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Les risques pour la santé de la bière à 1 $

Un homme tendant la main vers des canettes sur un comptoir.
Le premier ministre ontarien, Doug Ford, avait promis en campagne d'abaisser le prix plancher de la bière à 1 $. Photo: La Presse canadienne / COLE BURSTON

L'entrée en vigueur du nouveau prix plancher pour la bière ne fait pas l'affaire de tout le monde. Plusieurs microbrasseries y voient une perte de revenus, tandis que des intervenants en prévention et en traitement de dépendance y voient des ressources mal investies.

Les autorités de la santé et les experts en traitement de l’alcoolisme remettent en question cette initiative du gouvernement de l’Ontario.

Une bière à un dollar représenterait potentiellement un incitatif dangereux à consommer, alors que les problèmes causés par l’alcool se comptent par milliers annuellement, selon Santé publique Ottawa. Dans la capitale seulement, on a recensé près de 6000 visites à l’urgence et 2000 interventions des ambulanciers paramédicaux reliées à l’alcool en 2017.

On va continuer à regarder les effets de ces politiques et voir comment, nous, on peut gérer de l’autre côté avec l’éducation et la prévention pour être sûrs qu’on n’a pas d’effets néfastes de ça, explique le gestionnaire de Santé publique Ottawa en milieu scolaire et communautaire, Marino Francispillai.

S’ajoute le manque de ressources pour intervenir auprès des personnes aux prises avec un problème d’alcoolisme, affirme le directeur général de la maison Fraternité, Yvon Lemire.

En toxicomanie, du moins au niveau traitement, on est le cousin pauvre du système de santé. Ça fait depuis 2009 qu’on n’a pas eu d’augmentation à nos budgets. On risque de ne pas en avoir maintenant si on continue à réduire le prix de l’alcool, craint M. Lemire, qui explique du même souffle que, faute de budget suffisant, les centres d'intervention comme le sien peinent à garder leur personnel.

Jusqu’à présent, seules trois des 272 brasseries faisant affaire en Ontario ont voulu participer à l’initiative du gouvernement de Doug Ford. Je ne pense pas qu’on va voir un changement avec ça, mais pour nous [ce qui importe] c’est le message qu’on envoie au monde, prévient M. Francispillai.

Avec les renseignements de Gilles Taillon et Audrey Roy

Ottawa-Gatineau

Consommation