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Les années 1970 : les oblats partent et les filles arrivent au Collège

Le Parti vert présente sa plateforme électorale en vue des élections provinciales de septembre 2019.

Radio-Canada

La fin du cours classique au Collège apporte son lot de changements, mais les oblats, eux, tentent de continuer d'enseigner, avant de complètement délaisser l'établissement, vers 1976. Et c'est au cours de cette décennie que l'établissement francophone accueille une première cohorte de filles.

« Quand tu n’as plus d’Oblats de Marie Immaculée pour enseigner, il faut payer les enseignants », explique Laurier Gareau, avant d’ajouter que c'est à ce moment que la communauté religieuse réalise que le fardeau du Collège Mathieu est trop grand pour ses moyens.

En même temps [les oblats] avaient fait la transition vers le ministère de l’Éducation dans l’espoir de recevoir un financement régulier.

Laurier Gareau, ancien élève du Collège Mathieu

Avant de décider de partir, les oblats font des demandes de subvention au gouvernement provincial qui sont refusées notamment à cause de la présence religieuse, explique Laurier Gareau. Il raconte que beaucoup de documents traitent de l'engagement des oblats qui allaient au Québec ou en France pour tenter d'obtenir de l'argent. L'historien et auteur dit que les oblats contactaient des familles influentes, qui croyaient en l'éducation en français, dans l'espoir de recevoir du financement. « Il y a eu beaucoup de tentatives différentes pour maintenir cette institution », poursuit-il.

- À consulter : la ligne du temps des grands moments du Collège Mathieu de 1918 à aujourd'hui

Lise Lundlie relate dans son livre sur le Collège Mathieu que c'est au même moment que la loi entourant l'éducation en Saskatchewan ouvre la porte à l'enseignement du français. Ainsi, de nouvelles écoles en français émergent dans la province. Cela crée une certaine rivalité entre le Collège Mathieu et ces nouveaux établissements. Le nombre d'inscriptions au Collège diminue, comme elle l'écrit dans Une pépinière de chefs : l’histoire du Collège Mathieu, 1918-1998.

En réaction, les oblats ouvrent le Collège aux anglophones et aux filles dans les années 1970, poursuit Lise Lundlie. Six ans plus tard, le Collège devenait entièrement laïc.

Les filles se croyaient un peu des reines. Quatre ou 5 filles avec 115, 120 garçons!

Le père Albert Bouffard

Le père Albert Bouffard, qui a aussi étudié au Collège, se souvient bien de l'arrivée des filles. Il raconte que, comme elles étaient peu nombreuses, les filles attiraient beaucoup les regards. Il a vécu cette nouveauté au Collège en tant qu'oblat et directeur également. Il admet qu'au début, c'était « un peu difficile avec les filles ». « On n'avait pas l'expérience. »

La période des années 1970 comprend aussi la création du centre culturel du Collège et de son MAT, dont le nom vient des trois premières lettres de Mathieu, mais aussi du sigle créé par les mots musique, art et théâtre.

Un groupe de filles en cercle avec des feuilles de papier dans les mains. Elles lisent les paroles d'une chanson. On voit que leur bouche est en mouvement comme si elles chantaient.

En 2003, les filles étaient beaucoup plus nombreuses au sein du MAT.

Photo : Radio-Canada

Le MAT est à la fois un centre de formation artistique et une troupe qui offre des spectacles de musique et de danse dans les provinces de l’Ouest canadien. L'auteure Lise Lundlie a publié une liste des artistes ayant participé au MAT. Elle comprend notamment des membres de la famille Campagne, ainsi que Julien Poulin, Philippe Fournier, Josée Lajoie et Anique Granger.

Il y avait un genre de notoriété du MAT, partout en province et ailleurs.

Suzanne Campagne, ancienne élève et ancienne directrice du MAT

En 1984, 50 élèves se rendent à Winnipeg pour la visite du pape Jean Paul II, raconte Lise Lundlie dans son livre sur l'histoire du Collège Mathieu. La même année, le MAT se rendra au Parlement canadien pour chanter à l’occasion de l’investiture de la gouverneure générale du Canada, Jeanne Sauvé, née à Prud'homme, près de Saskatoon.

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