•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

ALENA : Freeland à Washington pour une semaine de négociations à « plein régime »

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La ministre des Affaires étrangères du Canada s'est brièvement adressée à la presse en fin d'après-midi à Washington pour dire que les équipes de négociations vont travailler à « plein régime » au cours des prochains jours pour en arriver à une entente sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Au lendemain de l'annonce d'une entente de principe bilatérale conclue entre le Mexique et les États-Unis, la ministre Freeland a précisé qu'elle et le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, souhaitent une semaine « constructive » pour parvenir à un accord.

Mme Freeland a aussi déclaré que le Mexique avait fait des concessions qui seront positives pour les travailleurs américains et canadiens.

À des questions sur l'avenir de la gestion de l'offre, qui protège le prix des produits laitiers et d'autres produits agricoles canadiens face à la concurrence des producteurs étrangers, la ministre a réitéré la volonté de travailler dans l'intérêt des Canadiens.

La délégation canadienne doit rencontrer l'équipe mexicaine mardi soir et entamer un blitz de négociations avec les Américains mercredi.

Le négociateur commercial en chef du Canada, Steve Verheul, et une équipe du cabinet du premier ministre, y compris le secrétaire principal de Justin Trudeau, Gerald Butts, sont arrivés à Washington mardi matin dans ce but.

« Nous allons travailler de bonne foi, de façon constructive et présente, mais nous n'allons signer qu'un accord qui est bon pour le Canada et qui est bon pour les Canadiens de la classe moyenne », a indiqué mardi le premier ministre Justin Trudeau, lors d'un point de presse mardi après-midi.

Lundi matin, le président des États-Unis, Donald Trump, son homologue mexicain, Enrique Peña Nieto, ainsi que le nouveau président élu du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, avaient invité le Canada à reprendre rapidement les négociations de manière à permettre la conclusion d’une entente tripartite sur le renouvellement de l'ALENA.

La gestion de l'offre dans la mire de Washington

Une vache dans une étable.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'industrie laitière canadienne est régie par un système de gestion de l'offre que les Américains contestent dans le cadre des discussions de l'ALENA.

Photo : Radio-Canada

Parmi les points qui achoppent entre le Canada et les États-Unis, il y a notamment la gestion de l’offre.

Le Québec, parmi d'autres provinces, a plus d'une fois affirmé que le Canada se devait de la défendre bec et ongles à la table des négociations. Or, l'administration Trump l'a dans sa mire.

Ainsi, le conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, affirmait mardi sur les ondes de Fox News : « Nous voulons conclure un bon accord avec le Canada, mais cet accord doit comprendre une entente sur les produits laitiers. »

«  Faire monter rapidement le Canada à bord  »

Lundi, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, avait fait savoir que si les discussions avec le Canada n'étaient pas bouclées avant la fin de cette semaine, le président informerait le Congrès qu'il a conclu un accord avec le seul Mexique, mais qu'il serait ouvert à des négociations pour permettre au Canada de se joindre par la suite à cet accord.

Mardi matin, l'optimisme était de mise à Washington, où le secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, a déclaré croire que les États-Unis pouvaient s’entendre avec le Canada dès cette semaine.

Notre objectif est d'essayer de faire monter rapidement le Canada à bord.

Steve Mnuchin, secrétaire américain au Trésor
Ildefonso Guajardo, Chrystia Freeland et Robert Lighthizer derrière un lutrin sur lequel est écrit NAFTA-ALENA-TLCANAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les responsables de la renégociation de l'ALENA pour le Mexique, le Canada et les États-Unis : Ildefonso Guajardo, Chrystia Freeland et Robert Lighthizer

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Il faut dire que la pression est également forte sur l'administration Trump pour qu'un accord soit conclu rapidement avec le Canada. De nombreux élus, autant républicains que démocrates, souhaitent une telle conclusion, notamment en raison des millions d'emplois aux États-Unis qui dépendent de l'ALENA.

Sans l’accord du Canada, le traité commercial qui régit depuis 25 ans les échanges entre le Canada, le Mexique et les États-Unis pourrait être déchiré au profit d’ententes bilatérales.

Et à défaut d’une nouvelle entente avec Ottawa, Donald Trump menace d’imposer des tarifs et des droits compensatoires, entre autres sur les véhicules automobiles qui sont construits hors des États-Unis.

Économie