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Mettre un frein à l'itinérance chez les jeunes à Ottawa

Des bénévoles derrière une table.
Jonathan Desjardins, à droite, est bénévole auprès de l'organisme Opération Rentrer au foyer. Photo: Radio-Canada / Yasmine Mehdi
Radio-Canada

Des bénévoles organisaient un barbecue, jeudi après-midi, près de l'hôtel Lord Elgin, à Ottawa, afin d'amasser des fonds pour l'Opération Rentrer au Foyer, un organisme qui vient en aide aux jeunes itinérants. Leur mission : briser le cycle de l'itinérance chez les jeunes.

Selon un rapport de l'Alliance pour mettre fin à l'itinérance, 900 jeunes sans-abri de moins de 25 ans utilisent des refuges de la capitale nationale. Selon le même organisme, l'itinérance chronique, c'est-à-dire qui perdure sur de longues périodes, a augmenté de 21 % entre 2014 et 2017 à Ottawa.

C'est justement pour mettre un frein au cycle de l'itinérance chronique que des organismes comme Opération Rentrer au foyer agissent auprès des jeunes de 16 à 23 ans.

Le directeur des communications, Éric Bollman, explique que l’organisme a choisi de cibler les jeunes parce qu’il est plus facile pour eux de sortir de ce cycle, notamment en terminant leur école secondaire et en trouvant un emploi.

Notre mission, c’est que les jeunes qui sont sans-abri aujourd’hui ne devienne pas des adultes sans-abri.

Éric Bollman

Chaque année, plus de 1000 jeunes entrent à Opération Retour au foyer, explique M. Bollman. Il y a beaucoup de problèmes avec la santé mentale et la consommation et ces problèmes sont tous liés. C’est beaucoup plus que seulement les drogues. C’est un problème qui n’est pas nécessaire. C’est quelque chose qu’on voit qu’on peut changer, dit-il.

Manque de financement

Par ailleurs, l’organisme dispose de peu de moyens et dépend surtout de dons. L’organisme ne reçoit pas de financement stable de la part des gouvernements.

Jonathan Desjardins, un bénévole, donne de son temps à Opération Rentrer au foyer depuis maintenant un an, notamment parce qu’il a lui-même un fils adolescent. Les gens qui travaillent ici, c’est une vocation, raconte le bénévole.

Sortir de la rue, ça veut dire devenir autonome, être capable de prendre soin de soi-même et d’intégrer la société.

Jonathan Desjardins

Il raconte que l’un de ses meilleurs souvenirs est avec un jeune itinérant avec lequel il travaillait sur le programme Bottleworks, où des jeunes font la collecte de bouteilles vides dans des restaurants et des hôtels, entre autres.

Malheureusement, il provenait d’une famille dysfonctionnelle avec beaucoup de problèmes de consommation. Il s’est retrouvé à la Mission d’Ottawa. Il a appris qu’on pouvait l’embaucher, donc j’ai passé beaucoup de temps avec lui dans le camion, et j’ai appris autant de lui que, je l’espère, lui a appris avec moi, dit M. Desjardins.

On serait surpris de voir le niveau d’intelligence et d’ouverture d’esprit que ces jeunes-là ont. Ce jeune-là m’a tellement ouvert les yeux sur la réalité d’être un ado aujourd’hui. Ça n’a pas de prix pour moi, dit-il.

Des histoires de succès

Un portrait de Lyra Evans, devant un arrière-plan neutre.Lyra Evans est la candidate du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario aux élections provinciales ontariennes du 7 juin 2018 dans la circonscription d'Ottawa—Vanier. Photo : Nouveau Parti démocratique de l'Ontario

Lyra Evans, une Ottavienne qui était la candidate du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario dans la circonscription Ottawa–Vanier lors des dernières élections provinciales, a passé plusieurs mois dans la rue. Elle bénéficiait du programme d'aide alimentaire d'Opération Rentrer au foyer alors qu'elle était adolescente.

Lorsque quelqu’un entre dans un cycle d’itinérance, il est très difficile d’en sortir, a-t-elle confié.

Mme Evans explique l'importance de briser le cycle de la pauvreté chez les jeunes avant que cela ne devienne un mode de vie. Elle s'en est sortie, elle a maintenant un logement, elle étudie présentement la chimie à l'Université d'Ottawa, mais elle est bien consciente que ce n'est pas le cas de tout le monde.

ACORN demande plus de logements sociaux

La Ville d'Ottawa a construit 1800 logements abordables depuis les huit dernières années, mais la liste d'attente comporte encore 11 000 familles.

Par ailleurs, mercredi, le groupe ACORN, un organisme qui milite pour plus de logements abordables dans la capitale, organisait un événement pour demander aux candidats aux élections municipales d'améliorer l'offre en logements sociaux, une demande partagée par les organismes d'aide à l'itinérance.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Pauvreté