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L’épaulard est devenu le talon d’Achille de Trans Mountain

Des épaulards nagent au large de Victoria.
L'épaulard du Pacifique Nord-Ouest fait partie des espèces en voie de disparition au Canada. Photo: Eagle Wing Tours and Shorelines Photography/Valerie Shore
Radio-Canada

La Cour d'appel fédérale juge que l'Office National de l'énergie (ONE) a commis une « erreur critique » en omettant d'évaluer les répercussions que le transport maritime du pétrole des sables bitumineux pourrait avoir sur les épaulards.

Dans la décision de 200 pages, rendue jeudi matin par la Cour d’appel fédérale, annulant l’approbation du gouvernement pour l'expansion de Trans Mountain, les épaulards résidents du sud de la Colombie-Britannique sont mentionnés au moins 57 fois.

Le tribunal a statué que l'examen de l'Office national de l'énergie était tellement imparfait que le gouvernement fédéral n'aurait pas dû s'y fier lorsqu'il a donné son approbation finale en novembre 2016.

Il ressort très clairement de cette décision que les critères d’évaluation environnementale et les exigences de la Loi sur les espèces en péril ne sont pas facultatifs et qu’ils doivent être pris au sérieux.

Dyna Tuytel, avocate à Ecojustice

Lecture étroite de la loi

Le projet n’a pas été évalué selon les normes environnementales en vigueur ni en conformité avec la Loi sur les espèces en péril.

L’ONE a reconnu que le projet avait des effets négatifs importants sur les épaulards résidents du sud, mais en définissant le projet de façon trop restrictive, l’Office avait déclaré que celui-ci n’aurait probablement pas d’effets négatifs importants.

Dyna Tuytel, avocate à Ecojustice

Le professeur de zoologie de l'Université de Colombie-Britannique et président du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Éric Taylor, dit qu’il n’est pas surpris de la décision de la Cour d'appel fédérale étant donné la menace qui pèse sur les épaulards résidents du sud durent depuis plus d’une décennie.

Je pense que le tribunal n’avait pas d’autre choix que de le faire.

Éric Taylor, professeur de zoologie à l'Université de Colombie-Britannique et président du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

En juin, Pêches et Océans Canada s'est engagé à prendre des mesures pour assurer la survie des épaulards, reconnaissant les menaces qui pèsent contre eux. Depuis que l’ONE a examiné le projet, la population d'épaulards résidents du sud de la Colombie-Britannique a diminué de plus de 8 %.

À la place des 5 navires actuels, 34 pétroliers traversaient chaque mois l’Anse Burrard pour transporter 120 000 tonnes de bitume.

Selon le rapport de l'ONE, Trans Mountain a reconnu le bruit supplémentaire que le projet créerait, mais a soutenu que les voies de navigation « continueraient à accueillir le trafic maritime avec ou sans le projet et que les répercussions sur les épaulards résidents du sud continueraient avec ou sans l'expansion du pipeline ».

Ce n'est pas la première fois que des préoccupations environnementales minent un projet de développement pétrolier. Parmi les obstacles ayant conduit le géant de l’énergie TransCanada à abandonner son projet d'oléoduc Énergie Est, on compte les inquiétudes concernant l'impact qu'aurait eu le port de Cacouna sur la population de bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent.

Colombie-Britannique et Yukon

Protection des espèces