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Réfugiés vénézuéliens : le Brésil mobilise son armée à la frontière

Des soldats de l'armée patrouillent dans une rue à côté des Vénézuéliens après avoir vérifié leur passeport ou leur carte d'identité à la frontière de Pacaraima.

Le ministre de la Défense Joaquim Silva e Luna a confirmé que « les troupes étaient déjà positionnées » à la frontière.

Photo : Reuters / Nacho Doce

Radio-Canada

Le Brésil a mobilisé son armée à la frontière avec le Venezuela pour faire face au flux de réfugiés qui fuient depuis des mois leur pays, secoué par une grave crise économique et politique.

Dans une allocution télévisée mardi soir, le président Michel Temer, qui a lui-même ordonné le déploiement par décret, a expliqué que son geste était rendu nécessaire pour « garantir la sécurité des citoyens brésiliens, mais aussi des immigrants vénézuéliens qui fuient leur pays ».

« Je décrète l'envoi des forces armées pour garantir la loi et l'ordre dans l'État de Roraima [...] du 29 août au 12 septembre », a-t-il annoncé.

Le ministre de la Défense Joaquim Silva e Luna a confirmé que « les troupes étaient déjà positionnées » à la frontière.

Son collègue de la Sécurité institutionnelle Sergio Etchegoyen a parlé, lui, de « discipliner » les flux de migrants.

Une crise qui touche toute l'Amérique latine

Le président Temer, dont le pays a accueilli quelque 60 000 réfugiés, a déploré une situation migratoire « tragique » qui menace « l'harmonie de presque tout le continent ».

Ce n'est pas seulement le Brésil qui endure ces conséquences, mais le Pérou, l'Équateur, la Colombie et d'autres pays d'Amérique latine.

Michel Temer, président du Brésil
Des migrants vénézuéliens attendent au Centre des services frontaliers du Pérou.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Pérou invoque un «danger imminent» pour la santé et pour la situation sanitaire du fait de l'exode des Vénézuéliens.

Photo : Reuters / Douglas Juarez

Le Pérou a décrété mardi l'état d'urgence sanitaire pour une durée de 60 jours dans deux provinces à sa frontière nord. Le président Martin Vizcarra a invoqué un « danger imminent » pour la santé et pour la situation sanitaire du fait de l'exode des Vénézuéliens.

Les services de santé du pays ont déjà dit craindre une propagation de maladies comme la rougeole et le paludisme, en raison de l'afflux de migrants, qui dans beaucoup de cas n'ont pas eu accès à des soins de base dans leur pays.

Jeudi dernier, Lima annonçait s’attendre à recevoir 100 000 réfugiés vénézuéliens dans les prochaines semaines, ce qui porterait à un demi-million le nombre de personnes arrivées sur son sol.

Les autorités ont indiqué que le rythme des arrivées était de 3000 réfugiés par jour, ajoutant qu'elles exigeront désormais un passeport des Vénézuéliens qui cherchent à s'établir dans le pays.

La semaine dernière, l’Équateur avait convoqué les représentants de 13 pays à un sommet les 17 et 18 septembre à Quito pour tenter de trouver des solutions à cette crise.

Outre le Venezuela, la rencontre de Quito réunira l'Argentine, le Brésil, la Bolivie, la Colombie, le Costa Rica, le Chili, le Mexique, le Pérou, le Paraguay, le Panama, la République dominicaine et l'Uruguay.

Évoquant un « enjeu régional », le ministre équatorien des Affaires étrangères Jose Valencia a déclaré qu'une discussion sur les questions d'ordre social était nécessaire pour que la migration se fasse de manière ordonnée et sécuritaire.

Quelque 2,3 millions de Vénézuéliens vivent à l'étranger. Plus de 1,6 million d'entre eux ont quitté leur pays depuis 2015, selon l'ONU, qui précise que 90 % de ces réfugiés se sont rendus dans les pays de la région.

L’OEA veut des sanctions contre le régime vénézuélien

Alors que l'ONU a annoncé qu'elle allait mettre en place une cellule de crise régionale, l'Organisation des États américains (OEA), a appelé les pays d'Amérique latine à mettre en place des sanctions contre le gouvernement vénézuélien, qu'il a qualifié de « dictature ».

La priorité pour le Venezuela est que les pays latino-américains appliquent des sanctions, et encore davantage de sanctions de la part de l'Union européenne et des États-Unis.

Luis Almagro, secrétaire général de l'OEA

M. Almagro, connu pour ses critiques répétées contre le président du Venezuela Nicolas Maduro, a énuméré les actions adoptées par le secrétariat général de l'OEA contre Caracas, parmi lesquelles l'application de la Charte démocratique interaméricaine, texte signé par les pays membres de l'OEA, dont le Venezuela.

Isolé sur la scène internationale, le gouvernement vénézuélien a assuré que les migrants allaient « revenir » au pays grâce aux réformes économiques du président Maduro.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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