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Trans Mountain : des Autochtones et des environnementalistes crient victoire

Un totem de profil avec en arrière-plan de la forêt et une usine de pétrole.

Des Premières Nations de la Colombie-Britannique ont affirmé que la décision de la Cour d'appel fédérale était une victoire.

Photo : CBC

Radio-Canada

Des Premières Nations opposées à l'expansion du pipeline Trans Mountain, des environnementalistes, de même que des politiciens de la Colombie-Britannique se réjouissent de la décision de la Cour d'appel fédérale qui met un frein au projet de la compagnie Kinder Morgan.

Un texte de Fanny Bédard

Dans son jugement, la Cour d’appel fédérale a ordonné l'annulation du décret qui permettait au projet d'expansion du pipeline Trans Mountain d'aller de l'avant.

Elle donne notamment raison à des Premières Nations qui ont fait valoir que l’Office national de l’énergie (ONE) ne les avait pas consultées adéquatement avant de donner le feu vert au projet d’expansion de l'oléoduc.

Parmi celles-ci, la Première Nation Squamish qui dit « se réjouir de la décision de la cour en faveur des droits des Autochtones », dans un communiqué. Elle souligne que le jugement renforce sa conviction que le projet d’expansion ne doit pas coninuer et demande au gouvernement Trudeau de « commencer à écouter ».

« Nous gagnons! Nous gagnons! », s’est pour sa part exclamé Reuben George, porte-parole de la Première Nation Tseil-Waututh lors d’une conférence de presse à Vancouver.

Le jugement rendu jeudi touche une vingtaine de poursuites conjointes de Premières Nations, d’organisations environnementales et de villes exigeant que l’évaluation du projet de pipeline effectuée par l’Office national de l’énergie (ONE) soit renversée.

Sans surprise, les groupes environnementalistes sont aussi heureux de la décision de la cour. « Nous sommes satisfaits de la décision, car la juge a estimé qu’il y avait un vide en ce qui concerne le transport pétrolier et l’impact sur la faune marine, ce que l’on dit depuis le début », explique Karel Mayrand, le directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki.

Il faudra voir si le gouvernement porte la cause en appel ou lance un processus de révision, mais, chose certaine, il y aura des [retards] et il faudra que le gouvernement se demande si c’est plus sensé économiquement de mettre des fonds dans d’autres types de projets énergétiques.

Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki

« Ce jugement témoigne de la force de la population et du mouvement dirigé par les autochtones. Ils ont mené ce combat et des milliers d’alliés à travers le pays et le monde entier les ont rejoints », a déclaré le porte-parole de Greenpeace Canada, Patrick Bonin.

Avant même que la décision ne soit publiée, le professeur au département de science politique George Hoberg, de l’Université de la Colombie-Britannique, avait prédit que, peu importe le jugement, l’affaire avait des chances d’être portée en appel devant la Cour suprême du Canada.

Des politiciens de C.-B. applaudissent la décision

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, s'est rapidement réjouie sur Twitter : « Hourra, on a gagné! »

Le maire de Vancouver, Gregor Robertson, a également salué le jugement qu’il a qualifié de « victoire monumentale » pour les droits des Autochtones et pour ceux qui sont opposés au projet d’agrandissement. Selon lui, il met les côtes de la province en danger.

« Cette décision est très importante », a quant à lui lancé Derek Corrigan, le maire de Burnaby, une ville en banlieue de Vancouver, une opposante de longue date au projet.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a félicité les Premières Nations. « C’est une bonne journée pour les Tsleil-Waututh », a-t-il dit.

La question n'est pas de gagner ou perdre, c’est de respecter la loi.

John Horgan, premier ministre de la Colombie-Britannique

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada et candidat pour l’élection partielle dans la circonscription de Burnaby-Sud, Jagmeet Singh, estime que le gouvernement devrait arrêter le projet de construction et explorer des options légales pour mettre fin à la vente du pipeline.

« Nous examinons la décision de la cour. Soyons clair, notre gouvernement a hérité d’un processus d’évaluation environnemental imparfait », a pour sa part dit le ministre des Finances fédéral, Bill Morneau, lors d’une conférence de presse.

Tracé de l'oléoduc Transmountain de l'entreprise Kinder Morgan.

Tracé de l'oléoduc Transmountain de l'entreprise Kinder Morgan.

Photo : Radio-Canada

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie pétrolière