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Comme la CAQ, le PLQ promet de mieux payer les jeunes enseignants

Des élèves dans une classe.

Les enseignants en début de carrière auront un meilleur salaire, a promis Philippe Couillard.

Photo : iStock / dolgachov

Radio-Canada

Afin d'améliorer les conditions de travail des enseignants et de convaincre les jeunes de se lancer dans les métiers de l'éducation, le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, promet de hausser le salaire des enseignants en début de carrière de plus de 8000 $ s'il est reporté au pouvoir, le 1er octobre. La CAQ a également fait la même promesse.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre), François Messier et Joëlle Girard

Dès le début de leur carrière, les enseignants démarreraient au 7e échelon de la grille salariale fixée par le Conseil du Trésor, a annoncé mercredi matin Philippe Couillard, devant une école de Rivière-du-Loup. Ceux qui travaillent à temps plein toucheraient ainsi 53 134 $.

À l'heure actuelle, les deux premiers échelons salariaux sont respectivement de 41 390 $ et de 43 139 $ par année, mais ils ne concernent que très peu de gens depuis que la formation universitaire en éducation est passée de trois à quatre ans. La plupart des nouveaux enseignants entreprennent donc leur carrière au 3e échelon, avec un salaire annuel de 44 985 $.

Cette promesse serait mise en place pour l'année scolaire 2021-2022, à la fin de la présente convention collective.

La pression est grande sur nos enseignants et enseignantes, surtout en début de carrière. Les règles font en sorte que, souvent, [ils] se retrouvent avec les classes les plus difficiles. Nous proposons donc de mieux rémunérer les enseignants au cours de ces premières années déterminantes.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral

Philippe Couillard a convenu qu'une mesure identique a été présentée par la Coalition avenir Québec (CAQ) en début d’année. « Vous avez raison, sur le plan de la rémunération, les mesures sont à toutes fins pratiques les mêmes », a-t-il admis aux journalistes qui suivent sa campagne.

Le chef libéral a toutefois plaidé qu'elle s'inscrit dans un plan « vaste, intégré, ambitieux » en éducation, qui est « organisé autour d'une politique de réussite éducative, autour d'un plan numérique, autour d'un plan d'action pour les 0-8 ans ».

Cela constitue une « énorme différence » par rapport « au collage de mesures indépendantes » que proposent, selon lui, les autres formations politiques.

Disons-le : nous voulons faire du système d’éducation québécois l’un des cinq meilleurs au monde.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral

Un vote qui n'est pas à vendre

Après les énormes compressions qui ont marqué les premières années du mandat libéral en éducation, la promesse de Philippe Couillard n'a pas séduit la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui regroupe huit syndicats et près de 38 000 enseignants. « Le vote des profs n'est pas à vendre », a affirmé le président de la FAE, Sylvain Mallette, par communiqué mercredi.

« L’impression que nous donne le premier ministre aujourd’hui est de vouloir bien paraître pendant la campagne électorale et de faire oublier qu’il a imposé aux écoles publiques des compressions qui totalisent près de 1,5 milliard de dollars. Or, les profs ne sont pas dupes », a affirmé M. Mallette.

Il y a quatre ans, Philippe Couillard a rejeté une demande de la FAE qui visait justement à faire disparaître les six premiers échelons de la grille salariale, a rappelé le président, ajoutant que même en concrétisant cette mesure, les enseignants demeureraient les moins bien payés au Canada.

Au Québec, environ 25 % des enseignants qui exercent leur profession depuis moins de cinq ans décrochent, selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE) parue en 2015. La lourdeur liée à la gestion des classes et les mauvaises conditions de travail sont notamment en cause.

« Que le [Parti libéral] annonce vouloir augmenter le salaire des nouveaux enseignants, ce n'est pas une surprise, mais je ne crois pas que ce soit suffisant, très honnêtement », a affirmé Marjorie Racine, une enseignante en quatrième année du primaire à l'école d'Iberville à Longueuil, en entrevue au Téléjournal Grand Montréal.

Ça fait des années qu'on parle de salaire et on est en dessous de la moyenne au Canada.

Marjorie Racine, enseignante en quatrième année du primaire

« Pour revaloriser la profession d'enseignant, ça prend plus que ça. [...] La réalité d'un enseignant aujourd'hui, ce n'est pas la même qu'il y a 20 ans, quand j'ai commencé. Qu'on nous propose des augmentations de salaire, oui pour les nouveaux enseignants, mais il faut toucher à l'ensemble de nos enseignants. Qu'est-ce qu'on fait pour ceux qui sont déjà en haut de l'échelle? Pour moi, ce n'est clairement pas suffisant. »

Un examen unique de français

Le chef libéral s'engage aussi à créer un examen national de maîtrise de la langue française qui remplacerait le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE). L'équivalent serait mis en oeuvre pour les enseignants de langue anglaise.

À l'heure actuelle, « les conditions de passation [du TECFEE] peuvent varier d'une université à l'autre », ce qui ne serait pas le cas du nouvel examen, considéré obligatoire à la diplomation.

Le PLQ s'engage aussi à « réviser et rehausser » la formation initiale des étudiants au baccalauréat en enseignement, à offrir de la formation continue aux enseignants et à créer un institut national d'excellence en éducation.

Avec un gouvernement libéral, a précisé M. Couillard, les enseignants et enseignantes « devront tous être engagés dans un parcours de formation continue qui sera développé avec eux et avec elles, pour eux et pour elles, afin de mieux répondre à leurs besoins et à ceux des élèves ».

Quant à l'Institut national d'excellence en éducation, sa mission consisterait à « développer, partager et diffuser les meilleures pratiques pédagogiques », a fait valoir le chef libéral qui dit s'inspirer de ce qui se fait en Ontario, en France, aux États-Unis et en Finlande.

Nos mesures auront donc un effet marqué sur la valorisation de l’éducation, sur la formation des maîtres, sur la rémunération de la relève en enseignement et sur la qualité de l’enseignement.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral

Philippe Couillard s'engage aussi à lancer une « campagne de valorisation et de reconnaissance » du travail des enseignants.

Le Parti libéral estime que l'ensemble de ces mesures coûteront 79 millions de dollars sur cinq ans, dont 60 millions réservés à la hausse des salaires des enseignants.

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