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L’attraction de la main-d’œuvre, un enjeu électoral en Gaspésie

Le golfe Saint-Laurent, et au loin, le rocher Percé.

Le rocher Percé, en Gaspésie

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Radio-Canada

En une dizaine d'années, la population de la péninsule est passée de plus de 106 000 personnes à 92 000. La question démographique constitue un enjeu électoral. Arrêt dans la circonscription de Gaspé.

Un article de Marie-France Abastado, à Désautels le dimanche 

La région regorge d’emplois à pourvoir. Rien qu’au CISSS, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie, il y a près de 200 emplois non pourvus.

Pour le candidat libéral de Gaspé, Alexandre Boulay, il faut changer les perceptions à l’égard de la Gaspésie. « Il y a des milliers d’emplois en Gaspésie, et la perception, c’est qu’il n’y en a pas, alors que c’est tout le contraire ». La région doit, selon lui, renverser la vapeur et augmenter sa population.

Alexandre Boulay

Alexandre Boulay, candidat libéral dans Gaspé

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

On l’a fait en 2017 et on a eu, pour une des rares fois, un solde migratoire positif. Donc, on a la capacité de changer notre destin et d’amener des gens.

Le candidat libéral Alexandre Boulay

Le reportage de Marie-France Abastado est diffusé le 2 septembre à  Désautels le dimanche sur ICI Première.

Vivre en Gaspésie

C’est sur cette disponibilité des emplois, mais aussi sur la qualité de vie imbattable de la région que mise la Stratégie vivre en Gaspésie, qui a vu le jour au début des années 2000.

Le but de cet organisme, qui regroupe une cinquantaine de partenaires publics et privés, est d’amener de nouveaux arrivants dans la région. « On attire environ 1800 personnes par année. Pour arriver à un équilibre et commencer à avoir une croissance, il faudrait en attirer 400 de plus par année », explique Danik O’Connor, coordonnateur de la Stratégie vivre en Gaspésie.

Pour y arriver, l’organisme emploie une agente de communication qui fait la promotion de la région et mise sur des campagnes publicitaires audacieuses.

Sur le trottoir, un grand panneau où on voit la mer et le rocher Percé. Devant le panneau, des Gaspésiens attablés autour d'un plat de fruits de mer.

La campagne publicitaire de la Stratégie Vivre en Gaspésie dans le centre-ville de Montréal en mai 2018

Photo : Stratégie vivre en Gaspésie

En plein centre-ville de Montréal, par exemple, des passants se sont fait proposer une expérience de réalité virtuelle. Dans le casque, les paysages époustouflants de la Gaspésie et ses sympathiques habitants.

Pendant que les participants ont le casque sur la tête, on a monté un décor avec une photo géante de la mer et du rocher Percé qu’ils découvrent en enlevant les lunettes. Devant eux, les Gaspésiens vus dans la vidéo sont là en chair et en os et les invitent à partager des produits régionaux.

Si la Stratégie vivre en Gaspésie a l’appui de nombreux ministères québécois et un budget d’un peu plus d’un million dollars, son coordonnateur, Danik O’Connor, souhaiterait que le prochain gouvernement s’engage à investir encore davantage pour l’attraction et surtout la rétention de nouveaux résidents.

« Il faudrait développer un programme et il devrait y avoir des budgets réservés à ça pour l’ensemble des régions au niveau provincial », estime Danik O’Connor.

Des promesses après des compressions

Renverser le déclin démographique est certainement un enjeu électoral dans cette circonscription.

Le libéral Alexandre Boulay s’engage notamment à augmenter de façon substantielle, mais sans donner de sommes pour l’instant, le financement de la Stratégie vivre en Gaspésie. C’est pourtant son parti qui a réduit les budgets de cette initiative, qui avait fait ses preuves depuis le début des années 2000.

Attirer des jeunes

La Stratégie vivre en Gaspésie cherche à attirer des familles, mais aussi des jeunes. Car au chapitre du vieillissement de la population, la Gaspésie est en avance de cinq ans sur le reste du Québec.

