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Legault veut éliminer 5000 postes dans la fonction publique

M. Legault est présenté de profil, devant un drapeau du Québec.
François Legault souhaite limiter le « gaspillage » au sein de l'État québécois. Photo: Radio-Canada / Mathieu Potvin
Radio-Canada

La Coalition avenir Québec (CAQ) se propose de faire économiser au gouvernement 1,18 milliard de dollars par année en limitant le « gaspillage » et en réduisant la bureaucratie dans la fonction publique sans toutefois procéder à des mises à pied. Des économies qui l'aideront à réaliser ses engagements électoraux, a affirmé son chef.

Un texte de Bernard Barbeau

François Legault a annoncé mardi à Québec, dans une région où résident de très nombreux fonctionnaires, qu’il souhaite éliminer 5000 postes administratifs par attrition, soit en les éliminant à mesure que ceux qui les occupent présentement prendront leur retraite. Il estime que les économies annuelles qu’engendreront ces coupes atteindront 380 millions de dollars au bout de quatre ans.

« Il y a à peu près 500 000 employés au gouvernement du Québec. Donc, 5000 postes, c’est 1 % », a-t-il relativisé. La CAQ est arrivée à ce chiffre en menant différentes analyses et études comparatives, a-t-il précisé.

C’est tout à fait réaliste. Ça aurait dû être fait depuis longtemps.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

La CAQ estime que 36 000 employés de l’État – surtout des baby-boomers – prendront leur retraite au cours des quatre prochaines années et qu’« il y a là une occasion à saisir ».

Il y a quatre ans, ce sont plutôt 20 000 postes que la CAQ était prête à éliminer. Mais M. Legault et son équipe ont choisi de prendre à ce moment-ci un engagement « très conservateur », ce qui n'exclut pas d'aller éventuellement plus loin. « On va commencer dans les quatre prochaines années par ces 5000 postes », a dit le leader caquiste.

« Actuellement, il y a des ministères où il y a trois, quatre couches de gens qui supervisent d’autres superviseurs, a-t-il fait valoir. Il faut effectivement réduire la bureaucratie. »

François Legault a donné l'exemple du ministère de la Santé : « Là, on a des gens qui font des rapports à des gens qui font eux-mêmes des rapports et c’est très centralisé, parce que le ministre [Gaétan] Barrette veut tout savoir partout dans le réseau. Je pense qu’il faut faire davantage confiance à ceux qui travaillent dans les établissements. Évaluer les résultats, mais dans le choix des moyens, leur laisser plus de latitude et réduire la paperasse. »

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), principal syndicat des employés de l'État, a estimé peu après l'annonce de cette mesure qu'elle est « complètement irréaliste ».

« Après des années d’austérité, on est déjà à la limite », a fait valoir son président Christian Daigle.

Mesures déjà connues

M. Legault a également rappelé plusieurs mesures, annoncées en avril dernier, qu’il souhaite prendre pour améliorer l’efficacité de l’État, qui entraîneront d’après lui des économies annuelles de 800 millions de dollars :

  • regrouper les centres de traitement informatique;
  • regrouper les services en technologie de l’information;
  • numériser les services administratifs du gouvernement;
  • réduire d’au moins 10 % les coûts d’approvisionnement du gouvernement en biens et services.

Le chef de la CAQ a noté qu'il y a présentement 457 centres de traitement informatique au gouvernement du Québec, alors qu'il y a en seulement deux en Ontario.

M. Legault a cependant promis de ne diminuer ni l'offre ni la qualité des services prodigués aux citoyens. « Dans certains secteurs, il y aura quand même des embauches », a-t-il d'ailleurs mentionné.

« On a un plan qui est, je crois, très réaliste et applicable, a-t-il argué. Et je me sens très, très confiant de pouvoir le mettre en place. »

Les gens de Québec comprennent, selon Legault

M. Legault lève le bras.François Legault a choisi la ville de Québec pour faire cette annonce. Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Ce n'est pas par hasard que François Legault a fait ces annonces à Québec, là où « le vent de changement a commencé », avec l'élection en octobre 2017 de Geneviève Guilbeault dans la circonscription de Louis-Hébert.

Ce sont les gens de Québec, qui connaissent des gens qui travaillent dans la fonction publique, qui sont le plus à même de constater qu’il y a du gaspillage.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

« Je pense que les gens de Québec sont très conscients qu’il y a des gains d’efficacité à faire », a-t-il estimé.

Le modèle statistique de projection électorale Qc125.com laisse croire la CAQ pourrait remporter la grande majorité des sièges dans la région de Québec le 1er octobre prochain.

« Les électeurs de Québec se disent un peu plus à droite que le reste du Québec et relativement moins en faveur de la redistribution de la richesse, deux choses que l'on étiquette souvent à la CAQ », expliquait récemment Jean-François Daoust, doctorant en science politique à l’Université de Montréal.

Calcul électoral : la CAQ veut réduire la taille de l'État

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