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Mystère aux Terrasses de la Chaudière : maux de tête et nausées inexpliquées

La silhouette d'une femme qui se touche le front, devant une photo des Terrasses de la Chaudière.

La qualité de l'air à l'intérieur des immeubles des Terrasses de la Chaudière, à Gatineau, cause des maux de tête aux employés, des nausées et plusieurs autres problèmes respiratoires.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La qualité de l'air à l'intérieur des immeubles des Terrasses de la Chaudière, à Gatineau, cause des maux de tête aux employés, des nausées et plusieurs autres problèmes respiratoires. C'est ce qu'on apprend dans près de 800 pages de documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Un texte de Stéphane Leclerc

Dans les 788 pages de documents que nous avons consultées, on trouve 16 rapports d'analyse de la qualité de l'air, de 2013 à 2017, sur plusieurs étages du complexe.

On trouve aussi des plaintes. Au point où une employée cadre de Patrimoine canadien déclenche un processus formel pour qu'on évalue la qualité de l'air, au 11e étage du 25, rue Eddy.

La santé des employés semble affectée par l'air dans nos bureaux : maux de tête, nausées, crises d'asthme, symptômes d'allergie (au pollen, mais dans l'édifice), sans parler des odeurs, de la variation des températures et [du] sentiment que l'air est vicié.

Gestionnaire de Patrimoine canadien

Dix personnes à l'hôpital

Dans une note datée du 25 avril l'an dernier, le gestionnaire de l'unité du Code canadien du travail de Services publics et Approvisionnements Canada, Laurent Lavergne, rappelle l'historique des problèmes liés à la qualité de l'air au 25e étage du 10, rue Wellington et au 6e étage du 15, rue Eddy.

Les problèmes sont récurrents, écrit M. Lavergne. Les premières analyses de la qualité de l'air documentées remontent à une dizaine d'années (2007). Sauf qu'elles ne rapportent aucune inquiétude, sinon peut-être en ce qui concerne le confort des employés. C'est le cas au 25e étage du 10, rue Wellington.

Les imposants immeubles de brique brune des Terrasses de la Chaudière.

Le complexe des Terrasses de la Chaudière a été construit en 1978.

Photo : Radio-Canada

Les plaintes d'employés semblent s'accumuler au sujet du 6e étage du 15, rue Eddy. Dans sa note de service, le gestionnaire indique une communication datée du 22 septembre 2014 avec l'agent de santé et sécurité au travail, Louis Bigras, dans laquelle il est question « d'urgence ». Des employés se plaignent d'odeurs près des ascenseurs et sur l'étage. Dix personnes ont dû se rendre à l'hôpital au cours du dernier mois pour des problèmes respiratoires, peut-on lire.

On note une « odeur » au coin sud-ouest de l'immeuble et des niveaux élevés de composés organiques volatils (COV), principalement des hydrocarbures, près d'une tuile de tapis soulevée. D'autres tests sont faits sur l'étage. Il est finalement recommandé d'augmenter la ventilation de l'étage et de changer les tapis et la colle du tapis.

Les tapis en cause?

Fin mai l'an dernier, l'entreprise responsable de la gestion des bâtiments des Terrasses, Brookfield Global Integrated Solutions, et Services publics et Approvisionnement Canada font une demande commune pour qu'on remplace les carreaux de tapis dans les corridors les plus achalandés du 6e étage du 15, rue Eddy et du 25e étage du 10, rue Wellington, la plus haute tour du complexe des Terrasses de la Chaudière. Un projet de près de 250 000 $, selon l'estimation que nous avons obtenue, qui doit s'étendre jusqu'en mars l'an prochain.

Mystère, mystère...

Radio-Canada a invité Services publics et Approvisionnements à répondre à son reportage. Les autorités responsables ont répondu que des études ont été faites sur la qualité de l'air et qu'aucune ne conclut à une menace pour la santé des travailleurs.

Le député fédéral de Hull-Aylmer Greg Fergus a aussi réagi. C'est important que [les employés aient] une place qui est propre à être efficace et très salubre. On va faire notre possible pour s'assurer qu'on va régler ces problèmes-là, a-t-il assuré.

Parmi les rapports d'analyse de la qualité de l'air obtenus par Radio-Canada, aucun ne fait état de niveaux graves ou importants de monoxyde ou de dioxyde de carbone, ni de présence inquiétante de moisissures ou de bactéries, même si on en a trouvé des traces sur certains étages, selon certaines études.

Rappelons qu'en août 2015, Travaux publics avait découvert de faibles traces de la bactérie de la légionellose, lors de l'entretien du système de chauffage, climatisation et ventilation des Terrasses.

Notons que ni l'Alliance de la Fonction publique du Canada ni l'Institut professionnel de la fonction publique n'étaient au courant d'enjeux particuliers quant à la qualité de l'air aux Terrasses de la Chaudière.

Nos sources nous indiquent toutefois que, malgré des améliorations ponctuelles à la ventilation et à la surveillance de la qualité de l'air, ces problèmes chroniques sont loin d'être réglés.

Ottawa-Gatineau

Santé publique