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ALENA : les discussions reprendront mercredi prochain

Les détails avec Philippe-Vincent Foisy
Radio-Canada

Malgré l'échéance fixée en début de semaine par le président Trump, les négociations entre le Canada et les États-Unis sur la modernisation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui ont été suspendues vendredi, reprendront mercredi prochain.

« Tout le monde a travaillé très, très fort et nous faisons du progrès », a assuré la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, vendredi après-midi à l'issue d'un marathon de négociations de quatre jours à Washington.

Lundi, le président américain Donald Trump avait fixé à vendredi la date butoir pour que le Canada se joigne à l'entente conclue entre son pays et le Mexique avant que celle-ci soit présentée au Congrès.

Au cours d'un point de presse pour faire le point sur la situation, Mme Freeland a été avare de détails sur les négociations, mais s'est montrée optimiste. « Nous savons qu’un accord gagnant-gagnant-gagnant est à notre portée », a-t-elle assuré, insistant sur l'importance d'un bon accord pour les trois partenaires commerciaux.

Mme Freeland a été bombardée de questions sur l'attitude de Donald Trump et des négociateurs américains, dans la foulée de propos supposément tenus sous le sceau de la confidentialité par le président lui-même. En matinée, un article du Toronto Star révélait que le président américain avait officieusement déclaré à des journalistes américains qu’il ne comptait faire aucun compromis dans les négociations avec le Canada.

Ses commentaires avaient eu l'effet d'une douche froide sur la délégation canadienne chargée de négocier les termes de l’ALENA.

Évitant de parler du président, Mme Freeland a vanté l'attitude du représentant au commerce, Robert Lighthizer.

Mon homologue dans ces négociations est le représentant Lighthizer et, comme je l'ai déjà dit, il fait preuve de bonne foi et de bonne volonté à la table des négociations.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

« Le gouvernement du Canada ne signera cet accord que s’il est avantageux pour le Canada et les Canadiens », a martelé la ministre Freeland.

Interrogée sur des points litigieux comme la gestion de l'offre et le mécanisme de résolution des différends, la ministre Freeland s'est retranchée à plusieurs reprises derrière la volonté commune des deux parties de ne pas négocier en public.

L'entente Mexique–États-Unis renvoyée devant le Congrès

Dans un communiqué, le bureau du représentant Lighthizer a qualifié les pourparlers en cours avec le Canada de « constructifs » et a déclaré que les négociateurs continuaient « de travailler à la conclusion d'un accord ».

Il a par ailleurs indiqué que le président Trump avait officiellement signifié au Congrès « son intention de signer une entente commerciale avec le Mexique – et avec le Canada s'il le désire – dans 90 jours ». Le Congrès doit disposer de ce délai pour étudier toute nouvelle entente commerciale.

Le président Trump tenait à présenter ce vendredi l'entente bilatérale conclue avec le Mexique afin de permettre au gouvernement mexicain sortant d'accorder son aval à l'accord avant de céder sa place au président élu, Andrés Manuel Lopez Obrador, qui doit prendre ses fonctions le 1er décembre.

En outre, le contrôle du Congrès pourrait échapper aux républicains à partir de janvier prochain si les démocrates remportent les élections de mi-mandat, en novembre.

Trump dit qu'il ne fera aucun compromis

Lors d'un rassemblement à Charlotte, en Caroline du Nord, le président Donald Trump a évoqué les négociations avec le Canada.Lors d'un rassemblement à Charlotte, en Caroline du Nord, le président Donald Trump a dit « aimer » le Canada en dépit des taxes « injustes » qu'il impose sur les produits américains. Photo : Reuters / Yuri Gripas

Lors d'un rassemblement à Charlotte, en Caroline du Nord, le président Donald Trump est revenu sur ses propos, que le Toronto Star a publiés.

Comme il l'avait fait sur Twitter en milieu d'après-midi, il a protesté contre la publication de ses commentaires, affirmant qu'ils devaient rester « confidentiels ». « Au moins, le Canada sait où je me positionne », a-t-il ajouté.

Selon le Toronto Star, M. Trump a affirmé que le seul accord possible avec le Canada devait être « totalement à nos conditions ». Le président américain a laissé entendre que ses menaces répétées d'imposer des tarifs douaniers faisaient peur aux Canadiens.

M. Trump a soutenu devant les journalistes du Wall Street Journal qu’il ne pouvait pas dire cela publiquement parce que « ce serait si insultant » que les Canadiens ne pourraient signer l’entente.

Des sources au fait des négociations ont fait savoir que les négociateurs canadiens avaient évoqué ces propos, mais que les discussions demeuraient malgré tout « professionnelles ».

Les points en litige

Depuis des mois, les négociateurs de l’administration Trump tentent d’ouvrir une brèche dans le système canadien de gestion de l’offre, surtout après qu’Ottawa eut concédé environ 10 % de la part du marché canadien aux agriculteurs étrangers lors de la signature de l'Accord économique et commercial global (AECG) et du Partenariat transpacifique (PTP).

Justin Trudeau, qui subit la pression du Québec, a cependant promis de défendre la gestion de l'offre.

Le Canada entend bien sauver aussi, dans ces négociations, le mécanisme de résolutions des différends, officiellement baptisé chapitre 19, qui permet aux entreprises jugeant que leurs produits sont injustement visés par des mesures antidumping ou des tarifs douaniers de réclamer l’arbitrage d’un tribunal indépendant.

L’exception culturelle

Parmi les autres dossiers qui peuvent être abordés au cours des pourparlers figure le maintien de l’exception culturelle, qui protège les productions culturelles et artistiques canadiennes, notamment contre la forte influence de l’industrie culturelle américaine.

Lors des négociations antérieures de l’ALENA, tous les biens et services culturels avaient été soustraits aux règles du commerce établies par le traité en raison notamment de leur aspect hautement identitaire pour chacun des pays impliqués.

La renégociation de l'ALENA a été imposée de manière unilatérale au Canada et au Mexique par Donald Trump il y a un peu plus d'un an, ce dernier jugeant l'accord initial « désastreux » pour l'économie américaine.

L’entente conclue lundi entre les États-Unis et le Mexique porte entre autres sur l’industrie automobile et prévoit qu’un pourcentage plus élevé de composants sera produit localement. Il inclut aussi une disposition pour revoir l’accord à intervalles réguliers.

Avec les informations de Agence France-Presse

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