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Médecins de famille : Couillard souhaite réduire la rémunération des médecins qui n'atteindront pas les cibles

Une médecin examine une patiente avec un stéthoscope.

Philippe Couillard veut que 90 % des Québécois aient accès à un médecin de famille d'ici 2022.

Photo : iStock

Radio-Canada

S'il est réélu, le Parti libéral du Québec promet que si 85 % des Québécois n'ont pas accès à un médecin de famille d'ici la fin de l'année, les médecins réfractaires ou trop lents à inscrire de nouveaux patients verront leur rémunération être amputée. Le chef libéral souhaite également revoir à la hausse cet objectif d'ici la fin d'un éventuel second mandat.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre)

« Nous serons plus fermes avec les médecins afin qu’ils répondent aux attentes de la population », a indiqué jeudi Philippe Couillard, présent dans la région de la Beauce en compagnie de Gertrude Bourdon, présentée comme la future ministre de la Santé de son éventuel gouvernement.

Les cibles établies par le PLQ concernent à la fois les omnipraticiens et les spécialistes.

Au 31 décembre 2017, selon les objectifs fixés par le ministre de la Santé sortant Gaétan Barrette, 85 % des Québécois devaient avoir un médecin de famille.

Devant les difficultés à atteindre ce chiffre, cet objectif avait été reporté d’une année. Or, au 30 juin 2018, le total stagne toujours à 80 %.

En décembre 2014, la proportion de Québécois ayant un médecin de famille était de 66 %, avant de grimper à 74 % deux ans plus tard.

« Il faut arrêter de tergiverser », a estimé Philippe Couillard, en parlant d'un « plafonnement » depuis le report des objectifs.

Des pénalités financières

Après avoir déjà menacé les médecins de sanctions financières, un nouveau gouvernement mettrait en application ces pénalités, a assuré Philippe Couillard.

La loi 20 serait ainsi appliquée si ces cibles ne sont pas atteintes à la fin de l’année, a précisé le Parti libéral du Québec.

Ce texte, mis en veilleuse pour permettre dans un premier temps aux médecins d’atteindre ces objectifs, prévoit une réduction de la rémunération si ces professionnels ne respectent pas leurs engagements.

Ces pénalités peuvent atteindre jusqu’à 30 % de la rémunération annuelle de ces omnipraticiens, si la cible nationale n'est pas atteinte, assure le PLQ.

Gertrude Bourdon avec Philippe Couillard                     Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Gertrude Bourdon veut que les médecins respectent l'entente signée avec Gaétan Barrette.

Photo : Radio-Canada / Frederic Deschenes

Les médecins de famille avaient vu leur salaire être augmenté d’environ 10 % sur trois ans, à la suite d’une entente conclue durant l’été 2017.

Les médecins spécialistes ont eux aussi vu leur rémunération être revue à la hausse de 11,2 % jusqu’en 2023. Ces ententes avaient d’ailleurs suscité la grogne des partis de l’opposition à l’Assemblée nationale.

Avant ces accords, un spécialiste gagnait en moyenne 420 000 $ au Québec. Un omnipraticien percevait quant à lui 245 000 $.

Tout en affirmant de pas vouloir de « chicanes » avec les professionnels de santé, Gertrude Bourdon a elle aussi parlé avec « fermeté ».

On ne peut pas toujours remettre aux calendes grecques. Là, c’est ferme. Les ententes ont été signées, ont été négociées. C’est important de respecter nos contrats dans la vie.

Gertrude Bourdon, candidate dans Jean-Lesage

Nouvel objectif

D’ici la fin d’un second mandat, soit à la fin de l’année 2022, un nouveau gouvernement libéral exigerait que 90 % des Québécois aient accès à un médecin de famille.

Concrètement, près de 900 000 Québécois devraient être inscrits dans les quatre prochaines années.

Le taux d’assiduité demandé serait de 95 %. Cette mesure permet de vérifier la disponibilité des médecins vis-à-vis de leurs patients.

Hausse du budget

En cas de réélection, Philippe Couillard a promis d'augmenter les dépenses du ministère de la Santé d'au moins 4,2 %. Pour l’année 2018-2019, ces dépenses totalisent 38,5 milliards de dollars, selon le dernier budget.

Des mesures «  farfelues  », disent les médecins

Les mesures présentées par le PLQ ont été jugées « contre-productives » et « farfelues » par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

Sur Twitter, l’organisme qui régit ces professionnels a assuré que ses membres n’accepteront « jamais » les conséquences de cette loi 20, qu’elle juge « discriminatoire ».

Il s'agirait, selon elle, de « de nouvelles menaces coercitives » pour les médecins de famille.

Plus tôt, Philippe Couillard avait renié ce terme.

C’est une question d’engagement, ce n’est pas une menace. On ne va pas encore continuer de remettre ça de six mois en six mois, puis que ça n'arrive pas.

Philippe Couillard, chef du PLQ

« J'ai pratiqué pendant 20 ans de ce réseau-là, je sais qu'il y a assez de médecins, qu'il y a assez de ressources financières pour offrir un médecin de famille à au moins 90 % de la population du Québec », a-t-il martelé.

Plus de soins à domicile et plus de budget

En cas de réélection, Philippe Couillard a également promis d’améliorer la qualité de vie de personnes bénéficiant de soins à domicile. Un montant de 200 millions de dollars supplémentaires serait investi chaque année pour l’ajout de personnel.

Le PLQ compte recruter « au moins » 1000 nouveaux préposés aux bénéficiaires, grâce à une « campagne massive de promotion du métier », suivi d’un « programme de formation en alternance travail-études ».

L’Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec (AIPSQ) s’est quant à « réjouie que ses demandes aient trouvé écho dans ces promesses et espère que toutes les formations politiques emboiteront le pas dans cette direction afin d’améliorer la qualité des soins offerts aux patients. »

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