelle « les politiciens de carrière ».

« Nous, on encourage beaucoup les gens qui ne sont pas des politiciens à se présenter sous la bannière du parti, pour vraiment faire un véritable changement », affirme-t-il.

Faire de la politique 2.0

Autobus, pancartes électorales, campagnes de publicité, les moyens des petites formations pour faire campagne ne peuvent se comparer à ceux des principaux partis. Si certains sont en mesure de se payer des affiches électorales, tous misent beaucoup sur les réseaux sociaux pour se faire connaître.

Les médias sociaux nous permettent de passer par-dessus cette barrière-là des médias traditionnels.

Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec

Mais les réseaux sociaux peuvent se révéler des couteaux à double tranchant. Le chef du PCQ l'a appris cette semaine en acceptant la démission d'un candidat qui avait tenu des propos racistes sur Facebook.

Le chef Adrien Pouliot entouré de ses candidats.

Le chef Adrien Pouliot entouré de ses candidats

Photo : Radio-Canada / Camille Simard

Fonder un parti, mais après?

Les petits partis sont créés par des militants très motivés, mais la vie des petites formations reste éphémère. Le professeur de sciences politiques à l'Université Laval Louis Massicotte en brosse un portrait réaliste.

« Beaucoup de partis formellement autorisés par le Directeur général des élections sont en fait des coquilles vides, ce sont des partis qui ont à peine une existence, qui bien souvent ne présentent pas de candidats aux élections et disparaissent après quelques années », résume M. Massicotte.

Les quatre partis présents à l'Assemblée nationale ont récolté 97,58 % des votes lors des dernières élections. N'empêche, la présence d'autant de formations sur la liste électorale serait le symptôme d'un phénomène plus grand, souligne Louis Massicotte.

La société est devenue plus complexe qu'auparavant. Même avec un mode de scrutin qui joue contre la prolifération des partis, c'est beaucoup plus difficile qu'autrefois de réduire tous les clivages de la société québécoise à seulement deux partis.

Louis Massicotte, professeur à l'Université Laval

Tous ces partis ne comptent pas accéder au pouvoir. Pour certains, faire parler de leurs idées est déjà une victoire en soi.

« On peut donner une autre piste de réflexion et les gens se disent : "Tiens! C'est pas fou ça, que par la gastronomie on peut quand même arriver à quelque chose de bon!" ».

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