Mégane Perry-Melançon

Mégane Perry-Melançon, candidate du Parti québécois dans Gaspé

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

« J’ai 28 ans et, pour moi, le retour des jeunes en région est prioritaire », dit la candidate du Parti québécois dans Gaspé, Mégane Perry-Melançon. Elle compte, entre autres, appuyer l’élaboration de nouveaux programmes au cégep, comme celui en énergie renouvelable.

Développer les études postsecondaires et faire des cégeps un pôle d’attraction de la jeunesse, le directeur du Cégep de la Gaspésie et des Îles, Yves Galipeau, y croit très fort.

Il est convaincu que la présence du cégep atténue le déclin démographique.

En restant ici plus longtemps, les jeunes s’imprègnent davantage en Gaspésie des réalités et des besoins de leur communauté.

Yves Galipeau, directeur du Cégep de la Gaspésie et des Îles

Yves Galipeau souligne aussi l’aspect attractif de la présence d’un cégep. « Un étudiant sur trois nous vient de l’extérieur de la Gaspésie. On recrute également à l’étranger. »

Le directeur du Cégep souhaite que le gouvernement appuie résolument l’enseignement supérieur en région avec des budgets prévisibles. La preuve de l’apport des cégeps en termes de relèvements des qualifications des régions n’est plus à faire, selon lui.

En tout cas, la Coalition avenir Québec va dans le même sens et la plateforme électorale du parti stipule que les cégeps régionaux devraient être considérés comme des pôles de développement économique. Il n’y a pas de doute, a déjà déclaré le nouveau candidat de la CAQ dans Gaspé, Louis Lebouthillier, que son parti est un parti des régions.

Laurie Boissonneault

Laurie Boissonneault

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Il n’y a pas de plus bel exemple du rôle des cégeps dans l’attraction des jeunes que celui de la Sherbrookoise d’origine Laurie Boissonneault, copropriétaire de la microbrasserie Frontibus à Rivière-au-Renard. Ce sont les études qui l'ont menée en Gaspésie.

Il n’y a pas assez de publicité, les jeunes ne savent pas qu’il y a un cégep ici à Gaspé.

Laurie Boissonneault

Laurie Boissonneault est convaincue qu’elle fera le reste de sa vie dans la région. En attendant, sa microbrasserie contribue à l’économie de Rivière-au-Renard et aussi à attirer d’autres jeunes.

La devanture du commerce.

La microbrasserie Frontibus à Rivière-au-Renard

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Contrer le déclin démographique par l’immigration

Favoriser l’occupation du territoire passe aussi par l’immigration en région. Et c’est d’ailleurs une demande du maire de Gaspé, Daniel Côté, qui souhaiterait une véritable politique de régionalisation de l’immigration.

Ce n’est pas normal que plus de 80 % des immigrants qui entrent au Québec s’installent à Montréal, alors qu’il y a plus de 60 % des emplois qui se trouvent à l’extérieur de Montréal!

Daniel Côté, maire de Gaspé

L’auteur-compositeur-interprète Juan Sebastian Larobina, un des immigrants les plus connus de la région, peut en témoigner. Il tient une cantine latino-gaspésienne au bord de la plage, près de Gaspé, où on sert de la poutine et des tacos.

Juan Sebastian Larobina

Juan Sebastian Larobina

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

J’ai toujours été bien accueilli par les Gaspésiens. L’immigration en région, c’est autre chose que l’immigration en ville, c’est beaucoup plus facile de t’intégrer. T’as pas le choix, t’as pas de ghetto qui va te protéger. Tu t’intègres ou tu te désintègres!

Juan Sebastian Larobina

Juan Sebastian Larobina est lui aussi convaincu que le prochain gouvernement du Québec pourrait faire beaucoup plus pour favoriser l’immigration en région. C'est aussi le cas du candidat de Québec solidaire dans Gaspé, Alexis Dumont-Blanchet qui croit que toute politique de développement régional devrait inclure un volet sur l’immigration.

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