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Place aux négociations éclair sur l'ALENA

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland s'adresse aux médias.
La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a écourté un voyage en Europe pour se joindre aux négociations à Washington. Photo: Associated Press / Andrew Harnik

Les États-Unis et le Canada vont reprendre vendredi leurs discussions en vue d'un accord visant à renouveler le traité de libre-échange nord-américain (ALENA), à quelques heures de l'expiration du délai donné par Donald Trump à Ottawa pour se joindre au pacte conclu par Washington et Mexico.

« Non, nous n'avons pas d'accord », a répondu jeudi soir la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, aux journalistes au terme d’une brève rencontre - la quatrième de la journée - avec le secrétaire américain au Commerce, Robert Lighthizer.

Elle n’a alors pas donné plus de précision, sinon pour dire qu'elle reviendrait vendredi matin pour une nouvelle session de discussions au plus haut niveau.

Elle avant cependant affirmé, plus tôt dans la journée, que les discussions avec M. Lighthizer avançaient et que l'atmosphère autour de la table était bonne.

« Je continue d’être optimiste [puisque] les deux pays font preuve de bonne volonté, avait-elle déclaré lors d’une pause, jeudi matin. Nous sommes toujours encouragés par l’atmosphère constructive qui règne autour de la table de négociations. Nous avons fort à faire sur une courte période de temps. »

Refusant de se prononcer sur les enjeux abordés à la table de négociations, la ministre canadienne a salué au passage les efforts des fonctionnaires canadiens engagés dans les discussions.

« Ils n'ont en définitive pas d'autre choix » - Trump

Le président Trump a mis énormément de pression sur les négociateurs canadiens en fixant ce vendredi comme date butoir.

Cela pourrait intervenir d'ici vendredi ou à un autre moment », a par ailleurs nuancé le président Trump lors d’un entretien, jeudi soir, avec l’agence Bloomberg, avant d’ajouter : « Mais ils (les Canadiens, ndlr) n'ont en définitive pas d'autre choix ».

Vendredi a pris l'allure d'une date butoir à double titre : d'une part, un nouveau texte doit être soumis au Congrès américain pour respecter un délai de 90 jours donnant la possibilité d'une approbation d'un nouveau texte par la majorité actuelle. Et d'autre part, au Mexique, pour permettre au gouvernement sortant d'accorder son aval avant de laisser la place au président nouvellement élu Andrés Manuel Lopez Obrador qui doit prendre ses fonctions le 1er décembre.

La conclusion d’un accord ce vendredi est cependant d’autant plus compliquée que le président quittera Washington vers 12h45 pour se rendre en Caroline du Nord et n’y reviendra que vers 19h30.

Le premier ministre Justin Trudeau a promis de ne pas conclure une entente à n'importe quel prix. Il s'est sinon dit optimiste qu'un accord puisse voir le jour vendredi.

Ottawa devra faire des concessions

Pour se joindre à cet accord et sauver du même coup l’entente de libre-échange qui lie les trois pays depuis 24 ans, Ottawa devra jouer judicieusement ses cartes et aura probablement à faire des concessions aux Américains.

Depuis des mois, les négociateurs de l’administration Trump tentent d’ouvrir une brèche dans le système canadien de gestion de l’offre, surtout après qu’Ottawa eut concédé environ 10 % de la part du marché canadien aux agriculteurs étrangers lors de la signature de l'Accord économique et commercial global (AECG) et du Partenariat transpacifique (PTP).

Le gouvernement fédéral avait alors promis des compensations totalisant 4 milliards de dollars aux producteurs laitiers du pays lésés par cette ouverture des marchés.

Justin Trudeau, qui subi notamment la pression du Québec, a cependant promis de défendre la gestion de l'offres.

Le Canada entend bien sauver aussi, dans ces négociations, le mécanisme de résolutions des différends, officiellement baptisé chapitre 19, qui permet, aux entreprises jugeant que leurs produits sont injustement visés par des mesures antidumping ou des tarifs douaniers de réclamer l’arbitrage d’un tribunal indépendant.

La renégociation de l'ALENA avait été imposée de manière unilatérale au Canada et au Mexique par Donald Trump il y a un plus d'un an, ce dernier jugeant l'accord initial « désastreux » pour l'économie américaine.

L’entente conclue lundi entre les États-Unis et le Mexique, qui sert dans modèle dans ces négociations, porte entre autres sur l’industrie automobile et prévoit qu’un pourcentage plus élevé de composants sera produit localement. Il inclut aussi une disposition pour revoir l’accord à intervalles réguliers.

Le Canada attendait la conclusion de cette entente avant de se lancer à son tour dans les négociations.

Avec les informations de Agence France-Presse

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