•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des établissements d'enseignement postsecondaire pratiquent « l'indigénisation »

Un pavillon de l'Université Ryerson
Un pavillon de l'Université Ryerson Photo: CBC
La Presse canadienne

Cet été, alors que les étudiants se préparaient à retourner aux études, certains établissements d'enseignement postsecondaire apportaient des changements à leurs curriculums dans le but d'y réduire le « legs du colonialisme » et de répondre au rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Le rapport, publié en 2015, contenait une liste de recommandations, dont l'une demandait aux universités et aux collèges d'inclure les connaissances autochtones dans leurs programmes et de lever les obstacles à l'accès des étudiants autochtones à l'éducation.

Depuis lors, certains établissements d’enseignement à travers le Canada ont créé de nouvelles initiatives sur leurs campus en embauchant des éducateurs autochtones et en créant des programmes axés sur le savoir et la culture autochtones.

Le portrait d'un hommeOlson Crow, étudiant à l'Université Ryerson Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Selon Olson Crow, un étudiant autochtone de l'Université Ryerson, à Toronto, « l'indigénisation » consiste à « incorporer des modes de connaissance autochtones et à accueillir des membres de la communauté autochtone ».

Cet été a été déterminant pour l’Université, qui porte le nom d’Egerton Ryerson, un pionnier de l’éducation publique qui, selon la croyance générale, a contribué à façonner la politique des pensionnats au Canada. Des étudiants autochtones ont fait pression sur l’Université pour qu’elle retire la statue d’Egerton du campus durant des années. Or, l’université a installé une plaque en juillet à côté de la statue qui précise le rôle d’Egerton dans le « génocide culturel » commis envers les Autochtones.

M. Crow affirme avoir rencontré l'administration de l'Université à plusieurs reprises l’an dernier pour discuter du retrait de la statue. Bien qu'il qualifie la plaque de « grand pas vers la sensibilisation », il précise que, pour lui, « la plaque n’est pas [...] une solution de rechange au retrait de la statue ».

Cet été, Ryerson a lancé le Yellowhead Institute, le qualifiant de premier groupe de réflexion axé sur l’analyse des politiques et des lois touchant les collectivités des Premières Nations.

Ryerson a également entamé le processus de « décolonisation » de sa bibliothèque.

Selon la bibliothécaire en chef de l'Université, Carol Shepstone, il est important que toutes les universités s'attaquent au colonialisme. Cependant, son établissement est sous « un poids supplémentaire en raison du nom de Ryerson », dit-elle.

Par exemple, l'histoire autochtone est parfois classée dans la catégorie « Indiens d'Amérique du Nord » ou le mot « Indien » dans certaines bibliothèques canadiennes.

La façade d'un édifice de l'Université du Manitoba.L'Université du Manitoba Photo : Radio-Canada / Darren Bernhardt

Le travail d’élimination de ces termes est plutôt difficile dans les plus grandes bibliothèques, car il existe des milliers de rubriques et de sous-titres qui prennent beaucoup de temps à changer, affirme Christine Bone, bibliothécaire à l’Université du Manitoba.

Mme Bone affirme travailler sur un projet avec l'Association des archives du Manitoba pour trouver des solutions à ce problème.

L’Université de la Saskatchewan et l’Université de l’Alberta ont déclaré qu’elles étaient également au tout début de la transformation des titres des œuvres et de l’histoire autochtones dans leur bibliothèque.

De nouvelles initiatives visant à accroître l'accès au savoir autochtone ont également été mises en place dans d'autres établissements d'enseignement postsecondaire au Canada.

À l'Université Saint Mary's, à Halifax, l'établissement a déclaré avoir mis en œuvre diverses recommandations incluses dans un rapport de 2014 créé après la mort de Loretta Saunders, une étudiante inuite âgée de 26 ans, à l'Université.

Depuis lors, un conseiller aux étudiants autochtones a été embauché et de nouveaux programmes universitaires consacrés à l'histoire autochtone ont été créés.

À l’Université de la Colombie-Britannique, le nouveau Centre d’histoire et de dialogue des pensionnats indiens a ouvert ses portes en avril 2018.

Un programme d'échange sera lancé cette année avec des étudiants autochtones de l'Université Wilfrid Laurier et de l'Université Syracuse, dans l'État de New York. Trois étudiants de chaque université échangeront leur place tout en travaillant ensemble pour créer du matériel pédagogique autochtone.

Université McGillUniversité McGill Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Puis, l'Université McGill, à Montréal, s'est associée à la communauté mohawk de Kahnawake pour offrir un programme de baccalauréat en éducation dans la réserve elle-même.

De son côté, l'Université de Regina offre un tout nouveau programme pour améliorer les compétences en rédaction et en recherche des étudiants autochtones du premier cycle afin de les encourager à poursuivre des études supérieures. L'Institut de recherche estival autochtone a octroyé 3000 $ à chaque étudiant, soit 10 étudiants autochtones et 9 étudiants non autochtones.

Autochtones

Société