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Les partis politiques sous la loupe du financement populaire

Les quatre chefs de parti

Les quatre chefs de parti

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis des mois, la Coalition avenir Québec (CAQ) est en avance dans les sondages. Sur le terrain, toutefois, c'est de loin le parti politique qui recueille le moins de dons de la part des électeurs. Avec 1 129 000 $ récoltés depuis janvier 2015, le parti de François Legault est loin derrière le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral (PLQ). Même Québec solidaire (QS), avec trois députés à l'Assemblée nationale, réussit à ramasser plus de dons.

Un texte de Jonathan Lavoie

« Chaque parti a des stratégies différentes en fonction de ses besoins, ses coûts fixes et sa réalité », lance Éric Montigny, professeur au Département de sciences politiques de l’Université Laval.

Dans le cas de la CAQ, le politologue avance sans hésiter que le financement populaire ne fait pas partie des priorités des organisateurs.

« La CAQ met moins d'efforts à solliciter ses militants, d'abord parce qu'elle a des coûts fixes plus bas, ça, c'est un premier élément. Deuxième élément : il y a une allocation annuelle des partis qui est en vigueur […] dont la CAQ bénéficie, ce qui fait qu'elle a suffisamment de sous pour préparer sa campagne. »

Éric Montigny n’est pas surpris de voir le PQ au sommet du palmarès des dons récoltés. « Il y a une culture de financement populaire au PQ qui existe depuis sa fondation, qui demeure, qui est importante », résume le chercheur.

Il ajoute que le parti de Jean-François Lisée est celui qui a les coûts fixes les plus élevés. Le financement populaire est devenu encore plus important après les piètres résultats des dernières élections. Le financement de l'État versé aux partis est notamment calculé en fonction du nombre de votes obtenus.


Combien d’argent les partis ramassent-ils dans votre circonscription?

Pour savoir combien d’argent chacun des partis a récolté dans votre circonscription depuis janvier 2015, explorez la carte interactive ci-dessous. Les couleurs des circonscriptions représentent le parti qui a ramassé le plus de dons.

La version originale de ce document a été modifiée. Pour des raisons techniques, la version interactive de la carte n'est plus disponible.

Méthodologie

Les données présentées dans la carte ont été extraites des relevés officiels d’Élections Québec. Les quelque 132 000 dons effectués depuis 2015 ont été placés dans les différentes circonscriptions à l’aide du code postal que doivent obligatoirement fournir les donateurs.


Les circonscriptions des chefs

La répartition des dons par circonscription permet de comparer la performance des chefs dans leur comté. Puisque l’année 2018 n’est pas encore terminée et que la limite des dons est doublée à 200 $ pendant l’année électorale, les comparaisons sont basées sur 2017.

Dans Roberval, la circonscription du premier ministre Philippe Couillard, les partisans du Parti libéral du Québec ont donné 9500 $ en 2017. C’est deux fois moins que ce que le parti avait récolté en moyenne au cours des deux années précédentes.

« Ça peut être un malaise sur le plan organisationnel où les gens sont moins tentés de donner dans la mesure où les sondages sont moins favorables au Parti libéral qu'ils l'étaient en début de mandat. Ça peut être une forme d'explication », analyse Éric Montigny.

Philippe Couillard est le seul chef de parti à avoir recueilli moins d’argent en 2017 comparativement à la moyenne des deux années précédentes. Il demeure néanmoins le chef qui a généré le plus de dons en provenance de sa circonscription, avec des sommes au-delà de 20 000 $ en 2015 et en 2018.

En 2017, Jean-François Lisée a enregistré un gain modeste dans Rosemont (+6 %), alors que François Legault et Manon Massé ont fait beaucoup mieux avec des hausses respectives de 70 % dans L’Assomption et de 47 % dans Sainte-Marie-Saint-Jacques.


La chute du financement populaire

Bien que les grands partis récoltent encore aujourd'hui des centaines de milliers de dollars en dons chaque année, cette forme de financement est de moins en moins importante. Au fil du temps, les contributions maximales par électeur sont passées de 3000 $ à 1000 $ en 2011, puis à 100 $ en 2013.

Ainsi, les partis politiques qui étaient financés à 85 % par les électeurs en 2006 sont aujourd'hui financés à plus de 70 % par l'État.

« Au départ, c'est effectivement dans un discours pour assainir les moeurs politiques en réaction à la commission Charbonneau qu'on a fait cette réforme-là, mais ça venait aussi combler un manque à gagner des partis politiques. À l'époque de la commission Charbonneau, les gens ont arrêté de donner aux partis politiques », commente Éric Montigny.

Selon lui, ce nouveau système de financement permet d'égaliser les chances des partis représentés à l'Assemblée nationale. Ce n'est toutefois pas le cas pour les nouvelles formations, alors qu'il devient très difficile pour elles de se financer uniquement sur la base des dons du public.

« Si des partis politiques qui ne sont pas représentés à l'Assemblée tentent de se développer, par exemple le NPD Québec ou le Parti conservateur du Québec, c'est très difficile maintenant, avec la nouvelle loi, de pouvoir le faire », résume le professeur.

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