•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Main-d'oeuvre : François Legault ne voit pas l'immigration comme la seule solution

François Legault sort de son autobus de campagne électorale.

François Legault s’engage à réduire de 50 000 à 40 000 le nombre d’immigrants accueillis au Québec chaque année.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Radio-Canada

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, maintient son intention d'abaisser les cibles d'immigration malgré les inquiétudes exprimées notamment par le maire de Québec, Régis Labeaume, en lien avec la pénurie de main-d'oeuvre. Pour M. Legault, le problème est plutôt le manque d'emplois bien rémunérés.

Un texte de Yannick Donahue

En mêlée de presse, François Legault s’est fait questionner sur la sortie du maire Labeaume, qui a interpellé les politiciens pour que plus d'immigrants francophones s'établissent dans la capitale au cours des prochaines années.

De 2012 à 2017, 6,2 % des immigrants reçus se sont installés à Québec. Le maire Labeaume souhaite que cette proportion passe à 10 %. « Cette cible exige l’arrivée à Québec de plus de 5300 immigrants par année », a-t-il dit.

Le maire de Québec a exigé que les partis annoncent leurs objectifs. « Combien d’immigrants francophones sont-ils prêts à accueillir dans la région pour les quatre prochaines années? » a-t-il demandé.

Cap sur des emplois payants

Dans sa proposition aux Québécois, la CAQ s’engage à réduire de 50 000 à 40 000 le nombre d’immigrants accueillis au Québec chaque année.

« On a vu qu’on avait dépassé notre capacité d’intégration et que cela ne donne pas de bons résultats. On en perd 26 %. Il y a 15 % de chômage. Il y a de gros problèmes de reconnaissance des diplômes, de reconnaissance des acquis. Que M. Couillard essaie de faire croire que tous les problèmes vont être solutionnés par l’immigration, c’est faux », assure-t-il.

On s’attaque au mauvais problème quand on dit : "notre priorité, c’est l’immigration". Notre priorité, c’est de créer des emplois payants, de trouver des gens qui vont se former pour prendre ces emplois.

François Legault, chef de la CAQ

Le chef caquiste a martelé que le problème est le manque d’emplois bien rémunérés dans la province.

« Le plus grand problème économique à Québec et au Québec, c’est la pénurie d’emplois payants. Je comprends que certains emplois à 12 $ ou 15 $ de l’heure vont être de plus en plus difficiles à combler. Ce qui nous manque à Québec, ce qui nous manque au Québec, ce sont des emplois à 25 $, 30 $, 40 $ de l’heure. Ensuite, d'avoir des "de souche", des nouveaux ou des anciens arrivants qui se forment pour prendre ces emplois », a-t-il déclaré.

L'approche libérale est un « échec »

De plus, François Legault a attaqué de front le bilan du gouvernement Couillard en matière d’immigration.

Regardons les résultats : c’est un échec, l’immigration au Québec sous le gouvernement libéral. On perd 26 % des immigrants. On a 15 % de chômage chez les immigrants après cinq ans. Ça n’a pas fonctionné pour régler les problèmes économiques.

François Legault

« M. Couillard n’a pas réussi et le PLQ n’a pas réussi en 15 ans à réduire l’écart de salaire entre le Québec et l’Ontario. On est dans la cave du classement pour ce qui est du salaire moyen », a également déploré M. Legault.

François Legault croit que le Québec doit davantage miser sur les emplois de l’avenir.

« Les emplois plus répétitifs, de plus en plus dans les prochaines années, ça va être des robots, des équipements – comme Amazon – qui vont remplacer ces emplois-là. La priorité, l’urgence au Québec, c’est de créer des emplois avec de la valeur ajoutée : les technologies de l’information, l’intelligence artificielle, manufacturiers innovants. C’est là qu’il faut travailler », a-t-il dit.

Couillard félicite Labeaume

Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, s’est dit heureux d’apprendre que le maire de Québec souhaitait accueillir davantage d’immigrants dans sa ville.

« Je suis content de voir que M. Labeaume, lui, comprend la réalité de la pénurie de main-d’œuvre et la nécessité d'avoir des travailleurs venus d’ailleurs pour soutenir notre économie et la faire croître. La première bonne nouvelle, c’est cela », a dit M. Couillard.

Il a ajouté : « La deuxième bonne nouvelle, effectivement, c’est qu’avec le nouveau système d'immigration, on s’est donné de nouveaux outils pour mieux répartir les immigrants sur le territoire. En passant, les régions aussi ont besoin d’avoir plus de travailleurs qui viennent d’ailleurs ».

Philippe Couillard a promis de répondre favorablement aux demandes formulées par le maire de Québec.

Politique provinciale

Politique