•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le PQ bonifierait de deux semaines le congé de paternité

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, en compagnie d'une mère et de son enfant.
Le PQ veut bonifier le régime de congé parental Photo: Radio-Canada / Jérôme Labbé
Radio-Canada

Le Parti québécois y va d'une autre promesse pour donner « du temps aux familles » : il promet maintenant de bonifier le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP).

Un texte de Jérôme Labbé et Bernard Barbeau

Le PQ souhaite notamment faire passer le congé de paternité de cinq à sept semaines pour permettre aux pères de développer davantage leur lien d'attachement avec leur enfant.

Un gouvernement péquiste créerait aussi un volet flexible au RQAP, qui donnerait la possibilité aux parents de conserver un maximum de 20 jours une fois le congé parental officiellement terminé, et d'utiliser ces journées de congé plus tard, jusqu'à l'entrée de l'enfant à la maternelle.

Le Parti québécois voudrait en outre mettre à niveau les congés pour les parents adoptifs pour qu’ils bénéficient des mêmes congés et des mêmes prestations que les parents biologiques. Ces derniers ont présentement droit à 18 semaines de plus.

« C'est une différence qui n'a pas lieu d'être », a plaide la vice-chef péquiste Véronique Hivon, qui, avec Jean-François Lisée, a dévoilé les grandes lignes de l'annonce, mercredi, à Nicolet, en compagnie de trois candidats du PQ dans le Centre-du-Québec, soit Lucie Allard (Nicolet-Bécancour), Jacques Daigle (Arthabaska) et Jacques Tétreault (Johnson).

« C’est un coût très faible, a souligné Mme Hivon. Et c’est pour ça qu’on n’a jamais compris pourquoi le gouvernement actuel n’a pas fait cette réforme-là. »

Cette éventuelle correction des congés parentaux a ravi la Fédération des parents adoptants du Québec (FPAQ). « Une musique à nos oreilles », a résumé sa présidente Anne-Marie Morel.

Au PQ, on fait valoir qu'il s'agirait de la première grande réforme du RQAP depuis sa création. La Loi sur l’assurance parentale a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 2001, mais ce n'est qu'en 2006 que le RQAP est finalement entré en vigueur.

Pas de hausse des cotisations

Questionné au sujet de l'annonce du PQ, le chef libéral Philippe Couillard a surtout insisté sur le fait que les engagements qu'il a lui-même pris à ce chapitre peuvent se concrétiser « sans augmenter les cotisations pour les travailleurs et les employeurs ». Or, le PQ non plus n'a pas l'intention de hausser les cotisations.

Un gouvernement péquiste puiserait dans les surplus actuels du régime pour financer les changements qu'il met de l'avant. « Avec le niveau actuel de cotisations, on est tout à fait capable de répondre à ça », a souligné Mme Hivon.

Le choix, c’était de réduire les cotisations ou de les maintenir en bonifiant le programme. Notre réflexe, c’est de les maintenir en bonifiant le programme.

Jean-François Lisée, chef du PQ

Il s'agit de la quatrième promesse péquiste pour « donner plus de temps aux familles » depuis le début de la campagne électorale, après celles relatives aux lunchs, au matériel scolaire et au covoiturage.

« Les choses ont évolué grandement dans la société », a noté Véronique Hivon, qui voit dans les changements que propose son parti le souhait de « s’ajuster à la réalité d’aujourd’hui ».

Dans la majorité des familles, maintenant, les deux parents travaillent. […] Le niveau de stress familial a augmenté, mais le niveau de bonheur familial peut être très présent aussi et on veut que les familles puissent être heureuses.

Véronique Hivon, vice-chef du PQ

« Ça me surprend un peu qu’il y en ait qui disent : "Oh mon Dieu! C’est comme si on voulait me déresponsabiliser." Non! Tu as toute la latitude de faire ce que tu veux avec tes enfants », a rectifié Mme Hivon.

« C’est juste qu’il y en a, des parents pour qui c’est plus difficile, a-t-elle poursuivi. Ils n’ont pas de bons revenus, ils n’ont pas un soutien incroyable de leurs proches, ils ont de la difficulté à arriver, ils ont des conditions de travail difficiles. L’arrivée d’un enfant, ce n’est pas toujours simple. On veut juste aider ces gens-là pour ultimement aider les enfants et qu’il y ait plus d’égalité des chances. »

M. Lisée est d'ailleurs revenu sur les mesures familiales adoptées par les différents gouvernements péquistes dans les dernières décennies, par lesquelles « on a donné beaucoup plus de bonheur aux gens ».

« Il y a 80 % des pères, mieux attachés à leurs enfants, qui utilisent le congé de paternité qui n’existait pas [auparavant], a-t-il insisté. Mais c’est inestimable! On ne peut pas mettre un chiffre là-dessus. On a fait en sorte, avec les CPE, que des centaines de milliers de femmes qui ne pensaient pas pouvoir avoir accès au marché du travail, maintenant, sont autonomes financièrement. On a donné de la dignité et de l’égalité à toutes ces femmes! »

Plan rapproché de Mme Hivon, devant M. Lisée.Véronique Hivon et Jean-François Lisée ont proposé de bonifier le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP). Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

La CAQ, le PLQ et la « pensée magique »

Les dirigeants péquistes ont par ailleurs défendu l’envergure des engagements qu’ils ont pris depuis le début de la campagne électorale, revenant notamment sur celui de dire la vérité.

« On ne fait pas comme François Legault, qui décide de mettre dans son plan financier qu’il va gagner à la 6/49 », a illustré Jean-François Lisée.

« Quand il dit qu’il va aller chercher 1,2 milliard par année en réduction du gaspillage essentiellement en réformant l’informatique, il affirme qu’il va gagner à la loterie! Parce qu’il n’y a jamais personne, au Québec, qui a réussi à réduire les coûts de l’informatique. Ça va prendre de l’investissement pour mieux faire ça. »

« On dit la vérité aux Québécois, a poursuivi M. Lisée.

On n’a pas les moyens de baisser vos taxes et vos impôts alors que les besoins des enfants, des aînés et des patients augmentent. Et on ne va pas vous inventer des lignes de pensée magique dans notre cadre financier pour faire semblant que l’argent va venir.

Jean-François Lisée, chef du PQ

D'après lui, le « caractère responsable » du la plateforme péquiste « va plaire aux Québécois ».

« Vous allez voir, d’ici la fin de la campagne que les dépensiers, que les rêveurs économiques, ne sont pas au Parti québécois, a-t-il prédit. Ils sont – c’est bizarre à dire – à la CAQ et au PLQ. »

Véronique Hivon a soutenu que les promesses péquistes, qui sont selon elle « réalistes » et qui vont « pouvoir se concrétiser », ont toute l'« envergure » nécessaire, « parce que ce sont de véritables politiques sociales ».

« Quand on parle de favoriser le lien d’attachement entre parents adoptants et enfants qui arrivent ici et qui ont pu vivre des traumatismes, des abandons, c’est une forte politique sociale, a-t-elle estimé. Quand on met en place un programme de saines habitudes alimentaires dans nos écoles, c’est un programme de prévention en santé, c’est un programme aussi d’égalité des chances pour les enfants qui sont plus défavorises, c’est un programme aussi pour l’économie sociale, c’est un programme qui amène les gens à avoir plus de temps. Donc, oui, ça a plein de répercussions positives. »

Si Mme Hivon a reproché autant à François Legault qu'à Philippe Couillard d'annoncer des « choses complètement irréalistes », elle a en plus déploré que le premier ministre sortant le fasse « après des années d’austérité. Quel cynisme! »

Politique provinciale

Politique