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Le mauvais étiquetage des fruits de mer est très répandu au Canada

Étiquette japonaise : des sushis sur une assiette

Les échantillons portaient principalement sur les sortes de poissons plus chères qui avaient déjà été signalées par des études précédentes comme étant parfois mal étiquetées.

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Radio-Canada

Un taux alarmant de fruits de mer vendus en magasin et en restaurant est mal étiqueté au Canada, d'après une étude publiée mardi par un groupe de défense des océans.

Oceana Canada soutient avoir découvert un mauvais étiquetage dans 44 % des échantillons testés aux fins de l’étude en 2017 et en 2018. Dans 75 % des cas, des poissons moins prisés étaient identifiés comme des poissons plus chers.

« Vous vous faites voler », lance Julia Levin, militante pour la campagne antifraude d’Oceana Canada.

Dans sa plus vaste enquête jusqu’à maintenant, le groupe établi à Toronto dit avoir amassé 382 échantillons de fruits de mer chez 177 vendeurs et restaurants à Vancouver, à Victoria, à Toronto, à Ottawa et à Halifax. Les échantillons étaient principalement les sortes de poissons plus chères qui avaient déjà été signalées par des études précédentes comme étant parfois mal étiquetées.

De ces 382 échantillons, des tests d’ADN ont montré que 168 ne satisfaisaient pas aux exigences d’étiquetage établies par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Cette dernière, qui est responsable de la sécurité des aliments et de l’étiquetage, a affirmé ne pas pouvoir commenter immédiatement ce rapport.

Il ne s’agissait pas seulement de quelques erreurs.

Julia Levin, militante pour la campagne antifraude d’Oceana Canada

L’organisme n'accuse pas les détaillants ou les restaurants, estimant qu’ils pourraient être eux aussi des victimes comme les consommateurs. Il qualifie toutefois le phénomène de fraude, car les erreurs d’étiquetage engendrent souvent des coûts plus élevés pour les consommateurs. Ainsi, du tilapia, un poisson moins cher, est plus souvent étiqueté comme du vivaneau, une espèce plus coûteuse, que l’inverse, selon Julia Levin.

Encore plus courant au restaurant

Selon Oceana Canada, le mauvais étiquetage est plus fréquent dans les restaurants, où 52 % des échantillons testés étaient mal identifiés. Ce taux s’élevait à 22 % chez les détaillants.

Josh Laughren, d’Oceana Canada, a affirmé en entrevue cette année à CBC que suivre les traces d’un poisson dans une économie globale est difficile. « Un poisson pêché au Canada peut être envoyé en Chine pour être nettoyé, aux États-Unis pour être pané pour revenir ensuite sur les tablettes canadiennes, mais en étant identifié comme un produit américain », explique de son côté Robert Hanner, professeur au département de biologie de l’Université de Guelph. Les tests d’ADN sur les échantillons ont d’ailleurs été effectués dans son laboratoire.

Un tableau présente des noms de poissons.

Les détails sur les poissons qui sont mal étiquetés.

Photo : Radio-Canada/Oceana Canada

Dans son rapport, Oceana Canada demande à l’ACIA de mettre en place des mesures de traçabilité des poissons, du bateau jusqu’à l’assiette.

Pour éviter de payer plus cher pour un produit de moins grande qualité, Julia Levine recommande de toujours demander de quelle espèce il s’agit, d’où elle vient et comment il a été pêché. Selon elle, si la personne qui vend le produit ne peut pas répondre à ces questions, il vaut mieux éviter de l’acheter.

Un rapport critiqué par l’industrie

Le président du Conseil canadien des pêches, Paul Landsbergen, pense que le rapport d’Oceana Canada exagère « un fait très rare dans le marché en général ». Le groupe représente l’industrie de la pêche commerciale et les compagnies qui traitent la majorité des poissons et des fruits de mer au Canada. Dans un courriel envoyé à CBC News, M. Landsbergen estime que cette étude et les précédentes sont conçues pour en arriver à des conclusions déjà déterminées. CBC lui a demandé de clarifier ses propos.

D'après les informations d'Emily Chung et de Jackie Ruryk, CBC News

Colombie-Britannique et Yukon

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