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Un sondage électoral semble faire des affirmations partisanes à Burlington

Une femme derrière un podium près d'un homme
Marianne Meed Ward, à gauche Photo: Radio-Canada / Mike Crawley/CBC News
CBC News

Une candidate à la mairie de Burlington, en Ontario, se dit la cible d'une campagne téléphonique électorale qui fait des affirmations « diffamatoires » au sujet de ses positions sur la violence domestique, le hijab et le chômage.

La conseillère municipale du quartier 2 de Burlington, Marianne Meed Ward, affirme que certains citoyens l’ont alertée de l’existence d’un sondage électoral dans lequel certaines de ses déclarations faites par le passées étaient « déformées ». Le sondage est mené par la société de conseil Campaign Research de Toronto, qui compte parmi ses dirigeants le stratège politique conservateur controversé Nick Kouvalis.

Selon Mme Meed Ward, les affirmations comprises dans le sondage sont « fausses, incendiaires et diffamatoires », ce que Campaign Research nie.

« C'est odieux et ça doit s'arrêter », a déclaré Mme Meed Ward.

Jim Young, un résident de Burlington, a déclaré à CBC News qu’il avait reçu un appel lundi après-midi.

Il semblait s’agir d’un sondage électoral ordinaire, dit-il, consistant à noter les candidats sur une échelle de 1 à 10, et à indiquer à quel point il avait l’intention de voter pour un candidat particulier.

C'est lorsque M. Young a déclaré qu'il comptait voter pour Mme Meed Ward que le ton des questions posées par la personne a changé, selon lui.

La femme qui posait les questions au bout du fil a affirmé qu’elle allait citer des déclarations faites par Mme Meed Ward par le passé et a demandé à Young d'indiquer sur une échelle de 1 à 10 la probabilité qu'il modifie son vote en lien avec ces citations.

M. Young a déclaré qu'il n'avait pas enregistré la conversation, mais qu’il avait commencé à prendre des notes sur le dos d'une enveloppe car les questions lui semblaient choquantes.

« J'étais horrifié »

Selon M. Young, la femme qui posait les questions a affirmé que Mme Meed Ward avait déclaré par le passé que les femmes maltraitées devaient « supporter les abus pour sauver leur mariage ».

Toujours selon M. Young, la dame aurait affirmé que Mme Meed Ward pense que « tout développement (immobilier) doit être combattu ». Il affirme également que la femme au bout du fil a déclaré que Mme Meed Ward pense que les femmes qui sont « forcées de porter le hijab trouvent (le foulard) libérateur ».

« J'étais horrifié. Ils semblent essayer de l’anéantir », a déclaré M. Young.

Celui-ci a demandé à la dame de s’identifier en plus de dévoiler la compagnie derrière le sondage. La femme s’est contentée de dire qu’elle travaillait pour Campaign Research. Elle lui a aussi donné un numéro de téléphone dédié aux plaintes.

M. Young affirme avoir signalé le numéro mais que c’est un message préenregistré qui lui a répondu.

Mme Meed Ward, elle, affirme qu’elle désire savoir qui a embauché Campaign Research pour mener cette campagne.

« Je pense que c’est absolument lâche que celui qui a engagé l’entreprise se cache dans l’ombre », a-t-elle déclaré.

Le stratège politique Nick KouvalisLe stratège politique Nick Kouvalis Photo : Facebook Nick Kouvalis

Campaign Research nie que les propos soient « diffamatoires »

Par courriel, le directeur de Campaign Research, Richard Ciano, a déclaré que l’entreprise ne « divulguera pas, ne discutera pas, ne confirmera pas ou ne niera pas qui sont ses clients, sauf si expressément requis par la loi, ou à moins d’être spécifiquement invité à le faire par nos clients. »

Dans une déclaration envoyée à Mme Meed Ward au nom de Campaign Research qui a été partagée avec CBC News, l’avocat Evan Presvelos écrit : « Nous contestons avec véhémence le fait que vous qualifiez nos termes de "propos diffamatoires" ».

Dans son courriel, M. Ciano a également fourni des articles écrits par ou au sujet de Mme Meed Ward. Par exemple, dans une chronique d’opinion écrite par Mme Meed Ward et publiée par le Toronto Sun en 2004, celle-ci décrit le hijab comme « le nouveau symbole de l'autonomisation des femmes ».

« Même si je choisis de ne pas le porter, je célèbre les objectifs du hijab : regardez-moi, pas mon maquillage; ne me détestez pas parce que je suis une femme; je refuse de me conformer aux impossibles normes occidentales de beauté; la beauté est intérieure », y avait-elle écrit.

Dans un autre article souligné par M. Ciano dans un numéro de 1998 du magazine chrétien Faith Today, Mme Meed Ward parle du divorce d’un point de vue évangélique.

« Je ne crois pas que le divorce soit toujours mal. La plupart d'entre nous peuvent accepter le divorce résultant de l'infidélité, de l'abandon ou de la violence physique. Néanmoins, mon premier choix est toujours d'encourager le couple à faire de son mieux pour surmonter ces situations difficiles. »

Un homme marche sur une pelouseRick Goldring, le maire sortant Photo : Radio-Canada / Kristin Nelson/CBC News

Le maire dit qu'il n'a rien à voir avec ce sondage

Le maire de Burlington, Rick Goldring, qui est candidat à la réélection contre Mme Meed Ward, a déclaré qu'il n'avait rien à voir avec le sondage.

« Ce ne vient certainement pas de moi. Ce n'est certainement pas mon style », a-t-il déclaré.

M. Kouvalis, et par extension son entreprise, n’est pas étranger à la controverse.

Le stratège politique a travaillé pour l’ancien maire de Toronto, feu Rob Ford, l'actuel maire de Toronto, John Tory, et l'ancienne candidate à la direction du Parti conservateur fédéral, Kellie Leitch.

Il a démissionné de son poste de directeur de la campagne de Mme Leitch au début de 2017 après avoir qualifié un expert constitutionnel, qui critiquait les politiques de Leitch, de « cuck », sur Twitter. Ce terme, qui est un diminutif de « cocu » en anglais, est utilisé en ligne par les nationalistes blancs et les membres de l’extrême droite comme étant l’insulte ultime.

M. Kouvalis a également avoué avoir diffusé de « fausses nouvelles » sur Twitter. Une de ces fausses nouvelles en partriculier accusait le gouvernement Trudeau d’avoir versé 351 millions de dollars au Hamas.

Il avait alors déclaré dans une entrevue avec le magazine MacLeans avoir créé cette fausse nouvelle simplement pour « enrager les gens de gauche ».

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