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Le Groupe SM se met à l'abri de ses créanciers

Une partie de la nouvelle structure du pont Champlain

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Radio-Canada

Le Groupe SM, une firme de génie qui contribue entre autres à la construction du nouveau pont Champlain et à la réfection de l'échangeur Turcot, s'est placé vendredi sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

Le comptable qui a été nommé par les tribunaux pour restructurer l’entreprise, Paul Lafrenière, confirme que le Groupe SM doit au total 184 millions de dollars à plusieurs centaines de créanciers, alors que son chiffre d'affaires est d'environ 100 millions de dollars par an.

De ces créances, environ 54 millions de dollars sont des dettes contingentes, c’est-à-dire qu’elles sont contestées par l’entreprise.

M. Lafrenière précise que les principaux créanciers sont des fonds de placement et des fournisseurs de services.

Les dirigeants du Groupe SM ont refusé de commenter la situation. Cependant, M. Lafrenière soutient que les difficultés financières de l’entreprise s’expliquent en bonne partie par des déboires entourant un important projet en Algérie, qui a entraîné des pertes substantielles et des recours coûteux devant les tribunaux.

Une faillite « peu probable »

Le responsable de la restructuration du Groupe SM affirme que toutes les options sont sur la table pour permettre à la compagnie de rééquilibrer ses finances. Il est donc trop tôt pour savoir s’il y aura vente ou recherche de nouveaux investisseurs, par exemple.

« La faillite est le seul scénario qui apparaît peu probable », affirme M. Lafrenière, qui souligne que l’entreprise dispose toujours d’atouts, comme des occasions d’affaires et un carnet de commandes qu’il qualifie « d’intéressants ».

Aucune perte d’emplois n’est prévue pour l’instant. Le responsable de la restructuration doit rencontrer, d’ici vendredi, les quelque 700 employés du Groupe SM à Montréal, Longueuil, Sherbrooke, Granby, Trois-Rivières et Laval.

Des contrats maintenus

Paul Lafrenière assure que l’entreprise pourra honorer ses contrats, puisqu’elle a obtenu un financement intérimaire qui lui permet de poursuivre ses opérations.

Les personnes qui sont affectées, ce sont les fournisseurs, les créanciers. Leurs créances sont gelées en date de vendredi. Mais ça n’a aucun impact, autant pour les clients que pour les employés.

Paul Lafrenière, comptable responsable de la restructuration financière du Groupe SM

Par courriel, Infrastructure Canada indique qu’elle ne prévoit pas que la situation du Groupe SM aura une incidence sur la réalisation du nouveau pont Champlain. La firme agit à titre de consultant pour ce projet, et elle réalise entre autres des tests de laboratoire pour s’assurer de la conformité des travaux.

De son côté, le ministère des Transports du Québec confirme qu’il a aussi été informé de la situation financière du Groupe SM, et assure qu’il prendra les mesures nécessaires au besoin.

Pas de lien avec les arrestations par l’UPAC

Paul Lafrenière soutient que le recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers n'a rien à voir avec les arrestations de Bernard Poulin et Dany Moreau, alors président et vice-président de la firme, par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en septembre dernier.

Depuis ces arrestations, le dossier du Groupe SM est réévalué par l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui doit déterminer si la firme va conserver ou non le droit de conclure des contrats publics.

Mardi, un porte-parole de l’AMF a indiqué que l'analyse du dossier était toujours en cours.

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