•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Négociations sur l'ALENA : « Le Canada est en rattrapage », selon Charest

Jean Charest fait le point sur l'état des relations canado-américaines

L'ex-premier ministre du Québec Jean Charest en entrevue à RDI

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les négociateurs canadiens seront mis devant le fait accompli et ils auront bien du mal à faire modifier l'entente conclue entre les États-Unis et le Mexique sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), selon l'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest.

« Le Canada est en rattrapage, il n’y a pas de doute là-dessus », explique M. Charest en entrevue à ICI RDI. « On voit bien qu’ils sont en avant et on court pour rejoindre les deux autres. »

Je ne pense pas que le Canada puisse espérer changer ce que les Américains et les Mexicains ont convenu.

Jean Charest

M. Charest, qui a participé aux négociations sur l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe, estime que le Canada se retrouve isolé face aux deux autres partenaires de l’ALENA.

La pierre d’achoppement

M. Charest estime que le Canada n’aura aucune difficulté à s’entendre avec ses partenaires sur les questions touchant le secteur de l'automobile. « Ce qui a été rendu public va probablement être acceptable pour le Canada », estime-t-il.

La clause que Washington souhaite introduire dans l'accord et qui fera en sorte que l’ALENA devra être renégocié périodiquement rencontrera cependant plus d'opposition de la part des négociateurs canadiens.

Mais ils pourraient devoir se contenter de la nouvelle formule négociée entre Washington et Mexico qui évacue l'idée d'une renégociation tous les cinq ans au profit d'une formule qui allonge passablement la durée de vie de l'accord.

Là on parle d’un scénario [de] 16 ans plutôt que de 5 ans. Ce n’est pas idéal, mais c’est probablement une zone de compromis que le Canada devra accepter.

Jean Charest

Cette concession américaine, estime-t-il, est un signal positif pour Ottawa qui, comme Mexico, était totalement opposé à ce type de clause.

Quant à la question de la gestion de l’offre, M. Trump en est « obsédé », selon M. Charest. Même si son secrétaire à l’agriculture avoue lui-même que les Américains ne demandent pas le démantèlement de la gestion de l’offre, M. Trump y tiendrait mordicus.

Le Canada devra faire preuve d’ouverture sur ce point, selon M. Charest, s’il veut parvenir à une entente. « À mon avis, c’est là où on va arriver », estime-t-il, en citant deux précédents : l’accord de libre-échange Canada-Europe et le Partenariat Transpacifique (PTP).

Le compte à rebours tire à sa fin

M. Charest croit que l’entente peut être conclue au cours des quatre prochains jours en raison de la tenue des élections de mi-mandat aux États-Unis et le changement de garde au Mexique. « Il y a un effet cumulatif des négociations, ce n’est pas la première fois qu’on s’assoit ensemble », explique-t-il.

M. Charest compare les négociations à un entonnoir : « [Au début], il y a une vingtaine de chapitres. Tous les autres chapitres sont réglés sur les enjeux sur lesquels on pouvait facilement s’entendre et après on arrive aux enjeux clés, là où les compromis se font et se décident sur le plan politique. »

L’ancien premier ministre du Québec soutient que la pression exercée sur le Canada en raison des contraintes de temps est volontairement orchestrée par les Américains.

« Les Américains savent très bien ce qu'ils font en disant : nous avons malheureusement une date butoir et il reste quatre jours », avance-t-il. « C’est fait exprès, ça fait partie des jeux de la négociation ».

Dans l’éventualité où une entente serait conclue, le gouvernement fédéral devra encore « la vendre aux Canadiens », conclut M. Charest.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !