•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • Archives
  • L’École du meuble refuse globalement Paul-Émile Borduas

    À l'intérieur, le peintre québécois Paul-Émile
Borduas est assis sur un banc, devant une
toile (peinture) accrochée au mur.
    Paul-Émile Borduas a eu une influence considérable sur l'évolution de l'art pictural au Québec ainsi que sur la société québécoise. Photo: Radio-Canada

    En 1948, la publication du pamphlet Le refus global provoque plusieurs retombées pour ses signataires. Par exemple, l'instigateur du manifeste, Paul-Émile Borduas, perd son emploi. Nos archives possèdent des témoignages sur les conséquences de ce renvoi pour l'artiste et aussi sur l'influence de Paul-Émile Borduas sur la peinture au Québec.


    Paul-Émile Borduas rejeté pour avoir osé refuser

    Paul-Émile Borduas enseigne à l’École du meuble de Montréal à partir de 1937. Ses conceptions artistiques se radicalisent vers cette période-là. Il adhère au courant surréaliste et s’éloigne de l’art figuratif traditionnel.

    Des explorations picturales de Paul-Émile Borduas et de ses amis peintres surgit ce qu’un critique appelle, avec mépris, le mouvement automatiste.

    En août 1948, Paul-Émile publie Le refus global qui constitue une charge en règle contre l'obscurantisme et l’immobilisme de la société canadienne-française.

    Cette dernière se venge de Paul-Émile Borduas de manière cinglante. On lui coupe tout simplement les moyens de subsister. L’École du meuble de Montréal le congédie.

    Le peintre tente de justifier ses propos dans un manifeste, Projections libérantes, publié en février 1949. L’École du meuble de Montréal maintient sa décision.

    Dans un reportage de l’émission Actualités 24 présenté le 11 octobre 1973, le journaliste Jean Ducharme s’entretient avec deux spécialistes de l'oeuvre de Paul-Émile Borduas.

    La directrice du Musée d'art contemporain de Montréal Fernande Saint-Martin et l’historien de l’art François-Marc Gagnon analysent le parcours de l'artiste. François-Marc Gagnon parle notamment du contexte qui a suscité le licenciement de Paul-Émile Borduas par L’École du meuble.

    Ce congédiement a des conséquences catastrophiques dans la vie de Paul-Émile Borduas. Sans gagne-pain, au ban de la société, il doit vendre sa maison. Les difficultés financières font voler son couple en éclats.

    Un exil pour pouvoir respirer

    Paul-Émile Borduas décide alors de larguer les amarres. Il s’exile tout d’abord en Nouvelle-Angleterre, dans la ville de Provincetown. Il espère y trouver un environnement moins obscurantiste et étriqué qu’au Québec.

    Il déménage ensuite à New York. Dans la métropole américaine, il fréquente assidûment les expositions, notamment celles des peintres du mouvement de l'« Action Painting  », courant de l’expressionnisme américain.

    Cette rencontre, notamment avec les œuvres de Jackson Pollock et de Franz Kline, transforme sa démarche picturale. Elle s’épure et élimine les signes et les symboles. L’artiste réduit sa palette pratiquement au noir et blanc.

    En 1955, Paul-Émile Borduas traverse l’Atlantique et s’installe à Paris. C’est à cette époque qu’il accorde à la journaliste Judith Jasmin une entrevue présentée à l’émission Carrefour le 2 mai 1957.

    L'entrevue est un des rares témoignages télévisuels que l'on possède de Paul-Émile Borduas. Il y parle de son évolution et aussi des chemins divergents que prend la peinture à Paris et à New York.

    À Paris, le peintre n'obtient malheureusement pas le succès qu’il avait escompté. Les critiques d’art et les galeristes voient son travail mais ne s'y intéressent pas.

    Selon l’historien de l’art François-Marc Gagnon, l’austérité des toiles de Paul-Émile Borduas ne correspond pas au goût français. Celui-ci est alors plus proche de l'esthétisme du peintre Paul Cézanne, beaucoup plus coloré.

    Le 22 février 1960, Paul-Émile Borduas s’éteint dans son atelier parisien, victime d’un malaise cardiaque. Il n’a que 54 ans.

    Le public peut actuellement admirer son œuvre dans la première rétrospective qui lui est consacrée au Québec depuis 40 ans.

    Le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul présente l’exposition La révolution Borduas jusqu’au 4 novembre prochain. L'exposition rassemble 60 de ses tableaux, des photos, des sculptures et des aquarelles.

    C’est une occasion à ne pas rater pour mieux comprendre la contribution de Paul-Émile Borduas à l’évolution de l'art pictural au Québec.

    Encore plus de nos archives

    Archives

    Arts