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Une lettre ouverte à M. Ford contre la fermeture des centres de prévention des surdoses

Des contenants pour les aiguilles souillées dans un centre d'injection supervisée.
120 groupes oeuvrant en santé envoient une lettre jeudi au premier ministre Ford pour lui demander de reconsidérer sa position sur les centres de prévention des surdoses. Photo: La Presse canadienne / Cole Burston

Une centaine de groupes oeuvrant en santé ont signé une lettre ouverte au premier ministre Doug Ford, lui demandant de reconsidérer sa position concernant les centres de prévention des surdoses.

Parmi les 120 signataires de la lettre, on compte l'Association médicale canadienne et la Société canadienne du Sida. Les organisations exhortent M. Ford à suivre les recommandations d'experts en santé publique et de cliniciens de première ligne.

Depuis son arrivée au pouvoir, Doug Ford a mis en veilleuse certains projets de centres de prévention des surdoses, le temps que le gouvernement se penche sur cet enjeu.

La lettre s'adresse également à la ministre de la Santé, Christine Elliott.

Plutôt que d'empêcher l'accès à des services de santé salvateurs, nous vous exhortons à collaborer avec les organismes communautaires et les autres fournisseurs de santé pour assurer un accès plus équitable aux centres de consommation supervisée et aux centres de prévention des surdoses pour la population ontarienne, est-il écrit dans la lettre.

De son côté, un porte-parole de Mme Elliott explique que la ministre procède à un examen fondé sur des données probantes, en écoutant des experts, des dirigeants communautaires, des membres de la collectivité et des personnes toxicomanes afin de s'assurer que les centres d'injection supervisée continuent à aider les personnes aux prises avec la toxicomanie.

Dans le courriel à CBC, le porte-parole ajoute qu'en attendant la décision de la ministre, « aucun nouveau centre ne devra être ouvert au public ».

Les organisations assurent pour leur part dans leur lettre ouverte que les retards et les fermetures de centres pourraient plutôt signifier « davantage de décès par surdoses qui pourraient être évités, mais aussi de nouvelles infections aux virus du VIH, de l'hépatite C et d'autres maladies ».

À plusieurs reprises, le premier ministre Ford s'est déclaré contre l'idée des centres de prévention des surdoses, demandant plutôt de mettre l'accent sur les cures de désintoxication pour les toxicomanes. « Ce dont ils ont besoin ce sont des programmes de réadaptation », avait-il dit durant sa campagne électorale, expliquant avoir parlé avec des personnes toxicomanes.

Dans leur lettre, les organisations reconnaissent que ces programmes sont nécessaires, mais maintiennent aussi que les centres d'injection supervisée et les centres de prévention des surdoses sont nécessaires, notamment pour éviter les surdoses mortelles.

Les centres de prévention des surdoses sont des centres temporaires de réduction des risques où l’injection de drogues est supervisée, les utilisateurs de drogues peuvent accéder à des fournitures de réduction des risques, notamment l’élimination des fournitures usagées, ainsi que la naloxone. Certains centres offrent également une consommation de drogues par voie orale et intranasale supervisée et des bandelettes de test pour contrôler la présence de fentanyl dans les médicaments. Les ambulanciers sont appelés en cas de surdose.

Les centres de consommation supervisée sont plus permanents et des agents sont disponibles pour intervenir en cas de surdose.

Les groupes rappellent également que « le Canada connaît une crise de surdoses dues aux opioïdes à grande échelle ».

À Toronto seulement, 300 personnes sont mortes d'une surdose d'opioïde en 2017. Une augmentation de 60 % par rapport à 2016.

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