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L'ONU dénonce les raids au Yémen et soupçonne des crimes de guerre

Des enfants sur des tombes préparées pour les victimes de l'attaque aérienne de jeudi dans la province de Saada, au Yémen.

Photo : Reuters / Naif Rahma

Radio-Canada

Les bombardements des forces aériennes de la coalition arabe qui intervient depuis 2015 au Yémen ont provoqué de lourdes pertes civiles en visant des zones habitées, des marchés ou encore des mariages, estime mardi une mission d'enquête des Nations unies, qui juge que certaines frappes pourraient s'apparenter à des crimes de guerre.

L'Arabie saoudite dirige cette alliance des pétromonarchies du Golfe qui combat depuis plus de trois ans les rebelles houthis chiites en soutien au gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi.

Les combattants houthis sont également épinglés par les enquêteurs de l'ONU pour avoir tiré des missiles en territoire saoudien, bloqué la fourniture de vivres à Taëz et bombardé la ville depuis les hauteurs. Les rebelles ont également commis des actes de torture, ce qui constitue un crime de guerre, disent-ils.

Les forces de la coalition ont imposé de sévères restrictions aux ports yéménites sur la mer Rouge et à l'aéroport de Sanaa, la capitale occupée par la rébellion, privant les habitants de ressources vitales, soulignent encore ces experts indépendants dans leur rapport au Conseil des droits de l'homme.

« Les frappes aériennes de la coalition ont provoqué la plupart des morts de civils documentées. Au cours des trois dernières années, ces frappes ont touché des zones d'habitation, des marchés, des enterrements, des mariages, des centres de détention, des navires civils et même des installations médicales », écrivent les experts.

Disctinction, proportionnalité, précaution

L'enquête menée sur 11 incidents a mis en relief « d'inquiétantes préoccupations concernant les procédures d'identification des cibles » de la coalition, ajoutent-ils.

« Des individus au sein du gouvernement yéménite et de la coalition, y compris en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, pourraient avoir mené des attaques en violation des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution qui pourraient s'apparenter à des crimes de guerre », déclarent-ils en précisant avoir établi une liste confidentielle de suspects.

Toutes les parties ont enrôlé des enfants âgés de 11 à 17 ans et les ont envoyés au front, ce qui constitue également un crime de guerre, poursuit le rapport de 41 pages.

Le ministre émirati des Affaires étrangères, Anouar Gargach, a estimé que l'enquête méritait une réponse. « Nous devons examiner et répondre au rapport publié aujourd'hui par les experts », a-t-il dit dans un tweet.

« La coalition remplit son rôle dans le rétablissement de l'État yéménite et dans la construction d'un avenir dans la région sans interférence iranienne », a-t-il ajouté.

La publication du document intervient à quelques jours de pourparlers de paix de l'ONU entre le gouvernement et les Houthis, le 6 septembre à Genève.

La mission, présidée par l'expert tunisien Kamel Jendoubi, ne fait aucune allusion aux alliés occidentaux de la coalition, à qui ils fournissent armes et renseignements, et ne mentionne pas non plus le soutien iranien aux miliciens houthis.

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