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Aung San Suu Kyi aurait dû démissionner, selon l’ONU

Une femme âgée, qui semble Asiatique, porte un châle jaune par-dessus une tenue bleu poudre. La femme aux cheveux noirs grisonnants sourit en regardant droit devant elle.

La leader birmane Aung San Suu Kyi, le 24 mai 2017.

Photo : Reuters / Soe Zeya Tun

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, à la tête du gouvernement civil birman, aurait dû démissionner en signe de protestation contre le nettoyage ethnique des Rohingyas musulmans par l'armée, a critiqué jeudi le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

« Elle aurait pu ne rien dire, ou encore mieux, démissionner », a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein dans un entretien à la BBC.

Aung San Suu Kyi a en effet défendu depuis plus d'un an l'armée birmane dans cette crise et a dénoncé un « iceberg de désinformation » dans les médias internationaux sur le sujet.

« Elle n'avait pas besoin de se faire la porte-parole des militaires birmans. Elle n'avait pas à parler d'iceberg de désinformation », a-t-il critiqué.

Le Myanmar a rejeté mercredi le rapport des enquêteurs de l'ONU accusant son armée de « génocide » à l'encontre des musulmans rohingyas, défiant la communauté internationale au lendemain d'une réunion du Conseil de sécurité.

Selon les enquêteurs de l'ONU, les principaux généraux du Myanmar devraient faire l'objet de poursuites internationales pour « génocide » contre les Rohingyas, dont plus de 700 000 ont fui au Bangladesh après une offensive de l'armée birmane en août 2017 lancée en représailles aux attaques de rebelles rohingyas.

On voit un homme qui transporte une jeune fille sur son dos. Un garçon marche à côté d'eux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le 6 septembre 2017, une famille rohingya du Myanmar qui a traversé la frontière pour se réfugier au Bangladesh attend d'être transportée dans un camp.

Photo : Unicef

Le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi s'accroche donc à la ligne qui a été la sienne depuis août 2017 : défendre les militaires, force politique puissante avec laquelle l'ancienne dissidente tente de composer depuis son arrivée au pouvoir début 2016.

Aung San Suu Kyi elle-même s'est abstenue jusqu'ici de tout commentaire sur le rapport des experts de l'ONU, publié lundi, qui déplore qu'elle n'ait pas utilisé son « autorité morale » dans la crise et que son gouvernement ait nié tout problème et empêché l'enquête de l'ONU.

« Elle était en position de pouvoir agir », a déploré jeudi Zeid Ra'ad Al Hussein.

Le comité Nobel norvégien a exclu mercredi de retirer le Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi, malgré sa mise en cause par ce rapport explosif de l'ONU, ses statuts ne prévoyant pas une telle possibilité.

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