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Consultation sur le Projet Authier : La Motte pourrait revoir sa position

Prostestation à l'extérieur du Centre communautaire de La Motte
Prostestation à l'extérieur du Centre communautaire de La Motte Photo: Radio-Canada / Thomas Deshaies
Radio-Canada

La consultation publique organisée par la municipalité de La Motte concernant le projet de mine de lithium de l'entreprise Sayona Québec a eu lieu mardi soir, non sans controverse.

Un texte de Thomas Deshaies

Alors que certains citoyens se sont dits satisfaits de la démarche, d'autres ont décrié les modalités de cette consultation, jugées comme antidémocratiques, puisque ni les journalistes ni les non-résidents ne pouvaient y assister. Le maire a quant à lui affirmé à sa sortie de la rencontre que les élus pourraient revoir leur position.

Des membres du Comité citoyen de protection de l’esker ont protesté toute la soirée à l’extérieur du lieu de la consultation, pour dénoncer l’appui des élus de La Motte envers le Projet Authier, annoncé avant même la tenue de la consultation. C’est sans queue ni tête que le conseil de cette municipalité vienne consulter la population devant le fait accompli, a dénoncé leur co-porte-parole, Rodrigue Turgeon.

On veut aussi démontrer à Sayona que les citoyens demeurent vigilants.

Le co-porte-parole du Comité citoyen de protection de l’esker, Rodrigue Turgeon

Les élus pourraient revoir leur position

Le maire de La Motte, Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre, a toutefois laissé planer la possibilité d’un repositionnement de la municipalité dans ce dossier, à sa sortie de l’assemblée. Vraiment, le BAPE a été un sujet qui est revenu [dans les discussions] et on a l’obligation, le devoir, de revenir là-dessus et d’en discuter, a-t-il déclaré.

Aucun représentant des milieux scientifiques ou environnementaux n’était invité, ce que dénonce la citoyenne Louise Leboeuf. Il y a des énormités qui se sont dites ce soir puis on n’avait pas la contre-expertise, s’est-elle exclamée.

Il faut que les élus se repositionnent, puis qu’ils prennent le temps de revenir à leur premier mandat, soit des élus pour le peuple, pour leurs citoyens.

Louise Leboeuf, citoyenne de La Motte

Le citoyen Paul Lafrenière soutient que les citoyens n’avaient pas toute la liberté de s’exprimer. On n’avait pas nécessairement la possibilité de donner une opinion, puisqu’il fallait se limiter à une question, a-t-il déploré.

Une autre citoyenne, Vivianne Toupin, était quant à elle satisfaite du déroulement de la soirée et en faveur du projet minier. Là, on n'a plus de dépanneur, plus de gaz, puis ça va apporter de l’amélioration, puis c’est ce dont on a besoin, a-t-elle affirmé.

Quelques autres citoyens qui n’ont pas voulu nous accorder d’entrevue se sont aussi exprimés en faveur du projet à leur sortie de la rencontre.

Interdit aux journalistes

Les journalistes et non-résidents se sont vu refuser l’accès à la consultation. Le maire a justifié cette décision par un souci d’apaiser les tensions. Je crois que c’était sain qu’il n’y ait pas de flash ou d’enregistrement, ç'a gardé les choses un peu plus calmes, a-t-il affirmé, tout en soulignant qu’il serait tout à fait disposé à rouvrir le débat prochainement.

M. Fecteau-Lefebvre s’est toutefois dit dépassé par l’ampleur de la tâche pour le village et a réclamé un support des ministères concernés par le projet minier, affirmant que depuis l’émergence du projet, la Ville n’aurait reçu que bien peu d’appui de l’État.

J’ai été très surpris que les grands absents de la soirée, ce soit le ministère des Ressources naturelles. On aimerait les avoir et qu’ils décrivent le processus du BAPE. On aurait aimé ça avoir du soutien.

Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre, maire de La Motte

Un dépôt du projet après les élections?

Selon le maire et plusieurs citoyens présents sur place, la minière a affirmé qu’elle déposerait ses demandes d’autorisation en octobre, soit après les élections. Lors des précédentes consultations, la minière indiquait que cette démarche serait effectuée à partir de septembre 2018.

Or, la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon, a récemment affirmé en entrevue qu’elle ne pouvait enclencher le processus d’analyse par le BAPE avant le dépôt de cette demande. Ce sera donc vraisemblablement le prochain gouvernement qui devra prendre une décision quant à l’assujettissement du Projet Authier au BAPE.

Des candidats démontrent leur appui aux citoyens

Les candidats de trois formations politiques de la circonscription d’Abitibi-Ouest se sont déplacés pour soutenir les citoyens qui participaient au rassemblement qui a eu lieu en marge de l’assemblée publique.

Le candidat du Parti Québécois, Sylvain Vachon, ne comprend pas pourquoi Sayona Québec n’a toujours pas demandé d’elle-même un BAPE. Il y a plein de minières qui passent par ce processus et qui s’y prennent de bonne foi. Sayona Québec devrait prendre acte qu’au Québec, il y a des règles et ce qu’on souhaite, c’est que le projet soit soumis à un BAPE, a-t-il souligné.

Les candidats du PQ, du PLQ et de QS démontrent leur appui aux citoyens.Les candidats du PQ, du PLQ et de QS démontrent leur appui aux citoyens. Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Rose Marquis, candidate de Québec solidaire, s’est questionnée sur la méthode de consultation des élus de La Motte. La démocratie a comme été bafouée quelque part, a-t-elle affirmé. Il faut d’abord donner un endroit où les gens peuvent venir s’exprimer, pour après continuer avec un projet, estime-t-elle.

Le candidat libéral, Martin Veilleux, s’est quant à lui positionné pour un BAPE et contre le Projet Authier. Quand tu débarques en cowboy comme cela puis go go go, on y va, ça ne fonctionne plus. On n'est plus dans les années 1950, s’est-il exclamé. Tu n’as jamais une deuxième chance de faire une bonne impression, mais là, ils sont rendus à la septième.

Les coûts de la consultation publique organisée par la municipalité ont été remboursés par la minière, mais sans droit de regard sur le déroulement, a fait savoir le maire.

L’équipe de Sayona Québec a de nouveau refusé notre demande d’entrevue, puisqu’elle ne s’adresse plus aux médias depuis des mois.

Abitibi–Témiscamingue

Métaux et minerais