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Trans Mountain : l'Alberta consternée

Une barge est accostée au terminal Westbridge de Kinder Morgan, d'où des tuyaux transportent son carburant d'aviation vers l'aéroport de Vancouver.
Tim McMillan croit que ce revers va renforcer la réputation du Canada d'être un endroit où il est difficile d’investir. Photo: Reuters / Chris Helgren
Radio-Canada

La décision de la Cour d'appel fédérale d'invalider le certificat permettant l'expansion du pipeline Trans Mountain provoque la consternation en Alberta. Plusieurs se désolent de voir le projet à nouveau retardé de plusieurs mois.

Un texte de François Joly et Marie-Pier Mercier

« On dirait que le Canada est incapable de vendre notre énergie sur les marchés internationaux. C'est une mauvaise nouvelle pour les travailleurs canadiens, mais c'est une bonne nouvelle pour Donald Trump et la dictature de l'OPEP [Organisation des pays exportateurs de pétrole] », a déclaré jeudi après midi, le chef du parti conservateur uni, Jason Kenney.

Il ajoute que le Canada perd des milliards de dollars en investissements qui se dirigent plutôt vers les États-Unis. C'est aussi ce que croit l'Association canadienne des producteurs pétroliers.

Nous vendons notre énergie à rabais. Nous avons un seul client, les États-Unis, et nous avons une demande globale qui continue de grandir. Ces marchés comme la Chine et l’Inde, le Canada pourrait les alimenter, mais nous continuons à ne pas construire les infrastructures qui nous permettraient de le faire.

Tim McMillan, président de l’Association canadienne des producteurs pétroliers

« C’est vraiment frustrant. Ce projet est passé par un processus de consultation très solide, et maintenant, ce processus est jugé inadéquat par la cour, se désole le président de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan. Il semble que ça pourrait entraîner des retards supplémentaires. »

Tim McMillan accord une entrevue dans les bureaux de son association. Le président de l'Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan, affirme que les nouveaux plafonds imposeront des coûts importants aux entreprises albertaines. Photo : Radio-Canada

Il croit que ce revers va renforcer la réputation qu'a le Canada d’être un endroit où il est difficile d’investir. Il ajoute que le Canada perd des milliards de dollars en investissements qui se dirigent plutôt vers les États-Unis.

M. McMillan demande au gouvernement fédéral de simplifier le processus d’évaluation des projets afin que les entreprises sachent à quels critères elles doivent répondre. Il souhaiterait aussi que les tribunaux fixent des objectifs clairs à atteindre pour qu’un projet soit accepté. Il ajoute que la réforme du processus d’évaluation présentée par Ottawa va au contraire rendre encore plus difficile l’approbation des projets d’infrastructure énergétique.

Ces craintes sont partagées par le doyen de la faculté d'administration de l'Université de l'Alberta, Joseph Doucet. « Ça ne peut que décourager les investisseurs internationaux et canadiens de voir des projets comme celui-ci se concrétiser. »

Il n'est donc pas surpris de la décision des actionnaires de Kinder Morgan Canada de voter à 99 % pour la vente du pipeline Trans Mountain au gouvernement fédéral.

Dans un communiqué, le porte-parole du projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, Ian Anderson, affirme que l’entreprise demeure déterminée à bâtir la nouvelle canalisation. Il ajoute que Trans Mountain prend les mesures nécessaires pour suspendre les travaux de façon sécuritaire et ordonnée.

Le boulet s’alourdit pour Rachel Notley

Selon le professeur de science politique à l’Université Mount-Royal Duane Bratt, c’est la première ministre albertaine qui subira les pires conséquences de ce jugement.

C’est vraiment un coup dur pour elle. Jason Kenney va dire que ce jugement est horrible, mais en privé, il va se réjouir parce que ça va aider à assurer son élection.

Duane Bratt, professeur de science politique à l’Université Mount-Royal

Il croit cependant que malgré son lourd coût politique, le jugement ne remet pas en cause la faisabilité du projet. Plusieurs des arguments des opposants n’ont pas été retenus. Le jugement stipule également que le processus d’évaluation n’a pas à être repris dans son entièreté. Une consultation plus restreinte, notamment pour étudier la hausse du trafic maritime au large de la Colombie-Britannique, serait suffisante.

Duane BrattDuane Bratt est professeur de science politique de l’Université Mount-Royal Photo : Radio-Canada

Duane Bratt croit aussi que la décision de la cour rend encore plus difficile à vendre l’argument employé par Justin Trudeau et Rachel Notley que l’imposition d’une taxe sur le carbone facilitera la construction de nouveaux pipelines.

« Elle a eu tort depuis le début. La décision de la cour prouve que le gouvernement de l'Alberta et la première ministre de Rachel Notley ont pris la mauvaise direction en argumentant continuellement que la taxe sur le carbone est nécessaire pour que le pipeline soit construit », conclut Jason Kenney.

Rachel Notley s'adressera aux médias jeudi, vers 18 h.

Alberta

Industrie pétrolière