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Legault « est complètement à côté de la plaque », lance Couillard

    Le chef du PLQ Philippe Couillard

Selon Philippe Couillard, l'économie est la faiblesse de la CAQ et de son chef François Legault

Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes

Radio-Canada

Philippe Couillard a attendu le sixième jour de la campagne électorale pour lancer ses véritables premières salves contre François Legault, son principal concurrent en vue du scrutin du 1er octobre. Faire élire la Coalition avenir Québec, « le parti d'un seul homme », dit-il, serait « un grand risque économique » pour la province.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre) et Bernard Barbeau (Nouvelle fenêtre)

« Souvent, on entend dire : "[les partis] c’est toute pareil". Là, c’est pas pareil du tout. Il y a un choix absolument fondamental », a lancé le chef libéral mardi matin, dans la région de la Mauricie.

« Quand on n’est pas capable d’identifier le principal défi économique du Québec, parce qu’on ne veut pas en parler, [...] on est complètement à côté de la plaque », a-t-il repris en insistant sur le fait que « M. Legault est tout sauf un chef politique économique. »

« M. Couillard est un peu en panique, actuellement, a répliqué le chef de la CAQ en après-midi. Il y a une journée que je suis raciste; l’autre journée, je suis sexiste; l’autre journée, je ne connais pas l’économie. Écoutez, moi, je vais continuer à faire mes propositions. »

Alors que Philippe Couillard avait été plutôt discret sur ce sujet depuis le début de la campagne, s’abstenant même dans les premiers jours de nommer François Legault, il a clairement choisi d’attaquer de front le chef de la CAQ au lendemain de ses propos liés à la pénurie de main-d’œuvre.

« Si je ne le dis pas, je ne remplis pas mon rôle d’homme politique », a-t-il mentionné pour justifier sa sortie médiatique.

Alors que l’ex-homme d’affaires compte baisser de 50 000 à 40 000 le nombre d’immigrants accueillis chaque année au Québec, tout en avançant l’idée d’augmenter les salaires, le chef libéral n’a pas fait dans la dentelle.

Erreur de faits, dénonce Couillard

François Legault « fait une erreur de faits », a dénoncé Philippe Couillard. Ce dernier a expliqué que Québec ne contrôlait que l'arrivée de 30 000 personnes liées à l'immigration économique, soit « les travailleurs qualifiés, les entrepreneures, les travailleurs autonomes ».

Les réfugiés et les nouveaux arrivants concernés par le programme de réunification familiale sont gérés par le gouvernement fédéral, a-t-il fait savoir.

« Il faudrait au moins connaître les bases du système d’immigration pour en parler », a clamé le chef libéral.

Ce dernier a également vivement insisté sur la pénurie de main-d'oeuvre, évoquée lundi par la Ville de Québec et la Chambre de commerce de Montréal, qui ont demandé aux candidats de s'attaquer à cet enjeu pour conserver le dynamisme économique actuel.

Ces annonces, glisse-t-on dans l'entourage de Philippe Couillard, ont poussé le chef du PLQ à partir à l'offensive.

« Il refuse de reconnaître l’existence du problème », a clamé Philippe Couillard, en martelant à de nombreuses reprises « la faiblesse » de la CAQ au niveau de l’économie.

M. Legault doit être la seule personne au Québec à ne pas être au courant qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre. Je n’en reviens pas. Il continue, il essaye de ne pas en parler. Peut-être parce qu’il ne veut pas parler de la nécessité de faire venir des travailleurs d’ailleurs.

Philippe Couillard, chef du PLQ

« Je ne connais pas une seule entreprise au Québec et une seule institution publique qui n’est pas aux prises avec ce phénomène-là », a complété le candidat à sa réélection, soulignant que « l’économie du Québec va faire en sorte que les salaires vont augmenter ».

Les libéraux ont échoué, répond Legault

Plan moyen de M. Legault.

François Legault a souligné que le Québec perd 13 000 des 50 000 immigrants qu'il accueille chaque année.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

« M. Couillard est à peu près la personne la plus mal placée pour parler d’immigration, lui a rétorqué François Legault, qui était à Québec mardi matin. Parce que c’est un échec, l’intégration des immigrants sous le gouvernement libéral. »

« Je vous rappelle le chiffre : sur 50 000 nouveaux arrivants, on en perd 13 000, a-t-il fait valoir. Il y en a 13 000, en grande partie parce qu’ils ne trouvent pas un bon emploi payant, qui quittent pour une autre province. Donc, il en reste 37 000. Le défi, c’est pas seulement d’augmenter le nombre d’immigrants, c’est surtout d’augmenter le nombre d’immigrants bien intégrés dans un bon emploi au Québec. »

Une autre preuve de l'échec de M. Couillard : personnellement, il a accueilli des immigrants au Saguenay–Lac-Saint-Jean et ces immigrants-là ont choisi de s’en aller de la région. Même pas été capable avec ces personnes-là.

François Legault, chef de la CAQ

M. Legault faisait référence à une famille syrienne que Philippe Couillard avait parrainée, à Saint-Félicien. Elle a récemment quitté le Lac-Saint-Jean pour Montréal.

M. Couillard a de toute évidence trouvé que cette déclaration ne volait pas très haut. « Je vais lui laisser le choix du style de campagne », s'est contenté de dire le chef libéral lorsqu'il a été questionné à ce sujet.

D'après François Legault, « mieux intégrer les immigrants, ça veut dire reconnaître les diplômes, reconnaître l’expérience, reconnaître les acquis ».

Le leader de la CAQ s'est dit très conscient du problème que constitue la pénurie de main-d'oeuvre. Mais selon lui, « la solution, c’est pas juste l’immigration ».

François Legault table aussi sur l'éducation.

« Actuellement, on a un taux de décrochage qui est beaucoup trop élevé, beaucoup trop élevé, et on perd l’occasion d’avoir des travailleurs compétents, bien formés, qui pourraient prendre ces postes », a-t-il dit.

« On perd beaucoup de jeunes à chaque année, a-t-il ajouté. On a 76 % de taux de diplomation, et en Ontario, c’est 86 %. Faites un petit calcul de ce 10 points là. Pour avoir des travailleurs qualifiés, c’est aussi important que l’immigration. »

Pas de diminution des seuils, promet Couillard

Les seuils d'immigration ne baisseront pas si Philippe Couillard effectue un deuxième mandat, a précisé celui-ci. Il n'a cependant pas voulu s'avancer sur une éventuelle augmentation, rappelant que des réflexions annuelles sont menées sur ce sujet chaque année à l'Assemblée nationale.

Le chef du PLQ est également revenu sur les propos tenus par son homologue caquiste devant des jeunes le 17 août dernier.

François Legault avait alors réitéré son intention d'instaurer un test de français après trois années de présence au Québec. En cas d'échec, les personnes concernées seraient dans une situation illégale, comme des touristes qui s'éterniseraient dans la province, avait-il souligné.

« C’est excessivement négatif et c’est totalement anti-économique. Quel message du Québec envoie-t-on au monde? » s'est interrogé mardi M. Couillard.

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