•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cinq questions sur l’avenir d’Algoma Steel Inc. de Sault-Sainte-Marie

Aciérie Algoma en bordure de la rivière St. Mary's à Sault-Sainte-Marie.

Le nouveau propriétaire d’Algoma voudrait prendre possession de l’aciérie de Sault-Sainte-Marie dès le 30 septembre.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Mathieu Tremblay

Radio-Canada

C'est le 30 septembre que l'aciérie Algoma doit en principe, passer aux mains de nouveaux propriétaires à Sault-Sainte-Marie.

Un texte de Caroline Bourdua

L'un des principaux employeurs de cette ville nord-ontarienne, frontalière avec les États-Unis, aura mis presque trois ans avant de s'entendre avec ces créanciers à qui elle devait plus d'un milliard 200 millions de dollars.

Avec un marché de l’acier frappé par des tarifs douaniers américains, comment Algoma peut-elle renaître de ses cendres ?

Nous avons posé cinq questions à l’économiste indépendant Donald Rumball.

Donald Rumball, économiste indépendant le 28 mars 2018Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Donald Rumball, économiste indépendant le 28 mars 2018

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

1. Essar Steel Algoma n’est plus protégée par la Loi sur les arrangements avec les créanciers de compagnies. Qu’est-ce que cela change pour l’aciérie canadienne ?

Algoma a vendu ses actifs, et non la compagnie, explique M. Rumball. Donc, tout ce qui est propriété d’Algoma sera acheté par cette compagnie à numéro de la Colombie-Britannique. La compagnie même restera avec l’argent des stocks, qui paieront 75 % de la dette.

Cette transaction selon M. Rumball est une façon d’organiser les actifs, de sorte que la nouvelle entité n’ait plus aucune obligation pour les dettes ni pour les obligations passées.

Un montant de 300 M$ de dette demeurera avec les avoirs de la compagnie. Ceci étant dit, explique M. Rumball, toutes les difficultés liées à la dette et aux créanciers sont chose du passé.

2. Qu’arrive-t-il aux sommes que devait Essar Steel Algoma à une centaine de fournisseurs et compagnies ?

Il se pourrait que ces entités ne soient pas toutes remboursées, croit Don Rumball.

Mais les parties ont donné l’assurance que les dettes totalisant 25 millions de dollars seraient entièrement remboursées. L’argent utilisé pour payer les actifs se retrouvera au sein de l’ancienne compagnie Essar Steel Algoma et à ce moment, il y aura négociation avec les créanciers, dont la Ville de Sault-Sainte-Marie, et les petites entreprises, pour qu’elles soient remboursées en tout ou en partie, d’ici le 30 septembre.

Selon l’économiste indépendant, il serait étonnant que cette date pour finaliser la transaction soit repoussée, parce que l’arrangement financier satisfait toutes les parties.

De la vapeur s'élevant de l'intérieur d'une usine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'usime Algoma à Sault Sainte-Marie en Ontario

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

3. Lorsqu’Essar Steel Algoma avait demandé la protection des tribunaux, le prix de l’acier était à son niveau le plus bas. Est-ce le cas maintenant ?

Avec les tarifs douaniers imposés par les Américains, il est possible que des pays étrangers tentent d’inonder le Canada avec leur acier afin d’éviter de payer plus cher en le vendant aux États-Unis. Par ailleurs, il sera intéressant de savoir qui se cache sous la compagnie à numéro britanno-colombienne en tant que nouveau propriétaire de l’aciérie Algoma, dit M. Rumball.

C’est pas normal pour une compagnie de l’importance d’Algoma d’être vendue à des gens tout à fait inconnus.

Don Rumball, analyste financier indépendant

C’est fort possible que ce soit des étrangers qui sont propriétaires, mais on ne le saura que lorsque la vente sera complétée. Lorsqu’on voit qu’une entreprise est achetée par une compagnie à numéro et qu’on ignore qui sont les actionnaires, c’est à mon avis, une question qui devrait être réglée avant que l’on procède, croit Don Rumball.

Pas besoin d’enquête

Le Bureau de la concurrence n’aura pas à intervenir dans la vente d’Essar Steel Algoma, car l’acier ne fait l’objet d’aucun monopole.

Toutefois, M. Rumball espère qu’une fois la transaction complétée, les nouveaux propriétaires s’identifieront publiquement.

4. Que devra faire la nouvelle entité pour être compétitive et rentable ?

Il est possible que les tarifs douaniers sur l’acier disparaissent avec une nouvelle entente de libre-échange, explique M. Rumball, car à ce moment, le Canada pourra vendre aux Américains sans problème. L’exportation de l’acier est surtout pour l’industrie automobile et l’ALÉNA renégocié serait alors bénéfique pour l’usine de Sault-Sainte-Marie.

Le pont international de Sault-Sainte-Marie en Ontario.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le pont international de Sault-Sainte-Marie en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Natacha Lavigne

5. Est-ce normal qu’une entreprise de la taille d’Algoma mette trois ans avant de se soustraire à la protection qu’elle avait obtenue des tribunaux ?

C’est long, mais ce n’est pas anormal, dit M. Rumball, en comparant la situation d’Algoma à celle de Nortel qui s’était placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies pendant cinq ans.

Dans le cas d’Essar Steel Algoma, il explique que tous voulaient éviter la fermeture définitive de l’aciérie.

Il a donc fallu trouver quelqu’un pour reprendre les activités et à cause d’un marché mal en point, très peu d’acheteurs s’étaient manifestés.

Sans un acheteur des actifs d’Essar Steel Algoma, il aurait été impossible d’éviter une fermeture totale, conclut Donald Rumball.

Nord de l'Ontario

Emploi