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Philippe Couillard s'opposera à un ALENA sans gestion de l’offre

Philippe Couillard parle aux médias devant son autobus de campagne.
Philippe Couillard dit qu'il n’y aura pas de compromis de son gouvernement sur la gestion de l’offre. Photo: Radio-Canada

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, s'opposera à une nouvelle entente conclue dans le cadre du renouvellement de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) si la gestion de l'offre dans le secteur agricole n'en fait pas partie.

Un texte de Yannick Donahue

Le premier ministre sortant a fait cette déclaration en mêlée de presse, lundi après-midi, dans la foulée de l'annonce de la conclusion d’un nouvel accord de libre-échange entre l’administration américaine de Donald Trump et le gouvernement mexicain, qui se substitue à l’ALENA, avant l'ouverture rapide de pourparlers avec le Canada.

Si on devait annoncer une entente qui encoche ou qui diminue la gestion de l'offre, je vais immédiatement indiquer mon opposition.

Le chef libéral Philippe Couillard

« C’est une défense sans compromis de la gestion de l’offre. Il n’y aura pas de compromis de mon gouvernement ou de moi sur la gestion de l’offre. Il faut être excessivement clair », a affirmé M. Couillard.

« On est également très attachés à ce qu’on appelle l’exception culturelle. […] Et, bien sûr, le mécanisme de règlement des différends. C’est un souci qu’on partage avec l’ensemble des Canadiens », a-t-il ajouté.

Qu'est-ce que la gestion de l'offre?

Le système de gestion de l'offre alloue des quotas de production aux producteurs de lait, d'oeufs et de volailles, ce qui leur assure un certain revenu sans subvention gouvernementale. Ottawa s'engage par ce système à limiter l'entrée de produits importés pour que la demande soit comblée par la production canadienne. Ce mécanisme a été mis en place dans les années 1970.

Source : La semaine verte

De la pression

Philippe Couillard croit que le gouvernement de Justin Trudeau subira une pression importante pour terminer cette négociation. Cela dit, il promet « d’être aux aguets » des prochaines discussions sur le renouvellement de l’ALENA.

« La pression sur le Canada va être énorme, mais même si la pression est énorme, on va résister de façon très forte à des compromis qui ne seraient pas acceptables pour nous. On ne donnera pas notre accord et ne participera pas à une entente qui est contre les intérêts du Québec », a-t-il insisté.

Il précise toutefois ne pas avoir « d’indications que M. Trudeau veut faire des compromis ».

M. Couillard demeure cependant positif. À ses yeux, la conclusion d’une entente entre deux des trois partenaires de l’ALENA doit tout de même être saluée.

« Une entente bilatérale États-Unis-Mexique, qui semble largement porter sur l’automobile et les règles d’origines, c’est une bonne nouvelle, parce que c’est une avancée très significative dans les négociations sur le traité de libre-échange, dont l’issue positive est une bonne chose pour le Québec », a-t-il déclaré.

Rectificatif

Dans une version précédente de cet article, Radio-Canada écrivait que le gouvernement fédéral avait besoin de l’appui de toutes les provinces canadiennes pour conclure une nouvelle entente commerciale avec les États-Unis et que le gouvernement Couillard opposerait son veto à pareil accord.

Dans les faits, la conclusion au Canada d’un accord de libre-échange bilatéral ou trilatéral s’effectue strictement au niveau du gouvernement fédéral et se déroule entre États. Les provinces sont exclues de la table des négociations. Elles peuvent démontrer leur opposition, sans toutefois disposer d’un réel pouvoir décisionnel. En d’autres termes, le Québec ne possède pas de veto concernant un ALENA renouvelé.

Une entente « cruciale », dit Legault

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec, est entouré de caméras pendant qu'il parle aux médias devant son autobus de campagne. François Legault, chef de la Coalition avenir Québec. Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a pressé le gouvernement Couillard de travailler avec le gouvernement Trudeau à conclure une entente de libre-échange avec les États-Unis.

« C’est très important, je dirais crucial, pour l’économie du Québec qu’il y ait une entente qui soit signée entre le Canada, les États-Unis et le Mexique », a-t-il affirmé.

Il ne faut pas faire de compromis sur la gestion de l’offre. Le gouvernement du Québec doit être très proactif. Je m’attends à ce que le gouvernement du Québec travaille d’heure en heure avec le gouvernement fédéral pour conclure une entente avec les États-Unis.

Le chef de la CAQ, François Legault

François Legault a rappelé à quel point la province est dépendante du marché américain.

« On sait que le Québec a un gros surplus commercial avec les États-Unis. Donc, c’est nous autres qui avons le plus à perdre à ne pas avoir d’entente avec les États-Unis. Il faut calculer combien on perdrait », a-t-il dit.

M. Legault estime que l’économie québécoise doit continuer à diversifier ses marchés.

« On a un gros déficit avec la Chine. On a un gros déficit commercial avec l’Allemagne. Un gros déficit avec le Mexique, un gros déficit avec l’Italie, donc il faut travailler sur ces marchés. Mais l’endroit où on exporte le plus, c’est aux États-Unis », a-t-il déclaré.

Le PQ va défendre le lait québécois

Le chef du Parti Québécois, Jean-François Lisée. Le chef du Parti Québécois, Jean-François Lisée. Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, ne s’est montré ni réjoui ni alarmé de la conclusion d’un accord commercial entre les États-Unis et le Mexique.

Moi, je ne suis pas à la table des négociations. Je n’ai pas vu les textes et tant que je n'ai pas vu les textes, je ne me dis ni optimiste ni pessimiste.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée

« Là où le danger arrive, maintenant qu’ils [les États-Unis] ont réglé avec le Mexique, Trump se retourne vers le Canada et il sait que le maillon faible, c'est le lait, c’est le Québec, c’est Philippe Couillard […] et c’est aussi François Legault. Pourquoi? Parce que les deux dernières ententes internationales, le Québec a payé avec des quotas de lait supplémentaires pour l’Ontario et pour l’Ouest », a-t-il déclaré.

M. Lisée s’inquiète par contre que le Québec sorte perdant des négociations entourant le renouvellement de l’ALENA. Il est d’avis qu’il faut « empêcher le Canada de faire payer au Québec des concessions qu'ils veulent obtenir pour l'Ontario, pour l'automobile ».

« J’ai entendu M. Trudeau dire aux États-Unis qu’il était prêt à être flexible sur la gestion de l'offre. J’ai entendu le ministre fédéral et le ministre de l’Agriculture des États-Unis dire que le Canada était prêt à faire des concessions sur le lait. Alors, je suis très préoccupé. Avec Philippe Couillard comme premier ministre ou François Legault comme premier ministre, ils ont démontré qu'ils étaient prêts à signer en sacrifiant le lait québécois. Moi, jamais », a-t-il promis.

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